La technologie nucléaire fournit de la nourriture, de l'oxygène et de l'eau potable

Un astronaute consomme chaque jour 1 kg de nourriture, 1 kg d’oxygène et 3 litres d’eau potable. Il utilise également 15 litres d’eau pour son hygiène personnelle. Où trouverons-nous ces ressources lorsque nous ferons, dans le futur, de longs voyages vers Mars par exemple ? C’est un problème crucial pour l’avenir de la navigation spatiale. Et la technologie nucléaire apporte la solution.

Recyclage des déchets

Pour les missions habitées de longue durée (comme un voyage vers Mars par exemple), il est impossible d’emporter suffisamment de nourriture et de stocker tous les déchets (l’eau principalement). Le recyclage offre donc la solution. Le projet MELiSSA, abréviation de « Micro-Ecological Life Support System Alternative », étudie un système de soutien de vie. Il s’agit d’un réacteur biologique qui, à l’aide de bactéries, transforme les déchets produits à bord du vaisseau spatial en eau potable, en aliments et en oxygène.

 

La recherche cellulaire bactérienne par le SCK CEN

Il y a 25 ans, le Centre d’Étude de l’Énergie Nucléaire (SCK CEN) à Mol fut l’un des instigateurs du projet MELiSSA. Devenu entretemps un projet de recherche de dimension internationale, il est aujourd’hui coordonné par l’ESA (European Space Agency). Le SCK CEN étudie l’évolution des bactéries sous l’influence du rayonnement et de l’apesanteur. Les bactéries sont cultivées dans ces mêmes conditions pour pouvoir analyser leur structure et leur contenu cellulaires. Les expériences sont réalisées en laboratoire, mais également lors de vols spatiaux. Le SCK CEN remet en effet régulièrement des échantillons de bactéries aux astronautes qui partent dans l’espace.

La spiruline, ingrédient clé de la future nourriture spatiale

Le SCK CEN étudie la culture de la spiruline, une source alimentaire importante des Aztèques au 16e siècle. Cette algue très nourrissante est utilisée aujourd’hui comme complément alimentaire en raison de sa haute teneur en vitamines, minéraux et acides aminés. Non seulement, la spiruline est comestible, mais en outre, elle consomme le CO2 émis par les astronautes et produit de l’oxygène. Il y a de fortes chances qu’elle devienne un ingrédient important de l’alimentation du futur dans l’espace.