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Le transport des isotopes médicaux : une course contre la montre

Les radio-isotopes sont employés dans le diagnostic et le traitement des maladies. Cette technique est utilisée par plus de 30 millions de personnes dans le monde chaque année. La production et le transport de ces radio-isotopes nécessitent de nombreuses démarches, de préférence le plus rapidement possible. Afin de pouvoir aider les patients, une course contre la montre s'engage...

Pourquoi utilise-t-on des radio-isotopes ?

Parce que cette technique permet mieux qu'aucune autre de poser un diagnostic précoce et précis ainsi que d'établir un traitement ciblé et personnalisé. Cette technique est utilisée pour 60 pathologies différentes et ses domaines d'application évoluent chaque jour. Les radio-isotopes sont déjà irremplaçables aujourd'hui et offrent de nombreuses perspectives pour l'avenir du monde médical.

Plus d’informations sur le diagnostic.

Les différentes étapes du transport des isotopes

Étape n°1 : activer la cible

Les cibles uranifères sont acheminées par transport sécurisé jusqu'au SCK-CEN à Mol. Là-bas, le matériau est irradié dans le BR2 pour produire différents types d'isotopes. Au cours de ce processus d'irradiation étalé sur cinq jours, des matières radioactives sont produites à partir desquelles du molybdène 99 et d'autres isotopes peuvent ensuite être extraits.

Étape n°2 : le transport

La prochaine étape consiste au transport de ces isotopes. Après le processus d'irradiation, les cibles d'uranium quittent le SCK-CEN en route vers leur prochaine destination : les sociétés pharmaceutiques, qui transforment ces cibles en radio-isotopes médicaux. La vitesse est cruciale. Après tout, la radioactivité, et donc l'efficacité, des radio-isotopes diminue très rapidement. L'intervalle pendant lequel la moitié d'entre eux disparaît s'appelle la demi-vie. Il peut s'agir de quelques jours ou, dans ce cas précis, de quelques heures.

Étape n°3 : de la cible au radio-isotope

Dès que les cibles uranifères arrivent à destination, elles sont dissoutes chimiquement afin d'extraire les radio-isotopes médicaux. Dans le monde entier, il n'existe que quelques installations spécialisées où cela est possible : l'Institut national des radioéléments (IRE) à Fleurus en Belgique ; Mallinckrodt Pharmaceuticals à Dublin en Irlande ; GE Healthcare à Eindhoven aux Pays-Bas ; NTP à Pretoria en Afrique du Sud et ANSTO à Lucas Heights en Australie.

Les radio-isotopes produits par l'IRE permettent à eux seuls de réaliser 6 millions d'études dans le monde, dont environ la moitié en Europe..

Étape n°4 : nouveau transport

Lorsque le processus de production des radio-isotopes est terminé, ces derniers sont placés dans un générateur pour les protéger pendant leur transport à l'hôpital. De plus, ils peuvent de cette manière être utilisés plus rapidement et plus facilement une fois arrivés sur place. Dans le générateur, les radio-isotopes perdent 1 % d'efficacité par heure, soit 25 % par jour : être rapide est donc impératif.

Le transport s'effectue sur la route ou dans les airs, et sur des distances parfois très longues (jusqu'en Amérique même). A l'aéroport, l'avion est prêt à charger les colis radioactifs. Pendant que l'avion est en route, le patient est transporté à l'hôpital. Dès que l'avion arrive à destination, les colis sont rapidement transférés vers l'hôpital dans un véhicule qui attend à l'aéroport..

Étape n°5 : l'administration au patient

Lorsque le produit arrive à l'hôpital, le patient est prêt pour son injection. Après l'opération, le suivi du patient continue. Après quelques heures ou quelques jours, la radiotoxicité disparaît complètement.

La Belgique, leader du marché de la production de radio-isotopes

Environ 90 % des matières radioactives transportées d'un point A à un point B en Belgique proviennent du secteur médical. Les 10 % restants concernent des substances radioactives destinées à la recherche, aux applications industrielles et à l'énergie nucléaire. L'utilisation de matières radioactives nécessite un transport national et international. Chaque année, des entreprises spécialisées transportent environ 400 000 colis de substances radioactives en Belgique. Cela correspond à environ 40 000 transports et à une moyenne de plus de 100 colis par jour calendrier.

Quelque 350 000 colis, représentant 35 000 transports, sont destinés au monde médical. La Belgique est l'un des leaders mondiaux dans la production de radio-isotopes
pour la médecine nucléaire. Ces substances doivent être distribuées dans notre pays et dans le reste du monde. Ce transport s'effectue par route et par avion, principalement via les aéroports de Bruxelles National et de Liège Airport. La moitié d'entre eux représente des cargaisons en transit.Les applications industrielles représentent environ 30 000 colis par an, soit 3 000 transports. Pour l'exploitation des centrales nucléaires belges et étrangères et pour les activités liées au cycle du combustible nucléaire, on compte environ 20 000 colis, soit 2 000 transports par an. Plus de la moitié sont des transports de transit et passent par le port d'Anvers.

Un processus logistique rapide et sûr

La radioactivité des isotopes médicaux diminue très rapidement. L'intervalle pendant lequel la moitié d'entre eux disparaît s'appelle la demi-vie. Cela peut varier de quelques heures à plusieurs jours dans le cas des radio-isotopes utilisés à des fins médicales. Dans le cas du molybdène-99, par exemple, la demi-vie est de 66 heures, tandis que le technétium-99m perd la moitié de sa radioactivité après seulement 6 heures.

Afin de préserver toutes les propriétés des radio-isotopes médicaux (pour le diagnostic et le traitement), il est donc essentiel qu'ils soient apportés à l'utilisateur le plus rapidement possible. La société belge Isotopes Services International (ISI), spécialisée dans le transport de radio-isotopes et de produits radiopharmaceutiques, est un des leaders du marché dans ce domaine.

Le transport est un sujet délicat : il doit satisfaire à toutes les normes afin de garantir, d'une part, la sécurité du personnel et, d'une part, la qualité et l'efficacité du produit transporté. Et le tout en un temps record. L'entreprise de transport belge spécialisée TRANSRAD (Fleurus) s'occupe du transport de ces substances radioactives sensibles.

La société malinoise ISI (Isotopes Services International) et DHL sont deux acteurs qui assurent ce transport spécialisé en Belgique et dans le reste du monde. L'aéroport de Zaventem est également une importante plaque tournante internationale pour la distribution de radio-isotopes dans le monde entier.

L'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) est non seulement responsable de l'exploitation des centrales nucléaires, mais aussi de la réglementation et du contrôle de toutes les applications médicales qui utilisent des radio-isotopes et d'autres sources de rayonnement. L'AFCN applique des règles très strictes et surveille de près tout ce qui concerne la possession, l'utilisation, l'emballage, le stockage, l'importation et l'exportation de substances nucléaires médicales.

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