Une meilleure gestion des sols et moins d'engrais

Les techniques nucléaires peuvent être utilisées pour améliorer la fertilité des sols et la sécurité alimentaire. L'analyse des isotopes donne une indication de la quantité de carbone qui peut être retenue dans le sol (la séquestration du carbone). L'utilisation de traceurs isotopiques dans les engrais peut également réduire l'utilisation d'engrais.

Une meilleure gestion des sols s'impose

Nous sommes de plus en plus nombreux sur terre. La demande alimentaire est donc en constante augmentation. L'approvisionnement en nourriture est un défi majeur et le changement climatique le rend encore plus difficile. Nous devons donc penser autrement pour soutenir efficacement l'agriculture et assurer notre sécurité alimentaire.

Utilisation des sols dans l'agriculture

40 % des sols de la planète sont consacrés à l'agriculture. Malheureusement, ils sont de plus en plus menacés par la sécheresse, la salinité, l'érosion et la perte de qualité nutritionnelle. La technologie nucléaire joue un rôle important dans l'amélioration de la fertilité des sols et de la sécurité alimentaire.

Les laboratoires de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA) effectuent une série de mesures à l'aide de techniques nucléaires en vue de mettre au point des pratiques respectueuses du climat. Ces nouvelles stratégies renforcent la résistance des sols aux impacts climatiques, augmentent leur productivité, favorisent la séquestration du carbone dans le sol et réduisent les émissions de gaz à effet de serre dues à l'exploitation des terres agricoles et à l'élevage.

En outre, les laboratoires de l'AIEA renforcent la capacité des Nations Unies à évaluer les répercussions qu'ont le changement et les écarts climatiques sur l'érosion des sols, la dégradation et la salinisation des terres ainsi que sur l'appauvrissement des éléments nutritifs.

séquestration du carbone

20% des émissions de gaz à effet de serre causées par l'activité humaine proviennent de l'agriculture et sont principalement liées au dioxyde de carbone (CO2) et à l'oxyde nitreux (N2O). Afin de réduire ces émissions, la FAO et l'AIEA proposent aux agriculteurs des formations en agriculture de conservation : il s'agit de retenir les résidus végétaux à la surface du sol et d'effectuer une rotation des cultures.

Ces pratiques permettent au sol d'absorber plus de carbone et de réduire les rejets. À l'aide de techniques nucléaires, les scientifiques analysent les isotopes de carbone et d'oxygène rejetés. Les résultats leur donnent une indication sur la manière dont ils peuvent retenir ce carbone dans les sols. C'est ce qu'on appelle la séquestration du carbone.

Moins d'engrais

Les engrais coûtent cher. Pour les pays en développement, ils représentent une dépense énorme. Afin de rationaliser leur utilisation, il est nécessaire de pouvoir mesurer l'absorption optimale de l'engrais par le végétal.  Pour effectuer ces mesures très précises, il n'existe qu'une seule méthode : l'utilisation de traceurs isotopiques dans l'engrais. Grâce à un humidimètre à neutrons, les scientifiques peuvent mesurer la quantité d'azote que la plante peut naturellement absorber. Cela leur permet d'éviter les émissions excessives d'azote dans l'atmosphère et de réduire la quantité d'engrais utilisée. L'AIEA a développé un programme de recherche intensif à cet effet.