Nouveau record pour le réacteur de recherche BR2 du SCK CEN
13 millions de patients aidés grâce aux radio-isotopes produits
Le SCK CEN a établi en 2025 un nouveau record de production avec son réacteur de recherche BR2. Grâce à la production de radio-isotopes médicaux, pas moins de 13 millions de patients dans le monde ont pu être aidés l’année dernière pour leur diagnostic ou leur traitement. Il s’agit du chiffre le plus élevé de l’histoire du réacteur, mis en service en 1962. Ce record démontre la pertinence durable de l’installation, qui dispose même encore d’une capacité de croissance : la production peut être augmentée si nécessaire.
Un réacteur qui évolue avec son temps
Après plusieurs décennies, le réacteur de recherche BR2 reste essentiel pour la société. Il a été construit à l’origine pour tester des matériaux et des combustibles afin de garantir la sécurité des installations nucléaires. Il remplit toujours cette mission aujourd’hui.
Cependant, au cours des dernières décennies, l’accent s’est fortement déplacé vers la production de radio-isotopes médicaux — des éléments essentiels de la médecine nucléaire moderne.
Chaque minute compte
Les radio-isotopes médicaux sont utilisés notamment pour détecter le cancer, les maladies cardiaques et d’autres maladies. Ces dernières années, ils jouent également un rôle croissant dans le traitement du cancer.
Le stockage n’est toutefois pas une option. La radioactivité diminue selon une demi-vie fixe, qui peut varier de quelques jours à quelques heures. Cela signifie que la chaîne logistique doit être extrêmement bien organisée : chaque minute compte entre la production et l’administration à l’hôpital.
La demande mondiale de radio-isotopes continue d’augmenter. Pour répondre à cette croissance, en 2020, le SCK CEN a augmenté le nombre de jours de production du réacteur de 160 à 210 jours par an. Cela avait déjà conduit à un record de 12 millions de patients — soit cinq millions de plus que la moyenne précédente. Ce record a désormais été dépassé avec 13 millions de patients.
Deux isotopes clés dans la lutte contre le cancer
Par cycle de fonctionnement, le BR2 produit généralement entre dix et quinze radio-isotopes différents. Le record de 13 millions de patients concerne principalement deux isotopes essentiels :
- Le molybdène-99, source du technétium-99m, le radio-isotope diagnostique le plus utilisé au monde pour détecter notamment le cancer et les maladies cardiaques.
- Le lutétium-177, un isotope thérapeutique utilisé dans le traitement du cancer de la prostate et des tumeurs neuroendocrines.
Une capacité d’augmentation supplémentaire
Bien que l’augmentation par rapport à 2020 semble moins spectaculaire, son importance est considérable. Elle montre que le BR2 peut s’adapter de manière flexible aux futurs besoins médicaux. Et ces besoins se profilent déjà. Plusieurs nouvelles radioligandthérapies se trouvent dans la dernière phase des essais cliniques. Alors qu’aujourd’hui cette forme de thérapie est utilisée uniquement contre les tumeurs neuroendocrines et le cancer de la prostate métastasé, elle pourra à l’avenir être appliquée à d’autres types de cancers.
Avec ce nouveau record de production, le SCK CEN confirme une nouvelle fois son rôle international dans l’approvisionnement en radio-isotopes médicaux — et surtout son impact direct sur des millions de patients à travers le monde.
Qu’est-ce que la radioligandthérapie ?
La radioligandthérapie est une méthode de traitement ciblée dans laquelle une molécule vectrice transporte un radio-isotope directement vers les cellules tumorales. Les particules radioactives attaquent alors les cellules cancéreuses avec une grande précision, tout en épargnant largement les tissus sains environnants. Pour les patients, cela signifie généralement moins d’effets secondaires et une meilleure qualité de vie.
Impact hors du secteur médical
Bien que les applications médicales soient aujourd’hui centrales, le BR2 reste également actif dans d’autres domaines. Le réacteur de recherche est une installation polyvalente et flexible capable de combiner plusieurs tâches simultanément. Alors qu’il produisait des radio-isotopes médicaux et industriels, l’équipe du BR2 a simultanément irradié du silicium dopé et mené des expériences scientifiques. En 2025, cela s’est traduit par :
- 42 tonnes de silicium dopé, indispensables à la fabrication de semi-conducteurs de haute qualité, utilisés dans des applications telles que l’énergie solaire et éolienne, les voitures hybrides et les trains à grande vitesse.
- 5 tests PWC réalisés pour tester en profondeur de nouveaux combustibles nucléaires.
- 13 expériences d’irradiation terminées afin de tester en détail des matériaux, notamment l’acier de cuve de réacteurs existants et des matériaux destinés à la fusion nucléaire.