Nous avons récemment commencé l’année en étant convaincus que 2024 serait important pour notre secteur. L’actualité nous démontre d’ores et déjà que nous avions vu juste.

Dans le cadre des élections prochaines, le nucléaire s’invite dans les isoloirs dans les différents pays d’Europe et certainement en Belgique. La majorité des programmes électoraux en font mention, qu’il s’agisse de la prolongation de réacteurs actuels ou de la construction de nouveaux réacteurs.

Le nucléaire fait partie de la solution

Ce constat est logique quand on sait que la population et le monde industriel sont maintenant pleinement conscients de l’importance du nucléaire et de ses vertus en termes de décarbonation et de sécurité d’approvisionnement.

Ce n’est plus une découverte, le nucléaire n’émet pas de CO2 en produisant de l'électricité ou encore de l'hydrogène. Il fait dès lors partie intégrante de la route qui nous aidera à atteindre nos objectifs climatiques.

Le retour en grâce du nucléaire que nous vivons en Belgique, en Europe et ailleurs dans le monde confirme cette réalité particulièrement importante, au moment où nous devons impérativement utiliser des énergies décarbonées, et exclure au maximum les énergies fossiles.

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la COP28 ou la CEE-ONU, pour ne citer que les plus connus, tous mettent en garde sur la nécessité de doubler, voire tripler nos moyens de production nucléaire dans les prochaines années. 

2024, une année électorale

En cette année 2024, non seulement des élections seront organisées pour nos différents niveaux de pouvoirs en Belgique, mais des élections auront aussi lieu au niveau Européen. Au total, ce seront 76 pays qui voteront, représentant 51% de la population mondiale, soit 4,1 milliards d’habitants de notre planète terre. Il semble évident que beaucoup de ces électeurs donneront une priorité importante au climat, du moins pour ceux qui en ont les moyens.

Pour revenir plus près de nous, en Belgique, il est URGENT que nos décideurs politiques se polarisent, sans tabou, sur la mise en place d’un scénario réaliste afin de tenter de nous rapprocher au maximum de l’objectif "Net Zero".

Pour cela, nous devons, en Belgique aussi, éliminer au maximum les énergies fossiles de notre mix énergétique, et en tous cas éviter de construire de nouvelles centrales utilisant ce type de combustible. Si nous voulons y arriver, la très grande majorité des experts s’accordent à souligner que le nucléaire DOIT faire partie de l‘équation.

Abrogeons la loi de sortie du nucléaire devenue obsolète

La situation énergétique, liée aux urgences climatiques et autres réalités géopolitiques, ont rendu la loi de sortie du nucléaire datant de 2003 complètement obsolète. Nous devons donc abroger cette loi mise en place il y a plus de 20 ans, ou au minimum l’adapter afin de permettre la construction de nouveaux réacteurs en Belgique.

L’adaptation de cette loi devrait permettre, notamment, la mise en place de SMR dite de 3e génération à laquelle un de nos fleurons nucléaire Belge – TRACTEBEL – participe activement au développement en Belgique. Dès 2032, ces SMR de 3e génération permettra d’apporter aux industries des moyens nécessaires à leur transition par une énergie décarbonée. Ceci tout en restant indépendant au maximum des pays voisins, et accessible à un prix abordable. Dans la foulée de ce développement au début des années 2040, ce sera au tour de la 4e génération de réacteurs SMR de se développer. A nouveau, la Belgique répond présent avec le SCK CEN notamment. Ensuite, viendra le tour au SMR “HTR” (Réacteur à Haute Température), ou encore à sels fondus, et bien d’autres encore. Enfin il faudra travailler de façon assidue en vue de mettre en place le retraitement du combustible usé. La Belgique a déjà utilisé cette technique et l’a abandonnée. Il faut sans retard y retravailler.

Nos politiciens doivent travailler à l’ensemble de ces développements et prévoir leur arrivée sans prendre davantage de retard… Il y a urgence !

S’il y a urgence, c’est aussi parce que la Belgique, qui jouit d’une renommée mondiale en termes d’expertise de la technologie nucléaire, doit continuer à montrer le chemin, comme nous le faisons depuis les années ’50, alors que nous étions (et restons) des pionniers en matière de technologie nucléaire.

Sommet nucléaire

Le 21 mars 2024, l’AIEA lancera son premier Sommet Européen de l’Alliance Nucléaire et le lendemain, L’Europe fêtera également le lancement d’une Alliance Industrielle Européenne du SMR.

Dans le même temps, les industriels belges gros consommateurs d’énergie (électro-intensifs) se réuniront le 20 mars 2024, avec les fédérations sectorielles les plus importantes traitant ce sujet (FEBELIEC, ESSENSCIA, VOKA, BELGIAN NUCLEAR FORUM). L’objectif de cette "Table Ronde", organisée par KPMG, est d’analyser le rôle que pourront jouer les SMR dans le futur mix énergétique en Belgique.

A l’issue de ces différentes rencontres, il sera très important d’avoir l’attention de l’ensemble du gouvernement actuel et futur. Que celui-ci entende les messages, prenne conscience de leur importance et prenne les mesures concrètes issus des messages émis lors de ces rencontres des 20, 21 et 22 mars prochain.

Le nucléaire de demain est en marche… la Belgique ne peut pas rater cette opportunité !

  • Share this page

Avez-vous trouvé cela intéressant ?

Alors inscrivez-vous à notre lettre électronique mensuelle. Vous serez ainsi tenu au courant de l'actualité du secteur nucléaire et vous recevrez toujours des informations indépendantes, factuelles et vérifiées.

Read more about kernenergie

4 minutes

Mix électrique belge d’avril 2024

Un mix essentiellement bas carbone grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, mais les...

5 minutes

Le Parlement fédéral approuve les modifications de loi nécessaires à la prolongation de Doel 4 et Tihange 3

Le 18 avril, le Parlement fédéral a approuvé les modifications de loi permettant que l’accord entre...

4 minutes

Tractebel soutient Thorizon dans le développement d'un réacteur à sels fondus

Tractebel a conclu un partenariat stratégique de trois ans avec Thorizon pour le développement d’un...