Haute disponibilité des centrales nucléaires belges

Le taux de disponibilité du parc de production nucléaire était très élevé l'année dernière. En calculant le facteur de capacité (c'est-à-dire la quantité d'électricité effectivement produite par rapport à la production maximale techniquement possible), on arrive à 91,8%, le meilleur résultat depuis plus de 20 ans.

L'énergie nucléaire représente donc 52,4% du mix électrique. La part de l'énergie nucléaire dans le mix électrique a augmenté de 47% par rapport à 2020. Cela a conduit à une diminution substantielle de l'utilisation des centrales électriques au gaz (effet positif sur les émissions de CO2) et à une augmentation des exportations.

La part des énergies renouvelables diminue légèrement

2021 a été une année exceptionnellement peu ventée. Bien que la capacité éolienne terrestre ait augmenté de 11% et la capacité de production de panneaux solaires de 17%, la croissance de la production d'énergie renouvelable en 2021 est restée très limitée : 15,2 TWh en 2021 contre 15 TWh en 2020.

En 2021, nous sommes progressivement revenus à un niveau "normal" (pré-corona) de consommation d'électricité (84,2 TWh en 2021 contre 81 TWh en 2020 et 84,9 TWh en 2019). En conséquence, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique a diminué par rapport à 2020 ; en 2020, l'énergie éolienne et l'énergie solaire ensemble représentaient encore 18,5% du mix électrique annuel, en 2021 elle n'était plus que de 16,7%.

Nouveau record pour les exportations

Si la Belgique était auparavant un importateur net d'électricité, elle est désormais un exportateur net (6,6 TWh d'exportations nettes en 2021). 21,7 TWh ont été exportés, un nouveau record d'exportation. Par rapport aux exportations en 2020 (13,7 TWh), cela représente une augmentation de 59%.

Une explication possible de cette tendance est la mise en service des nouvelles interconnexions Nemo Link (avec le Royaume-Uni, en 2018) et ALEGrO (avec l'Allemagne, en 2020). Une autre explication est la part croissante des sources d'énergie renouvelables intermittentes en Europe, qui accroît le besoin d'échange entre les pays. Elia signale qu'un renforcement progressif de notre réseau est nécessaire pour accueillir cet échange croissant.

© Elia

69% de l'année avec de l'électricité bas carbone

Ensemble, l'énergie nucléaire (52,4%) et les énergies renouvelables (16,7%) ont réussi à faire en sorte que 69% de l'électricité belge soit bas carbone en 2021. Un bel exemple de la complémentarité des deux sources d'énergie décarbonées !

Recours aux centrales à gaz limité en 2021, mais augmentant en cas d’une sortie du nucléaire

Les énergies fossiles (principalement le gaz) ont fourni un quart de l'électricité belge l'année dernière. Ce chiffre est nettement inférieur à celui de l'année précédente, où le gaz représentait encore plus d'un tiers du mix.

Cette diminution est principalement due à la haute disponibilité des centrales nucléaires belges, car une partie des centrales à gaz est généralement mise en service lorsque le nucléaire et les énergies renouvelables ne suffisent pas. Les prix élevés du gaz ont probablement amplifié cet effet.

La part d'électricité produite par des centrales au gaz augmentera malheureusement de manière significative si toutes les centrales nucléaires belges ferment au cours des quatre prochaines années. Il est impossible de produire une telle quantité d'électricité entièrement d'une autre manière décarbonée. Même avec le développement important annoncé des énergies renouvelables, la part des énergies fossiles ne fera qu'augmenter en cas d’une sortie du nucléaire. De nouvelles centrales au gaz remplaceront les centrales nucléaires, avec des émissions de CO2 40 fois plus élevées.

Le mix électrique belge pour l'année 2021 se présente comme suit (arrondi à 0,5%) :

  • énergie nucléaire : 52,5%
  • énergie éolienne : 11,5%
  • énergie solaire : 5%
  • biogaz : 2,5%
  • fossile et autres : 28,5%
Le mix électrique belge – chiffres de l’année 2021 (sources : ELIA & GIEC)

A propos de ces chiffres

Pour ces calculs, nous nous basons sur le communiqué de presse annuel d'ELIA.

Pour le calcul des émissions de CO2 par source d'énergie, nous utilisons les chiffres du GIEC, qui font l'objet d'un consensus scientifique général.

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