La construction de MINERVA, la première phase de MYRRHA, est lancée
Le 25 juin 2024, SCK CEN et l’aisbl MYRRHA ont commencé la construction de MINERVA, la première phase du projet MYRRHA. Ce projet est important pour différentes applications révolutionnaires : meilleurs traitements du cancer, physique fondamentale, recherche sur les matériaux de fusion, technologie des accélérateurs et traitement optimal des déchets nucléaires radioactifs.
Lancement de la première phase de MYRRHA
MYRRHA est une infrastructure de recherche unique et multifonctionnelle. Il s'agit du premier réacteur de recherche au monde piloté par un accélérateur de particules. En 2018, le gouvernement a décidé de construire MYRRHA en plusieurs phases. MINERVA est la première phase du projet et comprend l'accélérateur de particules ainsi que deux stations d'irradiation. À terme suivront l'agrandissement de l'accélérateur de particules (phase 2) et la construction du réacteur nucléaire proprement dit (phase 3). À partir de 2038, le projet de recherche européen MYRRHA devrait être pleinement opérationnel.
Objectifs de MINERVA
Le projet MINERVA comprend un accélérateur de particules et deux stations d'irradiation. Différents travaux de recherches y seront menés : nouveaux matériaux pour les réacteurs du futur, travaux de recherche fondamentale et amélioration de la technologie des accélérateurs. De plus, MINERVA jouera un rôle important en médecine nucléaire. L'accent est mis sur le développement d'une nouvelle génération de nouveaux radio-isotopes thérapeutiques, qui ciblent plus efficacement les cellules cancéreuses tout en réduisant considérablement les effets secondaires pour le patient, en conservant intactes les cellules saines qui entourent la tumeur.
« Grâce à MYRRHA, la radiotoxicité des déchets nucléaires hautement radioactifs sera réduite d'un facteur 1000 et le volume des déchets nucléaires d'un facteur 100. »
Transmutation
Lorsque le projet sera pleinement opérationnel (avec la réalisation du réacteur sous-critique de MYRRHA - phase 3 du projet), la recherche sur la transmutation suivra. Il s'agit de la technologie permettant de réduire la quantité et la radiotoxicité des déchets nucléaires hautement radioactifs.
Grâce à MYRRHA, la radiotoxicité des déchets nucléaires hautement radioactifs sera réduit d’un facteur 1 000 et le volume d'un facteur 100. Concrètement, cela signifie que les déchets hautement radioactifs ne resteront pas dangereusement radioactifs pendant 300 000 ans. Ces déchets nucléaires atteindront la radiotoxicité naturelle après seulement 300 ans. On ramène ainsi la question des déchets nucléaires des durées géologiques à des durées humaines. Si vous prenez les déchets belges hautement radioactifs après 40 ans de fonctionnement des centrales nucléaires, vous obtiendrez la superficie d'un terrain de football, sur un demi-mètre de haut. Grâce à la technologie de MYRRHA, on pourra réduire cette hauteur à seulement 5 millimètres. Cela fait de MYRRHA un projet de recherche européen intéressant qui peut contribuer à optimiser encore plus les solutions des déchets nucléaires des réacteurs actuels.