Les productions des centrales nucléaires belges ont représenté 31,5% de la production domestique d'électricité en novembre. L'énergie nucléaire reste donc la principale source d'électricité à faible teneur en carbone dans notre pays, devant l’énergie issue des centrales au gaz (30,5%) et l'énergie éolienne (26,5%).

La forte dépendance à l'égard des importations est également frappante : pour répondre à la demande en électricité, il a fallu, en plus de toute la production domestique d’électricité, importer pas moins de 21% de cette quantité depuis nos pays voisins.

Mois chaud avec un ensoleillement et une vitesse du vent normaux

Le mois de novembre a commencé par des températures douces, suivies d'une période plus froide. Dans l'ensemble, la température moyenne a été légèrement supérieure à la normale. Au cours du mois de novembre, le soleil a brillé pendant environ 59 heures, ce qui est proche de la valeur normale (65 heures). La vitesse du vent était également normale : aucun coup de vent d'au moins 100 km/h (28 m/s) n'a été enregistré dans notre pays pendant tout le mois.

Cela signifie que les panneaux solaires et les éoliennes ont connu une production d'électricité normale et moyenne au cours du mois dernier.

Le mix électrique belge de novembre 2025

Le nucléaire (31,5%) et les énergies renouvelables (38%) ont garanti ensemble que 69,5% de l'électricité belge ait pu être décarbonée en novembre. La forte dépendance à l'égard des importations est également frappante : pour répondre à la demande d'électricité de la Belgique, 21% de notre électricité a dû être importée de nos pays voisins.

Il y a un an, la production d'électricité issue de l'énergie nucléaire était encore 10% plus élevée. Cette différence importante s'explique par l'arrêt définitif de plusieurs réacteurs nucléaires au cours de l'année écoulée : Doel 1 (14 février 2025) et Tihange 1 (30 septembre 2025) ont déjà fermé leurs portes ces derniers mois. Doel 2 suivra à la fin de ce mois (30 novembre 2025). Ces trois réacteurs représentent ensemble une perte de 2 GW de capacité de production bas carbone. Seuls les réacteurs les plus récents, Doel 4 et Tihange 3, seront encore opérationnels à partir de décembre 2025 (jusqu'en 2035).

L'énergie fossile (principalement le gaz) a représenté pas moins de 30,5% de l'électricité belge le mois dernier, et représentait à elle seule 93,5% des émissions de CO2 (pour l’ensemble de la production d'électricité belge).

Le mix électrique belge de novembre 2025 se présente comme suit :

  • énergie nucléaire : 31,5%
  • énergie éolienne : 26,5%
  • énergie solaire : 5,5%
  • autres renouvelables : 6%
  • fossile et autres : 30,5%

Accord sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires n’est pas suffisant

À la fin de l'année 2023, le gouvernement belge a signé un accord avec l'opérateur Engie Electrabel qui prolongera de 10 ans la durée de vie des réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3. C’est un pas en avant important, mais ce n'est pas suffisant. Le risque d'une pénurie de capacité de production à court terme est une réalité.

Exclure l'énergie nucléaire comme faisant partie de la solution et fermer des réacteurs nucléaires existants dans ce contexte équivaut dès lors à prendre des risques importants en termes de sécurité d'approvisionnement et de souveraineté énergétique de notre pays.

Nous demandons dès lors au gouvernement de prolonger un maximum de réacteurs existants (ou déjà arrêtés) aussi longtemps que possible, à condition, bien sûr, que cela puisse se faire en toute sûreté. Dans le même temps, il faut désormais s'atteler concrètement à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires (SMR ou grands réacteurs) dans notre pays afin de répondre à la demande croissante en électricité. Dans les prochaines décennies, cette demande d'électricité à faible teneur en carbone sera de plus en plus importante en raison de l'augmentation de l’électrification de notre société (mobilité, chauffage, industrie, etc.).

Nous demandons donc au gouvernement belge de mettre en place d'urgence une « taskforce » et de réunir toutes les parties concernées autour de la table dès que possible. Il est essentiel d'élaborer dans les mois à venir une stratégie à long terme bien fondée et réaliste concernant la politique énergétique, assortie d'une feuille de route nucléaire claire.

À propos de ces chiffres

Pour ces calculs, nous nous basons sur les données les plus récentes mises à disposition par ELIA.

ELIA, l'opérateur du réseau électrique belge, publie chaque mois les chiffres du mix énergétique. Ce mix contient la part des différentes sources d'énergie qui génèrent de l'électricité pour la Belgique : fossile (surtout gaz), nucléaire, éolien, solaire et autres renouvelables (par exemple, hydroélectricité et petites unités de production éolienne/solaire <25 MW).

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