Les différentes générations de réacteurs nucléaires
Il y a environ 70 ans, les premiers réacteurs capables de produire de l'électricité à partir de l'énergie nucléaire ont été mis en service. Depuis, ils se sont métamorphosés. Découvrez ici les différentes générations de réacteurs nucléaires et faites connaissance avec les réacteurs nucléaires du futur.
La première génération de réacteurs nucléaires
La première génération de réacteurs, refroidis à l'eau et modérés au graphite, ont été conçus dans les années 1950 et 1960. Entre-temps, ils sont devenus très rares, mais il en existe encore quelques exemples actifs dans le monde.
La deuxième génération de réacteurs nucléaires
Dans les années 1970-1980, la deuxième génération a été construite. Il s'agit des réacteurs que nous connaissons encore aujourd'hui. La plupart d'entre eux sont des réacteurs à eau pressurisée (PWR, Pressurized Water Reactor), où l'eau est chauffée sous pression à des températures très élevées (300° C). Une attention minutieuse est accordée au respect permanent de normes de sécurité de plus en plus strictes. Des améliorations sont donc régulièrement apportées et des systèmes sont remplacés. Sur les réacteurs de deuxième génération actuellement en service, seule la cuve du réacteur a été conservée dans sa conception d'origine - tous les autres composants ont été remplacés une ou plusieurs fois au fil du temps, lors des contrôles effectués tous les 18 mois.
Les réacteurs nucléaires actuels en Belgique appartiennent également à la deuxième génération.
La troisième génération de réacteurs nucléaires
Les réacteurs de troisième génération - également connus sous le nom de génération évolutive - sont encore plus sûrs que leurs prédécesseurs et ont été conçus dès le départ pour durer plus longtemps (60 ans). Ils présentent des innovations qui ont été développées grâce à des décennies d'expertise avec les 400 réacteurs nucléaires du monde entier.
Ces réacteurs de troisième génération se caractérisent principalement par des systèmes de refroidissement plus passifs. Cela signifie qu'ils utilisent les forces naturelles et qu'ils continuent à fonctionner même en l'absence d'alimentation électrique externe. En termes de sûreté, les réacteurs les plus modernes ont une double paroi* (un bunker dans un bunker) et une structure améliorée sous le réacteur pour protéger la population et l'environnement en cas d'incident. Enfin, ces nouvelles centrales consomment moins de combustible, ce qui signifie qu'elles produisent moins de déchets.
Les réacteurs actuellement en construction, tels que les réacteurs EPR de Hinkley Point C et Sizewell C au Royaume-Uni, et les réacteurs récemment lancés en France (Flamanville 3) et en Finlande (Olkiluoto 3) sont déjà de génération III+ et présentent des caractéristiques de sécurité améliorées, notamment grâce à des systèmes de sécurité passifs (sans intervention humaine).
* Note : En Belgique, les réacteurs actuels (de deuxième génération) ont déjà des doubles parois.
La quatrième génération de réacteurs nucléaires
Actuellement, d'intenses recherches sont menées dans le monde entier sur plusieurs technologies, appelées réacteurs nucléaires de quatrième génération. Ces réacteurs sont encore plus sûrs et réduisent considérablement la production de déchets. Ce sont les réacteurs nucléaires du futur.
Il s'agit de la plupart des petits réacteurs modulaires (SMR), des réacteurs à neutrons rapides et des réacteurs à sels fondus.
MYRRHA (Multi-purpose hYbrid Research Reactor for High-tech Applications), le tout premier réacteur de recherche au monde qui sera alimenté par un accélérateur de particules, appartient également à la quatrième génération de réacteurs. Le projet est dirigé par le SCK CEN (Centre d'étude de l'énergie nucléaire) à Mol.
Dans le futur, la recherche se concentrera également sur les réacteurs de fusion, en particulier le tokamak ITER, qui sera la machine de fusion la plus grande et la plus puissante jamais construite.