Les centrales nucléaires belges représentaient 41,3% du mix électrique belge en 2023, malgré la fermeture définitive des réacteurs Doel 3 (fin septembre 2022) et Tihange 2 (fin janvier 2023). L'énergie nucléaire reste donc la principale source d'électricité bas carbone.

Outre l'énergie nucléaire, pas moins de 28,2% de notre électricité a été produite par d'autres technologies décarbonées en 2023 : 10,5% grâce à l'éolien offshore (éoliennes en mer), 8,2% grâce à l'éolien terrestre (éoliennes à terre) et 9,5% grâce à l'énergie solaire.

Bien que la part du gaz dans le mix électrique belge reste au niveau moyen de ces dernières années (25,2%), les centrales au gaz n'ont jamais produit aussi peu d'énergie qu'en 2023 (19,2 TWh). Cette situation est principalement due aux prix élevés du gaz, à l'augmentation de la production renouvelable, à l'augmentation des importations et à la baisse de la consommation d'électricité.

Les 5,3% restants ont été générés par le biogaz (2,6%) et "autres", une catégorie résiduelle dont Elia ne peut donner plus de détails (2,7%).

Mix électrique belge de l’année 2023

Le mix électrique belge pour l'année 2023 se présente comme suit:

  • énergie nucléaire : 41,3%
  • énergie éolienne : 18,8%
  • énergie solaire : 9,5%
  • biogaz : 2,6%
  • fossile (gaz) et autres: 27,9%
Le mix électrique belge – chiffres de l’année 2023 (sources : ELIA & UNECE)

69,5% de l'année avec de l'électricité bas carbone

Ensemble, l'énergie nucléaire (41,3%) et les énergies renouvelables (28,2%) ont réussi à faire en sorte que 69,5% de l'électricité belge soit bas carbone en 2023. Un bel exemple de la complémentarité des deux sources d'énergie décarbonées !

Haute disponibilité des centrales nucléaires belges

Commençons par la principale source de notre électricité belge : l'énergie nucléaire. Le taux de disponibilité du parc de production nucléaire a encore été très élevé l'année dernière. En 2023, les centrales nucléaires belges ont obtenu un facteur de capacité de charge (c'est-à-dire la quantité d'électricité effectivement produite par rapport à la production maximale techniquement possible) de 89%. Au niveau international, la norme pour une année productive est de 80% en termes de disponibilité pour des centrales nucléaires.

L'énergie nucléaire a produit 31,4 TWh d'électricité décarbonée, soit 41,3% du mix électrique belge. La haute disponibilité de l'énergie nucléaire, combinée à une croissance record des énergies renouvelables et à une consommation historiquement basse, a permis à la Belgique d'atteindre un mix électrique décarboné à 70 % l’année dernière.

Augmentation de la capacité et de la production des énergies renouvelables

La production d'énergie éolienne et solaire augmente pour atteindre 21,5 TWh (contre 17,4 TWh en 2022). Cette hausse est principalement due à l'augmentation de la capacité installée pour l'éolien terrestre (+10%) et le solaire (+31%). La capacité éolienne offshore reste stable et n'augmentera pas avant 2028 au plus tôt, avec la construction d'un nouveau parc éolien offshore.

En termes de production effective (facteur de capacité de charge), les énergies renouvelables obtiennent également de bien meilleurs résultats que l'année dernière. L'année 2023 a été marquée par des mois très venteux (novembre et décembre étant des valeurs exceptionnelles) et des mois très ensoleillés (juin étant un mois record absolu). Le fait que 2023 ait été une année très venteuse est également illustré par le nouveau record de production effective via l'éolien offshore : plus 18% par rapport au record précédent (de 2021), bien qu'aucune éolienne offshore n'ait été ajoutée entretemps. Ce record s'explique donc entièrement par les conditions météorologiques favorables.

Voici un aperçu du facteur de capacité de charge (c'est-à-dire la quantité d'électricité effectivement produite par rapport à la production maximale techniquement possible sur la base de la capacité installée) pour chaque source d'énergie renouvelable :

  • Solaire : 11% en 2023 (contre 11% en 2022)
  • Eolien terrestre : 24% en 2023 (contre 17% en 2022)
  • Eolien offshore (en mer) : 40% en 2023 (contre 34% en 2022)

Il est rare qu'au moins la moitié de la consommation d'électricité de la Belgique puisse être couverte par des sources d'énergie renouvelables. Cependant, d'année en année, cela devient de plus en plus fréquent. En 2023, c'était le cas pour près de 12,5% du temps. Bien que ce soit déjà trois fois plus fréquent qu'en 2022, il est clair que nous sommes encore loin de compter uniquement sur les énergies renouvelables pour nos besoins en électricité en Belgique.

Remarquable : consommation d'électricité historiquement basse

La consommation d'électricité en 2023 (78,9 TWh) est historiquement basse. Et ce, alors que nous nous tournons de plus en plus vers l'électrification (voitures électriques, pompes à chaleur). Cette baisse de la consommation s'explique en partie par une moindre consommation de la population, influencée par des prix de l'électricité toujours élevés.

Cependant, la principale explication de cette baisse de la consommation se trouve dans l'industrie : en raison des prix élevés de l'électricité, les grands acteurs industriels ont réduit leur production. Ce n'est pas du tout une bonne nouvelle et cela peut indiquer une désindustrialisation en cours : les entreprises à forte consommation d'énergie réduisent leur production ou quittent même notre pays en raison des prix élevés de l'électricité et de la sécurité d'approvisionnement incertaine en termes d'énergie (entre autres, en raison de la fermeture de centrales nucléaires). En conséquence, de nombreux emplois risquent d'être menacés.

Selon ELIA, cette tendance à la baisse est un phénomène temporaire : elle s'attend à une forte augmentation de la consommation d'électricité dans les années à venir en raison de l'électrification rapide des processus industriels et de l'essor des voitures électriques et des pompes à chaleur. Elia prévoit une augmentation de 50 % de la consommation d'électricité d'ici 2032. Pour faire face à une telle augmentation, il est urgent d'investir dans le réseau à haute tension.

Dans un rapport récent, l'AIE prévoit que la consommation d'électricité de l'UE ne retrouvera son niveau d'avant la crise énergétique qu'en 2026, principalement parce que l'industrie a été durement touchée au cours des deux dernières années.

Des échanges internationaux élevés

Les échanges internationaux restent élevés. Toutefois, on observe une évolution des flux internationaux. La Belgique est passée d'un statut d'exportateur net (6,4 TWh en 2022) à celui d'importateur net (2,8 TWh en 2023). Cela s'explique par la plus grande disponibilité du parc nucléaire français et par la fermeture de centrales nucléaires chez nous. En devenant importateur net, vous vous rendez plus dépendant de vos voisins en termes d'approvisionnement énergétique. L'industrie en particulier regarde cela avec méfiance : pour elle, la sécurité de l'approvisionnement en énergie, à un prix abordable, est extrêmement importante pour rester dans notre pays (ou pour s'y installer).

La capacité nucléaire diminue, les émissions de CO2 augmentent

Le mix électrique aurait pu être encore plus faible en carbone si nous n'avions pas fermé 2GW d'énergie nucléaire (Doel 3 et Tihange 2) prématurément. Il est impossible de produire une telle quantité d'électricité par d'autres moyens à faible émission de carbone. Même en cas de fort développement des énergies renouvelables, la part des énergies fossiles restera au moins stable si l'on ferme les centrales nucléaires. Les recherches sur les émissions de CO2 dans notre pays l'ont également montré : elles ont augmenté de 13 % au cours du premier semestre de l'année en raison de la fermeture des réacteurs nucléaires.

De plus, ce gouvernement a toujours pour projet de construire de nouvelles centrales à gaz pour remplacer les centrales nucléaires, avec des émissions de CO2 75 fois plus élevées par kWh produit. Ces centrales à gaz ne sont pas adaptées pour fonctionner un jour à l'hydrogène. Elles continueront donc à maintenir notre dépendance aux énergies fossiles au moins jusqu'en 2040.

A propos de ces chiffres

Pour ces calculs, nous nous basons sur le communiqué de presse annuel d'ELIA.

Pour le calcul des émissions de CO2 par source d'énergie, nous utilisons les chiffres de la CEE-ONU (UNECE).

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