Sûreté et contrôle des centrales nucléaires
Sûreté et contrôle des centrales nucléaires

L’industrie nucléaire est le secteur le plus contrôlé au monde. Les stress tests européens ont montré que les installations belges sont parmi les plus résistantes en Europe et sont assez robustes pour faire face à des situations extrêmes. Dans les centrales nucléaires belges, il existe plusieurs niveaux de sûreté et des procédures très strictes. Elles sont en outre pourvues d'une double enceinte. Des employés qualifiés, une compétence pointue et une renommée mondiale complètent ces dispositifs. 

Une priorité absolue

La sûreté nucléaire comprend l'ensemble des dispositions techniques, organisationnelles et humaines permettant d'assurer un fonctionnement normal de tous les équipements et installations, de prévenir les accidents et d'en limiter l'impact le cas échéant. Elles doivent être prises à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l’arrêt et au démantèlement de toute installation comportant une source de rayonnement ionisant. Il en va de même pour le transport des matières radioactives. L’objectif fondamental de la sûreté est donc de veiller en toutes circonstances au confinement de la radioactivité. Le maintien du plus haut niveau de sûreté est un impératif absolu pour toutes les applications de la technologie nucléaire.

Pour un réacteur nucléaire, la sûreté repose sur le maintien des trois fonctions suivantes : le contrôle de la réaction en chaîne, le refroidissement du combustible pour évacuer la puissance résiduelle (même lorsque la réaction en chaîne est arrêtée) et le confinement des produits radioactifs. Pour les autres installations (par exemple un labo de recherche), la principale fonction de sûreté est le confinement des produits radioactifs.

L’organisation et les attitudes collectives et individuelles des personnes sont essentielles.

L’homme est au cœur de la maîtrise des risques au quotidien.

Le professionnalisme des opérateurs

L’exploitation quotidienne des réacteurs nucléaires repose sur le professionnalisme d’équipes en formation permanente. Le développement d’une culture de sûreté forte est un autre pilier de la sûreté nucléaire. L’organisation et les attitudes collectives et individuelles des personnes sont essentielles. Chaque intervenant dans une centrale nucléaire doit en effet intégrer pour chacun de ses actes des principes d’excellence en termes de sûreté nucléaire. Cette culture se construit chaque jour dans un souci constant d’amélioration continue.

Les révisions

Outre les arrêts programmés tous les 12 ou 18 mois et les révisions décennales, l’exploitant des centrales procède à des contrôles en continu. Des inspecteurs procèdent à des tests à chaque arrêt pour rechargement du réacteur (tous les 12 ou 18 mois) et effectuent aussi des tests d'exploitation.

Arrêts programmés pour révision et rechargement en combustible

Tous les 12 ou 18 mois, les réacteurs nucléaires belges connaissent des arrêts programmés pour le rechargement en combustible neuf. Pendant ces semaines d'interruption, on effectue non seulement des contrôles spécifiques, mais on procède également au remplacement d’équipements et de systèmes. On profite en outre de l’occasion pour effectuer les améliorations préconisées dans le cadre des révisions décennales.


Révision décennale de sûreté

Tous les 10 ans, chaque réacteur fait l’objet, lors d’un arrêt programmé, d’une série de contrôles ciblés. Cette évaluation importante, prévue par la loi, veille en tout premier lieu à assurer que les installations sont toujours au moins conformes aux exigences prévues à la conception. Elle prend aussi en compte les conclusions des révisions décennales précédentes, ainsi que les règles et pratiques les plus récentes en matière de sûreté. Globalement, l’exploitant et l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire et sa filiale Bel V) comparent l’état des installations et les lignes de conduite suivies lors de l’exploitation avec les règles, normes et pratiques du moment en vigueur aux Etats-Unis et dans l’Union Européenne. Il s’ensuit un « cahier des charges » et un planning précis des améliorations à apporter. Celles-ci s’effectuent durant les arrêts périodiques des unités nucléaires, sous le contrôle de Bel V et de l’AFCN (aussi appelés l'Organisme Agréé).

Des échanges d'expérience et de bonnes pratiques se font concrètement dans tout le secteur à un niveau international.

Le retour d’expérience

L’expérience acquise tout au long de l’exploitation, les progrès technologiques et les contrôles permettent de moderniser en permanence les équipements et les installations. Ils contribuent ainsi à une amélioration constante du concept de" défense en profondeur" de la sûreté.

Ces améliorations constantes ne reposent pas uniquement sur l’expérience acquise sur les sites nucléaires belges, mais également sur celle acquise dans toutes les centrales nucléaires à travers le monde. Des échanges d'expérience et de bonnes pratiques se font concrètement dans tout le secteur à un niveau international. Il est important de noter qu’une installation technique bien conçue, régulièrement contrôlée et entretenue, garantit une exploitation sûre de longue durée.

Le saviez-vous ?

Chaque année, en moyenne 50 audits sont effectués dans une centrale nucléaire, soit 1 par semaine. Des experts nucléaires et l'AFCN (Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire) sont présents sur base quotidienne pour veiller à la sûreté des centrales nucléaires.

Stress tests.

Stress tests

Quelques jours après l’accident de Fukushima survenu le 11 mars 2011, les autorités européennes ont imposé des tests de résistance pour toutes les centrales nucléaires en activité en Europe. Ces stress tests ont été élaborés en étroite collaboration avec ENSREG (European Nuclear Safety Regulators’ Group), l’association regroupant l’ensemble des régulateurs européens de sûreté nucléaire. Ils avaient pour but de réévaluer les marges de sûreté des centrales nucléaires en cas d’événements naturels extrêmes (séismes, inondations, tempêtes, pluies diluviennes, …). Des événements qui sont susceptibles d’occasionner une perte d’approvisionnement en électricité ou une perte de refroidissement.

En Belgique, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire est allée plus loin que les recommandations européennes. En effet, elle a ainsi élargi les tests de résistance à tous les établissements nucléaires de classe I. Ensuite, pour les centrales nucléaires, elle a étendu la portée des tests de résistance à d’autres menaces potentielles liées aux activités humaines et à des actes de malveillance (cyber-attaque, chute d’avion, terrorisme, explosion de gaz, …).

Pour chaque cas, l’analyse doit évaluer l’impact sur l’installation et définir la marge de sûreté dont dispose l’installation pour faire face au risque considéré. Après évaluation approfondie des rapports, l’AFCN a conclu que les centrales de Doel et de Tihange sont en mesure de faire face sans risque à des événements extrêmes et de garantir les fonctions de sûreté essentielles. En outre, l’ENSREG, dans son rapport consolidé remis à la Commission européenne, a conclu que les centrales nucléaires belges sont considérées parmi les plus robustes.

Les conclusions prévoyaient également un plan d’action national qui comprend une série de mesures d’amélioration technique et organisationnelle destinées à renforcer encore la sûreté des centrales. Ce plan fait l’objet d’un suivi d’avancement par l’AFCN qui en réfère aux autorités européennes.

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