Mix électrique belge de novembre 2024
Seulement 2/3 de l'électricité belge est bas carbone, avec une forte dépendance aux énergies fossiles et aux importations
Les productions des centrales nucléaires belges ont représenté 41,5% de la production domestique d'électricité en novembre. L'énergie nucléaire reste donc la principale source d'électricité à faible teneur en carbone dans notre pays, devant l'énergie éolienne (19,5%) et l'énergie solaire (4%).
Ensemble, le nucléaire et les énergies renouvelables garantissent qu'environ 2/3 de l'électricité belge est à faible teneur en carbone. C'est nettement moins qu'au cours des derniers mois. La forte dépendance à l'égard des importations est également frappante : pour répondre à la demande d'électricité de la Belgique, 21% de notre électricité a dû être importée de nos pays voisins.
Mois humide et maussade avec peu de soleil
Le mois de novembre a (à nouveau) été maussade et humide, avec beaucoup de précipitations et peu de soleil. Dès le 27 novembre 2024, le record annuel de précipitations à Uccle a été battu. Entre le 1er janvier et le 27 novembre, il est tombé plus de précipitations que pendant toute l'année record 2001. 2024 sera donc certainement l'année la plus humide depuis le début des relevés (1833).
Le mois dernier, le soleil ne s'est montré que sporadiquement. Nous n'avons pu enregistrer que 38 heures d'ensoleillement (la normale : 65 heures). Les panneaux solaires n'ont fourni que 4% de notre production d'électricité domestique en novembre. Bien que les 10 premiers jours du mois aient été pratiquement sans vent, les éoliennes ont tout de même fourni 19,5% de la production d'électricité domestique.
Le mix électrique belge de novembre 2024
Le nucléaire (41,5%) et les énergies renouvelables (27%) ont garanti ensemble que 68,5% de l'électricité belge ait pu être décarbonée en novembre. C'est nettement moins qu'au cours des derniers mois. La forte dépendance à l'égard des importations est également frappante : pour répondre à la demande d'électricité de la Belgique, 21% de notre électricité a dû être importée de nos pays voisins.
Doel 4 (avec une capacité de 1 GW) a été mis à l'arrêt temporairement pour une maintenance planifiée depuis la fin du mois d'août. Par conséquent, ce réacteur n'a pas produit d'électricité pendant tout le mois de novembre. Il s'agit peut-être d'un avant-goût de l'année prochaine, quand pas moins de trois réacteurs devraient s'arrêter définitivement (Doel 1, Doel 2 et Tihange 1), ayant ensemble une capacité de 2 GW.
L'énergie fossile (principalement le gaz) a représenté pas moins de 31,5% de l'électricité belge le mois dernier, et représentait à elle seule 94,5% des émissions de CO2 (pour l’ensemble de la production d'électricité belge).
Le mix électrique belge de novembre 2024 se présente comme suit :
- énergie nucléaire : 41,5%
- énergie éolienne : 19,5%
- énergie solaire : 4%
- autres renouvelables : 3,5%
- fossile et autres : 31,5%
Accord sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires
À la fin de l'année dernière, le gouvernement belge a signé un accord avec l'opérateur Engie Electrabel qui prolongera de 10 ans la durée de vie des réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3. C’est un pas en avant important, mais ce n'est pas suffisant. Les chiffres mensuels du mix électrique le montrent chaque mois. Le risque d'une pénurie de capacité de production à court terme est une réalité.
Exclure l'énergie nucléaire comme faisant partie de la solution et fermer des réacteurs nucléaires existants dans ce contexte équivaut dès lors à prendre des risques importants en termes de sécurité d'approvisionnement et de souveraineté énergétique de notre pays.
Nous demandons dès lors au prochain gouvernement de supprimer la loi sur la sortie du nucléaire. Cela devrait permettre de prolonger un maximum de réacteurs existants aussi longtemps que possible, à condition, bien sûr, que cela puisse se faire en toute sûreté. Dans le même temps, il serait possible de négocier concrètement la construction de nouveaux réacteurs nucléaires (comme les SMR) dans notre pays, afin de répondre à la demande. Dans les prochaines décennies, cette demande d'électricité à faible teneur en carbone sera de plus en plus importante en raison de l'électrification de notre société (mobilité, chauffage, industrie, etc.).
À propos de ces chiffres
Pour ces calculs, nous nous basons sur les données les plus récentes mises à disposition par ELIA.
ELIA, l'opérateur du réseau électrique belge, publie chaque mois les chiffres du mix énergétique. Ce mix contient la part des différentes sources d'énergie qui génèrent de l'électricité pour la Belgique : fossile (surtout gaz), nucléaire, éolien, solaire et autres renouvelables (par exemple, hydroélectricité et petites unités de production éolienne/solaire <25 MW).