Acteurs belges de la médecine nucléaire

La Belgique joue un rôle important en médecine nucléaire. Pionnier de la recherche, deuxième producteur mondial de radio-isotopes médicaux et acteur majeur du transport et de la distribution de produits radiopharmaceutiques dans le monde, notre pays s'est bâti une solide réputation internationale.

La Belgique à la pointe de la médecine nucléaire

Grâce à de nombreux centres de recherche, universités et entreprises belges, les patients en Belgique, en Europe et dans le monde entier peuvent bénéficier des avantages de la médecine nucléaire. En Belgique, cela concerne une personne sur deux, pour environ 30 millions dans le monde.

En Belgique, environ 5 000 personnes sont actives dans le domaine de la médecine nucléaire. Ces spécialistes travaillent dans nos universités et dans les hôpitaux universitaires associés, mais aussi dans des centres spécialisés dans la production et le traitement des isotopes médicaux, tels que le SCK CEN et l'IRE.

De tous les hôpitaux du monde qui disposent d'un service de radiothérapie ou de médecine nucléaire, 1 sur 3 travaille avec la technologie belge.

SCK CEN: l'un des réacteurs de recherche les plus puissants au monde

Depuis sa fondation en 1952, le SCK CEN de Mol a joué un rôle pionnier dans le développement de la recherche nucléaire. Le BR2 (Belgian Reactor 2) fait partie des réacteurs de recherche les plus puissants au monde. Avec l'Institut des Radioéléments (IRE), le SCK CEN représente 20 à 25 % de la production mondiale totale de radio-isotopes médicaux. Ce chiffre peut atteindre 65 % lors des périodes les plus chargées.

Les radio-isotopes sont nécessaires pour établir des diagnostics précoces et précis (imagerie médicale) et pour traiter de nombreuses maladies. Ils sont principalement utilisés pour détecter et traiter le cancer, mais entrent également en compte dans de nombreux autres domaines médicaux comme la cardiologie, la pneumologie, l'endocrinologie et la rhumatologie.

La Belgique produit 20 à 25 % de la demande mondiale d'isotopes médicaux.

L’Institut des Radioéléments (IRE) : 6 millions de recherches médicales par an

L'IRE de Fleurus est un acteur international majeur dans la production de produits radiopharmaceutiques. Cette société belge fournit des produits radiopharmaceutiques que les spécialistes peuvent administrer directement aux patients pour le diagnostic et le traitement des maladies. L'IRE permet d'effectuer 6 millions d'examens médicaux par an dans le monde entier, dont la moitié en Europe.

L'IRE purifie le molybdène-99 (diagnostic) et d'autres radio-isotopes tels que l'iode-131 (thérapie) à partir de plaquettes irradiées au SCK CEN. L'IRE couvre environ la moitié de la demande européenne de molybdène 99.

Outre la production de radioisotopes pour l'imagerie médicale, l'IRE développe également des produits radiopharmaceutiques qui peuvent être administrés directement aux patients par l'intermédiaire de sa filiale IRE ELiT (Environment & Lifescience Technology).

Les équipes de l'IRE participent activement à des programmes de recherche avec différentes universités et centres de recherche, tant en Europe que sur d'autres continents. Cette collaboration est essentielle pour les développements futurs dans ce domaine radiopharmaceutique de pointe.

Tractebel: nécessité d'une infrastructure adaptée pour produire des radioisotopes

La médecine nucléaire est un domaine en plein développement. Et la demande d'isotopes médicaux continue de croître dans le monde entier. La construction de l'infrastructure pour la production d'isotopes médicaux requiert un savoir-faire spécifique. Seule une poignée de joueurs possède ce savoir-faire.

Pour répondre à la demande croissante d'isotopes médicaux, la demande d'infrastructures appropriées pour produire ces radioisotopes augmente également : centres de recherche, hôpitaux et centres de production d'isotopes. Ces infrastructures doivent répondre à des exigences de sécurité très précises, notamment en matière de radioprotection (protection des médecins, des chercheurs et des patients contre les effets nocifs de la radioactivité). Pour être clair : la médecine nucléaire est une pratique médicale sûre et reconnue. Mais sa production - comme toutes les autres étapes du cycle des radio-isotopes - requiert de la prudence. Et comme dans le reste du secteur nucléaire, la sécurité est une priorité absolue.

« Tractebel est l'une des rares entreprises à disposer des compétences nucléaires et pharmaceutiques adéquates pour construire ce type d'installation spécifique », explique Philippe Damhaut à EngineeringNet. « Une expertise spécifique est nécessaire, en termes d'ingénierie, d'infrastructure, de savoir-faire nucléaire et de radioprotection. Ces bâtiments ont une conception spécifique, des systèmes de ventilation nucléaire, de sécurité et de radioprotection pour protéger le personnel de tous les risques. La combinaison des compétences nucléaires et pharmaceutiques est primordiale. », dit Philippe Damhaut, expert Nuclear Medical Applications chez Tractebel.

Tractebel, en tant que société d'ingénierie belge ayant plus de 60 ans d'expérience dans le secteur nucléaire, dispose de cette expertise en interne, de A à Z, depuis l'autorisation et la conception jusqu'au soutien à la construction. En 2015, Tractebel a commencé à fournir des conseils et une expertise dans la conception très spécifique des " bâtiments nucléaires ", en l'occurrence pour le projet Pallas aux Pays-Bas. Parallèlement, la société de services est active pour de nombreux acteurs chez nous ainsi qu’ailleurs. Et avec la croissance attendue de la médecine nucléaire dans le monde, les perspectives d'avenir sont prometteuses.

© Tractebel

« Tractebel est l'une des rares entreprises à disposer des compétences nucléaires et pharmaceutiques adéquates pour construire ce type d'installation spécifique. »

Philippe Damhaut, expert Nuclear Medical Applications chez Tractebel

Ion Beam Applications (IBA) : connu pour ses accélérateurs de particules

Plus de 3 000 hôpitaux dans le monde utilisent la technologie développée par IBA (Louvain-la-Neuve). Cette entreprise se spécialise dans le développement, la production et la vente d'accélérateurs de particules pour les radio-isotopes et les équipements de médecine nucléaire.

En tant que producteur de cyclotrons (accélérateurs de particules), IBA représente plus de 50 % du marché de la protonthérapie. En outre, IBA est le premier fabricant mondial de dosimètres. La protonthérapie est une variante de la radiothérapie. La dosimétrie étudie les doses très précises utilisées en médecine nucléaire.

Isotopes Services International (ISI): leader mondial dans la distribution

La société malinoise ISI est spécialisée dans la distribution rapide de médicaments radiologiques en Europe et en dehors. ISI est le leader mondial de la distribution de produits radioactifs à courte durée de vie.

L'aéroport de Zaventem est une plaque tournante internationale importante à cet égard. De nombreux chargements en provenance par exemple de Belgique, des Pays-Bas et d'Irlande doivent être livrés à des hôpitaux dans toute l'Europe. Tout cela nécessite une logistique très précise et bien organisée.

TRANSRAD : le transport de A à Z

TRANSRAD, situé à Fleurus, est responsable du transport et de l'expédition de substances radioactives sensibles par voie routière, ferroviaire, aérienne et maritime au niveau national et international. L'entreprise est leader dans son secteur et intervient à tous les stades de la chaîne de distribution, de la matière première (uranium) jusqu’aux hôpitaux.

MYRRHA : première mondiale en Belgique

Le nombre de patients et d'applications de radio-isotopes continuera d'augmenter. Dans le passé, le monde médical était déjà affecté par la pénurie de radio-isotopes et le risque augmente de jour en jour. De plus, le nombre de réacteurs de recherche capables de produire des radio-isotopes comme le molybdène-99 peut être compté sur deux mains.

La Belgique a décidé de lancer le projet MYRRRHA au SCK-CEN à Mol. MYRRHA est un nouveau réacteur de recherche unique au monde. Il deviendra bientôt un maillon indispensable dans la recherche et la production de radio-isotopes médicaux puisque le gouvernement fédéral a annoncé qu'il soutenait sa réalisation en septembre 2018. Ce financement de 558 millions d'euros du gouvernement belge conduira à la réalisation de la première phase du MYRRHA : la construction de la première partie de l'accélérateur de particules et des stations de rayonnement. Cette infrastructure sera mise en service en 2026, produira des radio-isotopes innovants et favorisera la recherche fondamentale et appliquée, entre autres, sur les matériaux futurs.