Mix électrique belge février 2022 : besoin limité d’énergie fossile grâce aux records d’électricité produite via le nucléaire et les énergies renouvelables
Les centrales nucléaires belges ont produit lors de ce dernier mois de janvier 53% de l’électricité belge. L’énergie nucléaire était en février la source principale d’électricité bas carbone dans notre pays.
En plus de l'énergie nucléaire, pas moins que 31% du mix électrique a été produit par d’autres sources bas carbones : 24,5% provient des éoliennes, 3% des panneaux solaires et 3,5% d’autres sources renouvelables (p. ex. l'énergie hydraulique).
Beaucoup de soleil, des vents forts
Sur le plan climatique, février 2022 a été un mois moyen à bien des égards, mais avec quelques pics notables. À Uccle, le soleil a brillé 20 heures de plus que la moyenne (environ 90 heures au total). La vitesse moyenne du vent à Uccle était de 5,1 m/s (norme : 4,0 m/s). Il s'agit de la quatrième valeur la plus élevée enregistrée depuis le début de la période de référence.
En raison de la grande disponibilité du vent et du soleil, la production d'électricité d'origine éolienne et solaire a également battu plusieurs records. Ensemble avec l'énergie nucléaire, le vent et le soleil ont permis que pas moins de 84% de la production d'électricité belge provienne de sources bas carbone le mois dernier. Une bonne chose pour le climat !
Le mix électrique belge de février 2022
Grâce à l'énergie nucléaire (53%) et aux énergies renouvelables (31%), 84 % de l'électricité belge était bas carbone en février. Un bel exemple de la complémentarité des deux sources bas carbone !
L'énergie fossile (principalement le gaz) a représenté 16 % de l'électricité belge le mois dernier, et 87 % des émissions de CO2 (pour la production d'électricité belge).
Le mix électrique belge de février 2022 se présente comme suit :
- énergie nucléaire : 53%
- énergie éolienne : 24,5%
- énergie solaire : 3%
- autres renouvelables : 3,5%
- fossile et autres : 16%
Crise en Ukraine, des records pour les prix du gaz
En février, l'actualité a été largement dominée par deux éléments : la persistance des prix élevés du gaz et le conflit en Ukraine. Ce dernier élément a poussé les prix du gaz encore plus haut, par crainte d’un avenir incertain et une disponibilité incertaine du gaz russe.
Grâce à l'excellente production des énergies éolienne, solaire et nucléaire, la part des énergies fossiles dans notre pays est restée très limitée (16%). Une telle indépendance énergétique est un atout important en période d'incertitude, où les tensions géopolitiques ont des répercussions majeures sur la disponibilité des matières premières, telles que le pétrole et le gaz.
Les énergies éolienne et solaire, ainsi que l'énergie nucléaire, offrent une sécurité d'approvisionnement et sont moins sensibles aux tensions géopolitiques que les combustibles fossiles. Pour rappel, des pays comme la France et la Belgique ont décidé dans le passé de commencer à produire de l'électricité à partir de l'énergie nucléaire lors de la crise pétrolière des années 1970, lorsque la hausse des prix du pétrole a également provoqué de l'inflation et de la nervosité, et que les pays cherchaient des alternatives aux combustibles fossiles pour réduire leur dépendance au pétrole et au gaz provenant de régimes politiquement instables.
Dépendance à la Russie ?
L'Union européenne est actuellement très dépendante de la Russie pour le gaz : environ 40 % de son gaz provient de Russie. Pour certains pays, ce chiffre s'élève même à près de 100%, pour d'autres pays, le gaz russe ne représente que quelques pourcents. En Belgique, nous avons importé environ 7% de notre gaz de Russie en 2020. La grande majorité du gaz en Belgique provient des Pays-Bas (36%) et de la Norvège (40%), ces deux pays réduisant progressivement leur exploitation gazière. Cependant, comme le prix du gaz est déterminé au niveau européen, tout cela n'a aucune importance : chaque pays de l'UE ressent les conséquences financières de la crise gazière actuelle.
Pour l'uranium, il n'existe pas une telle dépendance : en 2020, quelque 20% de l'uranium destiné à l'Union européenne provenait de Russie, mais une proportion tout aussi importante provenait du Niger (20 %), du Kazakhstan (19 %), du Canada (18 %) et de l'Australie (13 %). Un portefeuille diversifié de fournisseurs d'uranium permet à l'UE de ne pas devenir dépendante d'un pays particulier en cas de tensions géopolitiques.
En outre, un volume d'uranium beaucoup plus faible que celui du charbon, du pétrole ou du gaz naturel est nécessaire pour produire la même quantité d'énergie. Cela est dû à la densité d’énergie, qui est beaucoup plus élevée pour l'uranium enrichi que pour les autres sources d'énergie.
Enfin, le volume limité de l'uranium facilite le stockage d'une grande quantité. En Belgique, il y a un stock d'au moins 2 ans à tout moment. Dans d'autres pays européens, ce stock peut aller jusqu'à 5 ou 10 ans. Il est impossible de combler de telles périodes avec un stock de pétrole et de gaz. Pour le pétrole, chaque membre de l'AIE (donc aussi la Belgique) est obligé d'avoir un stock qui peut couvrir 90 jours (en cas de crise pétrolière). Cela représente 4,5 milliards de litres de pétrole, soit 1 800 piscines olympiques. Pour le gaz, nous avons un stock en Belgique qui ne peut couvrir que 12 à 13 jours (d'hiver). Un stock important vous permet de ne pas subir les conséquences directes d'une perturbation du marché due à des tensions géopolitiques.
À propos de ces chiffres
Pour ces calculs, nous nous basons sur les données les plus récentes mises à disposition par ELIA.
ELIA, l'opérateur du réseau électrique belge, publie chaque mois les chiffres du mix énergétique. Ce mix contient la part des différentes sources d'énergie qui génèrent de l'électricité pour la Belgique : fossile (surtout gaz), nucléaire, éolien, solaire et autres renouvelables (par exemple, hydroélectricité et petites unités de production éolienne/solaire <25 MW).