Réaction à la nouvelle étude d'Elia : le Belgian Nuclear Forum accueille un regard enfin réaliste sur la politique énergétique à long terme
La nouvelle étude d'Elia montre clairement que, outre le développement massif des énergies renouvelables, il est essentiel de prolonger au maximum les centrales nucléaires existantes et de s'engager à construire de nouvelles centrales nucléaires pour répondre à la demande d'énergie future. Nous saluons le fait qu'Elia soit parvenue à la même conclusion que celle que nous proclamons depuis des années.
La nouvelle étude « Blueprint » d'Elia montre que d'ici 2050, la demande d'énergie diminuera fortement (-25% à -45%) en raison des gains d'efficacité liés à l'électrification accrue, mais que la demande d'électricité fera plus que doubler en conséquence (+95% à +130%).
L'étude confirme ce que le Belgian Nuclear Forum affirme depuis des années : la production à partir des seules énergies renouvelables est insuffisante pour répondre à la demande croissante d'électricité, même en tenant compte des investissements déjà décidés (notamment un parc éolien offshore supplémentaire et la prolongation de 10 ans de deux réacteurs nucléaires). D'ici 2050, seule la moitié des besoins pourra être couverte. Le prochain gouvernement doit travailler d'urgence sur une politique énergétique réaliste à long terme (2035-2050 et au-delà). Cette politique devrait inclure l'extension maximale des réacteurs nucléaires existants ainsi que la construction de capacité nucléaire supplémentaire ! L'une des actions nécessaires consiste à envoyer un signal fort à la chaîne d'approvisionnement, qui doit être renforcée en vue de travaux d'infrastructure aussi importants (tant pour l'éolien en mer que pour le nucléaire).
Pas de surprise dans les résultats de l'étude Elia
Nous ne sommes pas surpris par les chiffres indéniablement alarmants qui ressortent de cette nouvelle étude d'Elia. C'est le message que le Belgian Nuclear Forum transmet aux décideurs politiques depuis des années. Ce message a toujours été basé sur des chiffres réalistes et des études réalisées par des institutions (inter)nationales renommées.
Pour répondre à la demande croissante d'électricité, l'étude Elia examine principalement deux options, où un mélange des deux semble idéal, afin de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Sans mesure politique supplémentaire, la Belgique sera (trop) fortement dépendante des importations d'électricité. Les deux options mentionnées dans le rapport sont l'éolien offshore non domestique et des nouvelles unités nucléaires.
L'énergie nucléaire fait partie de la solution, même après l'analyse du coût système total
Lorsqu'Elia examine le coût système total en combinant les deux options, l'énergie éolienne ressort légèrement moins chère que le nouveau nucléaire, mais Elia admet elle-même que cela pourrait changer en fonction de certaines hypothèses incertaines (telles que le prix de production futur des deux technologies, les prix plus élevés pour le renforcement du réseau électrique et l'augmentation des coûts des matériaux), ce qui pourrait aussi conduire à ce que davantage d'énergie nucléaire soit l'option la moins chère. Elia elle-même indique qu'il est essentiel d'opter pour une combinaison stratégique de différentes sources afin de combler le déficit d'électricité de 70 à 90 TWh d'ici 2050. Ne rien faire est toujours l'option la plus coûteuse. Le Belgian Nuclear Forum y adhère pleinement : nous aurons besoin de toutes les sources d'énergie bas carbone. Cela signifie plus d'énergie renouvelable, comme l'énergie solaire et éolienne (onshore et offshore), mais aussi plus d'énergie nucléaire, avec des extensions maximales de la durée de vie des réacteurs existants ainsi que la construction de nouvelles unités nucléaires.
En outre, il ne faut pas oublier qu'un nouveau réacteur nucléaire opérationnel d'ici 10 à 15 ans peut continuer à produire de grandes quantités d'énergie à faible teneur en carbone pendant de nombreuses décennies après 2050, compte tenu de sa durée de vie de 60 à 80 ans. Cela signifie qu'un réacteur nucléaire opérationnel en 2040 pourrait continuer à fonctionner jusqu'en 2100 ou 2120.
Besoin d'une stratégie à long terme en matière de politique énergétique
Nous partageons la demande d'Elia concernant une stratégie réaliste à long terme pour la politique énergétique de notre pays - ce qui a clairement fait défaut ces dernières années. C'est aussi extrêmement important pour garder l'industrie en Belgique : ces derniers attendent des politiciens une vision claire de l'énergie, prenant en compte la rentabilité, la compétitivité et la durabilité, ainsi que la sécurité de l'approvisionnement et la souveraineté énergétique.
« Il est essentiel que les partis politiques actuellement en négociation pour la formation du prochain gouvernement (tant fédéral que régional) réunissent toutes les parties prenantes (Elia, Belgian Nuclear Forum, Febeliec, VOKA, AKT, FEB, Essenscia, Belgian Offshore Platform, etc.) autour de la table le plus tôt possible pour écouter leur analyse de ce rapport », a déclaré Serge Dauby, directeur général du Belgian Nuclear Forum. « De cette manière, le prochain gouvernement pourra prendre la meilleure décision possible en toute connaissance de cause et de manière rationnelle, dans l'intérêt de l'économie et de l'industrie de notre pays. »
« Il est essentiel que les partis politiques du prochain gouvernement (tant fédéral que régional) réunissent toutes les parties prenantes autour de la table le plus tôt possible pour écouter leur analyse de ce rapport »