Mix électrique belge de septembre 2024
85% de l'électricité belge est bas carbone, mais forte dépendance aux importations
Les productions des centrales nucléaires belges ont représenté 44% de l'électricité produite dans notre pays le mois dernier. L'énergie nucléaire reste donc la principale source d'électricité à faible teneur en carbone dans notre pays, devant l'énergie éolienne (20%) et l'énergie solaire (17,5%).
Ensemble, le nucléaire et les énergies renouvelables garantissent que 85% de l'électricité belge est à faible teneur en carbone. Cela montre l'importance de la complémentarité entre les deux sources d'énergie à faible teneur en carbone. La dépendance aux importations est toutefois plus problématique : pour répondre à la demande d'électricité de la Belgique, 22% de notre électricité a dû être importée de nos pays voisins.
Mois maussade et humide avec de nombreux jours d'orage
Le mois de septembre a de nouveau été maussade et humide, avec beaucoup de précipitations et peu de soleil. C'est déjà le 12e mois consécutif avec une quantité de précipitations supérieure à la moyenne. Il s'agit d'un record absolu (depuis le début des mesures en 1833). Le cumul pluviométrique à Uccle pour les 9 premiers mois de l’année 2024 a déjà dépassé la normale annuelle. Il semble que 2024 sera l'année la plus humide jamais enregistrée (depuis 1833).
Cela signifie également de mauvaises nouvelles pour l'énergie solaire : la durée d'ensoleillement en septembre dernier n'a été que de 123 heures (la normale : 154 heures). La situation est meilleure pour l'énergie éolienne : nous avons enregistré 18 jours d'orage dans notre pays (la normale : 7,5 jours). Il s'agit d'un nouveau record absolu (les premières mesures datant de 1928). Toutefois, lorsque la force du vent est trop importante, les éoliennes doivent être arrêtées pour éviter des dégâts à l'installation.
Le mix électrique belge de septembre 2024
Le nucléaire (44%) et les énergies renouvelables (41%) ont garanti ensemble que 85% de l'électricité belge ait pu être décarbonée en septembre. Un bel exemple de la complémentarité des deux sources d’énergie bas carbone !
Doel 4 a été mis à l'arrêt pour une maintenance planifiée depuis la fin du mois d'août. Par conséquent, ce réacteur n'a pas produit d'électricité pendant tout le mois de septembre. Il s'agit peut-être d'un avant-goût de l'année prochaine, quand pas moins de trois réacteurs devraient s'arrêter définitivement (Doel 1, Doel 2 et Tihange 1).
L'énergie fossile (principalement le gaz) a représenté 15% de l'électricité belge le mois dernier, et représentait à elle seule 84% des émissions de CO2 (pour l’ensemble de la production d'électricité belge).
Le mix électrique belge de septembre 2024 se présente comme suit :
- énergie nucléaire : 44%
- énergie éolienne : 20%
- énergie solaire : 17,5%
- autres renouvelables : 3,5%
- fossile et autres : 15%
Importations des pays voisins
Il est important de noter qu'il s'agit de chiffres relatifs à la production d'électricité domestique. Si l'on considère la consommation d'électricité de la Belgique, force est de constater que, comme ces derniers mois, nous sommes fortement dépendants des importations d'électricité en provenance d'autres pays. En septembre 2024, en plus de la production domestique d'électricité, quelques 22% de cette quantité d'électricité étaient encore importés de nos pays voisins.
Ces derniers mois, nous avons dû importer beaucoup d'électricité pour répondre à notre demande, alors que les années précédentes, nous étions à chaque fois un exportateur net d'électricité. Cette dépendance aurait été moindre si notre pays n'avait pas fermé prématurément les réacteurs Doel 3 et Tihange 2. Selon le calendrier actuel, trois autres réacteurs nucléaires fermeront définitivement leurs portes au cours de l'année prochaine (2GW d'énergie nucléaire). Cela ne fera qu'accroître notre dépendance à l'égard des importations.
Accord sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires
À la fin de l'année dernière, le gouvernement belge a signé un accord avec l'opérateur Engie Electrabel qui prolongera de 10 ans la durée de vie des réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3. C’est un pas en avant important, mais ce n'est pas suffisant. Les chiffres mensuels du mix électrique le montrent chaque mois. Le risque d'une pénurie de capacité de production à court terme est une réalité.
Exclure l'énergie nucléaire comme faisant partie de la solution et fermer des réacteurs nucléaires existants dans ce contexte équivaut dès lors à prendre des risques importants en termes de sécurité d'approvisionnement et de souveraineté énergétique de notre pays.
Nous demandons dès lors au prochain gouvernement de supprimer la loi sur la sortie du nucléaire. Cela devrait permettre de prolonger un maximum de réacteurs existants aussi longtemps que possible, à condition, bien sûr, que cela puisse se faire en toute sûreté. Dans le même temps, il serait possible de négocier concrètement la construction de nouveaux réacteurs nucléaires (comme les SMR) dans notre pays, afin de répondre à la demande. Dans les prochaines décennies, cette demande d'électricité à faible teneur en carbone sera de plus en plus importante en raison de l'électrification de notre société (mobilité, chauffage, industrie, etc.).
À propos de ces chiffres
Pour ces calculs, nous nous basons sur les données les plus récentes mises à disposition par ELIA.
ELIA, l'opérateur du réseau électrique belge, publie chaque mois les chiffres du mix énergétique. Ce mix contient la part des différentes sources d'énergie qui génèrent de l'électricité pour la Belgique : fossile (surtout gaz), nucléaire, éolien, solaire et autres renouvelables (par exemple, hydroélectricité et petites unités de production éolienne/solaire <25 MW).