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L'énergie nucléaire dans le monde - Suède
L'énergie nucléaire dans le monde - Suède

L'énergie nucléaire en Suède

En Suède, les émissions de CO2 sont basses comparées à celles d’autres pays et à la moyenne européenne. Pourquoi ? La Suède produit pratiquement toute son électricité au départ d’énergies décarbonées : l’hydroélectricité et le nucléaire. Découvrez dans cet article plus de détails sur le mix électrique suédois et ses perspectives futures, sur la stratégie de transition énergétique et sur la gestion des déchets radioactifs.

Un mix électrique bas carbone grâce au nucléaire

Le mix électrique suédois est une combinaison performante d’énergie nucléaire et d’énergies renouvelables. La Suède a produit 152,5 TWh en 2016. La production d’électricité émet très peu de CO₂ et de gaz à effet de serre. En 2016, plus de 50% de l’électricité était produit par l’hydraulique et l’éolien, environ 40% par le nucléaire et moins de 10% par des centrales thermiques conventionnelles brûlant principalement des biocarburants.

Bien que la consommation d’électricité soit en croissance ces dernières années (+ 2.6 % en 2016 par rapport à 2015), la production en 2016 a dépassé la demande. La Suède est donc exportatrice d’électricité. La Suède a des échanges avec le Danemark, la Finlande, la Lituanie, la Norvège, la Pologne et l’Allemagne. La plus grande part des exportations va à la Finlande. Elle peut aussi être importatrice d’électricité lors des périodes de pointe (les journées très froides en hiver). L’électricité est alors importée de Norvège ou du Danemark.

La centrale nucléaire de Forsmark (source : SKB).

Le nucléaire en Suède : chiffres

La Suède dispose de 8 réacteurs nucléaires opérationnels répartis à raison de 3 sur le site de Forsmark, 1 sur le site de Oskarshamn et 4 sur le site de Ringhals. Leur capacité totale est de 8 376 MW. En 2015 et en 2017, E.ON a décidé d’arrêter définitivement les réacteurs d’Oskarhamn 2 et Oskarshamn 1. Ce sont des arrêts pour raisons économiques. En effet, tant les exploitants des installations hydrauliques que des centrales nucléaires sont d’une part pénalisés par les prix bas du marché spot de l’électricité Nordpool et par des taxes. Dans ce contexte, deux autres réacteurs devraient être mis à l’arrêt en 2019 et 2020.

Il est intéressant de regarder le mix électrique des pays avoisinants. D’un côté, il y a la Norvège avec presque exclusivement de l’hydroélectricité et à l’opposé la Pologne avec le tout fossile. Il y a ensuite la Finlande et la Suède qui disposent d’un mix énergies renouvelables et nucléaire, tandis que l’Allemagne et le Danemark se caractérisent par deux mix énergies renouvelables et énergies fossiles. 

Le nucléaire a une place dans la politique énergétique à long terme

En juin 2016, le gouvernement et les partis suédois ont conclu un accord sur la politique énergétique de la Suède à long terme. Cet accord consiste notamment en une feuille de route pour une transition contrôlée vers un système électrique entièrement basé sur les énergies renouvelables. Un objectif à atteindre en 2040 … et qui vise « un système électrique robuste, avec une sécurité d’approvisionnement élevée, un impact environnemental faible et une électricité à des prix compétitifs ». 

Concernant cet accord, 2040 est un objectif et non une date limite qui interdit le recours à l’énergie nucléaire. En effet, la construction de nouveaux réacteurs (maximum 10) est autorisée sur les sites existants. L’accord stipule aussi qu’il est possible de remplacer les réacteurs existants lorsqu’ils atteignent la fin de vie économique. Enfin, le gouvernement n’accordera pas de subsides au nucléaire mais lèvera progressivement la taxe qui frappait les centrales nucléaires depuis plusieurs années. 

Le stockage des déchets radioactifs à Forsmark (source : SKB).

Une gestion des déchets bien en mains

Forsmark est aussi un important site de stockage pour les déchets radioactifs. Elle dispose d’une installation de stockage souterrain pour les déchets de courte durée de vie qui a été mise en service en 1988. En 2009, la société SBK (Swedish Nuclear Fuel and Waste Management Company)  a désigné le site de Forsmark comme lieu de stockage pour le combustible nucléaire usé. Les installations de stockage sont en cours de construction et devraient entrer en service fin des années 2020 – début des années 2030.

Début 2018, tous les assemblages de combustible nucléaire usé sont confinés dans des installations d’entreposage intermédiaire (CLAB) sur le site d’Oskarshamn. Ils seront ensuite transférés vers le site de stockage définitif de Forsmark. Le principe est basé sur un stockage géologique profond constitué de trois barrières successives : des conteneurs de cuivre, un « emballage » de bentonite et la roche. En février 2018, la Swedish Radiation Safety Authority a recommandé au Gouvernement d’accorder la licence pour le dépôt final du combustible usé.


Sources : Swedish Energy agency, World Nuclear Association, Swedish Energy Administration, SKB.

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