Les productions des centrales nucléaires belges ont représenté plus de la moitié (51%) de l'électricité produite dans notre pays le mois dernier. L'énergie nucléaire reste donc la principale source d'électricité à faible teneur en carbone dans notre pays, devant l'énergie solaire (19,5%) et l'énergie éolienne (11,5%).

Ensemble, le nucléaire et les énergies renouvelables garantissent que 86% de l'électricité belge est à faible teneur en carbone. Cela montre l'importance de la complémentarité entre les deux sources d'énergie à faible teneur en carbone.

Un mois très humide et sombre avec peu de vent

Le mois de mai a été très humide, avec pas moins de 23 jours de précipitations. Il s’agit d’un nouveau record pour la période de référence actuelle. La dernière fois qu’un mois de mai a connu autant de jours de précipitations remonte à 1984. Le mois de mai est déjà le huitième mois consécutif avec des précipitations supérieures à la moyenne, égalant le record absolu établi en 1905.

L'énergie solaire en souffre également : Le mois dernier, le soleil n’a brillé que durant 140h (la normale 198h). C’est à peine plus que lors du mois d’avril 2024, également sombre (environ 133h, la normale 171h). Les propriétaires de panneaux solaires l'ont déjà remarqué : le rendement des panneaux solaires est nettement inférieur par rapport aux années précédentes.

À Uccle le mois dernier, la vitesse moyenne du vent n’a été que de 2,7 m/s (la normale : 3,3 m/s). Il s’agit d’un nouveau record pour la période de référence actuelle (précédent record : 2,8 m/s en 2018) qui égale le record absolu de 1960 (mesures depuis 1879). Par conséquent, la production d'électricité à partir de l'énergie éolienne a également été très faible.

Le mix électrique belge de mai 2024

Le nucléaire (51%) et les énergies renouvelables (35%) ont garanti ensemble que 86% de l'électricité belge ait pu être décarbonée en mai. Un bel exemple de la complémentarité des deux sources d’énergie bas carbone !

L'énergie fossile (principalement le gaz) a représenté 14% de l'électricité belge le mois dernier, et représentait à elle seule 82,5% des émissions de CO2 (pour l’ensemble de la production d'électricité belge).

Le mix électrique belge de mai 2024 se présente comme suit :

  • énergie nucléaire : 51%
  • énergie éolienne : 11,5%
  • énergie solaire : 19,5%
  • autres renouvelables : 4%
  • fossile et autres : 14%
Le mix électrique belge de mai 2024 (sources : ELIA & UNECE)

Importations des pays voisins

Il est important de noter qu'il s'agit de chiffres relatifs à la production d'électricité domestique. Si l'on considère la consommation d'électricité de la Belgique, force est de constater que, comme ces derniers mois, nous sommes fortement dépendants des importations d'électricité en provenance d'autres pays. En mai 2024, en plus de la production domestique d'électricité, quelques 17 % de cette quantité d'électricité étaient encore importés de nos pays voisins. Cette situation aurait peut-être été évitée si notre pays n'avait pas fermé prématurément certaines centrales nucléaires (Doel 3 et Tihange 2).

Ces derniers mois, nous avons dû importer beaucoup d'électricité pour répondre à notre demande, alors que les années précédentes, nous étions à chaque fois un exportateur net d'électricité. Cela aurait probablement pu être évité si notre pays n'avait pas arrêté prématurément les réacteurs Doel 3 et Tihange 2. Cette forte dépendance à l'égard des importations en provenance d'autres pays est loin d'être idéale pour l'indépendance énergétique, le coût et la sécurité d’approvisionnement en énergie de notre pays.

Il faut abroger la loi sur la sortie du nucléaire

À la fin de l'année dernière, le gouvernement belge a signé un accord avec l'opérateur Engie Electrabel qui prolongera de 10 ans la durée de vie des réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3. C’est un pas en avant important, mais ce n'est pas suffisant. Les chiffres mensuels du mix électrique le montrent chaque mois. Le risque d'une pénurie de capacité de production à court terme est une réalité.

Exclure l'énergie nucléaire comme faisant partie de la solution et fermer des réacteurs nucléaires existants dans ce contexte équivaut dès lors à prendre des risques importants en termes de sécurité d'approvisionnement de notre pays.

Nous demandons dès lors au prochain gouvernement de supprimer la loi sur la sortie du nucléaire. Cela devrait permettre de prolonger un maximum de réacteurs existants aussi longtemps que possible, à condition, bien sûr, que cela puisse se faire en toute sûreté. Dans le même temps, il serait possible de négocier concrètement la construction de nouveaux réacteurs nucléaires (comme les SMR) dans notre pays, afin de répondre à la demande croissante d'électricité à faible teneur en carbone, qui nous parviendra au cours des prochaines décennies en raison de l'électrification de notre société (mobilité, chauffage, industrie, etc.).

À propos de ces chiffres

Pour ces calculs, nous nous basons sur les données les plus récentes mises à disposition par ELIA.

ELIA, l'opérateur du réseau électrique belge, publie chaque mois les chiffres du mix énergétique. Ce mix contient la part des différentes sources d'énergie qui génèrent de l'électricité pour la Belgique : fossile (surtout gaz), nucléaire, éolien, solaire et autres renouvelables (par exemple, hydroélectricité et petites unités de production éolienne/solaire <25 MW).

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