Sûreté et contrôle des centrales nucléaires
Sûreté et contrôle des centrales nucléaires

Qui contrôle nos installations nucléaires ?

Le secteur nucléaire est l’un des plus sûrs et les plus contrôlés au monde. En Belgique, toutes les activités utilisant des substances radioactives sont régulièrement soumises à des contrôles.

Ces différentes inspections ont donc lieu dans tous les endroits utilisant la technologie nucléaire : dans les centrales nucléaires qui produisent l’électricité, dans les hôpitaux, les centres de recherche, l’industrie, le transport et même chez les dentistes et les vétérinaires.
Contrôles quotidiens et périodiques, internes et externes, nationaux et internationaux : rien n’est laissé au hasard.

La sécurité et la sûreté : deux notions différentes

La sûreté et la sécurité nucléaires sont tout aussi essentielles, mais il est important de bien les distinguer. Voici leur définition :

La sûreté nucléaire

« La sûreté nucléaire est un ensemble de mesures qui s’appliquent dès la conception d’une installation, tout au long de sa construction et de son fonctionnement et jusqu’à son arrêt définitif, dans le but de garantir la sécurité des travailleurs, de la population et de l’environnement contre les effets des rayons ionisants. Un niveau sûreté adéquat repose sur des dispositions de différentes natures, à savoir les aspects techniques, organisationnels et humains.  » 

Un exemple : une série de 5 barrières de confinement successives (de la pastille de combustible au bâtiment du réacteur) isolent complètement l’uranium et les produits de fission hautement radioactifs afin de prévenir le rejet de radioactivité.

La sécurité nucléaire

« La sécurité nucléaire est un ensemble de mesures techniques et organisationnelles concernant les substances radioactives et les installations. Elles visent à une détection et une réaction rapides face à toute tentative d’intrusion, de vol, de sabotage ou de tout acte de malveillance en vue de les empêcher. La sécurité nucléaire se base sur la réglementation nationale en matière de protection physique des substances nucléaires, des installations et du transport nucléaire. » 

Un exemple : les réseaux informatiques sont protégés contre les cyberattaques. 

Maintenant que cette différence est clairement établie, voyons quels sont les différents niveaux et procédures de contrôle.

Trois niveaux de contrôle importants

Au cours d’une année, les centrales nucléaires belges sont soumises à un nombre impressionnant de contrôles , effectués en interne et par des organismes externes spécialisés.
Plus loin, nous verrons en détails la fréquence et les types de contrôles dans nos centrales. Mais pour l’instant, intéressons-nous d’abord aux niveaux des contrôles. Voici les trois niveaux de contrôles importants.

Par l’exploitant

En Belgique, c’est l’exploitant qui est le premier responsable. Il doit se conformer aux normes de sûreté du rapport légal sur la sûreté nucléaire. Dans notre pays, l’exploitant des centrales de Doel et de Tihange est ENGIE Electrabel. 

Par l’AFCN et Bel V

Sous la tutelle du ministre de l’Intérieur, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et sa filiale BEL V veillent à ce que l’exploitant applique les règles de sûreté nucléaire et à ce qu’il maintienne en permanence le plus haut niveau de sûreté possible. 

Par des organismes internationaux mandatés

L’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), via ses missions OSART et SALTO que nous détaillerons plus loin, ainsi que la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique (Euratom) contrôlent également la sûreté des installations nucléaires. La Commission Européenne peut également imposer des inspections spécifiques comme ce fut le cas lors des tests de résistances des centrales nucléaires européennes.

Les installations belges et leur sûreté à la loupe

Le contexte : après l’accident de Fukushima, toutes les centrales nucléaires européennes ont dû se soumettre à des tests de résistance. Ces stress tests ont démontré que les centrales nucléaires belges sont parmi les plus robustes d’Europe. En toute circonstance, elles sont capables de résister aux phénomènes naturels les plus extrêmes.

Notre pays a pourtant décidé d’aller au-delà des exigences de la Commission Européenne.  

Premièrement, la Belgique a étendu les tests de résistance à toutes les installations nucléaires de classe I actives dans notre pays, à savoir : le SCK●CEN - Centre d’Étude de l’Énergie Nucléaire, Belgoprocess (gestion des déchets radioactifs), JRC-Geel, l’IRE  - Institut National des radioéléments et l’IRMM – Institut des Mesures et Matériaux de Référence.
Deuxièmement, il a été a décidé d’élargir les stress tests aux menaces liées à des actes de malveillance. C’est l’AFCN qui suit et contrôle l’avancement de ces mesures de renforcement.

Dans les centrales de Doel et Tihange, la sûreté est une priorité absolue et permanente.

Nos centrales nucléaires sous haute surveillance

Dans les centrales de Doel et Tihange, la sûreté est une priorité absolue et permanente. Elle prime en toute circonstance sur la production et s’appuie sur une culture de sûreté de haut niveau. 

Des contrôles, tous les jours

  • Du personnel responsable

Le personnel, spécifiquement formé à la sûreté, suit et vérifie en permanence toutes les procédures. Des spécialistes du service de qualité et de sûreté de la centrale effectuent en outre des vérifications quotidiennes.

  • Les inspecteurs de Bel V

Ces inspecteurs effectuent des contrôles et des vérifications au nom de L’AFCN.
Ils sont présents tous les jours sur le site et ont accès, à tout moment, à tous les documents et installations. Ils peuvent également opérer des contrôles de façon inopinée.

Des évaluations et des révisions périodiques

Lors des évaluations périodiques, l’exploitant doit évaluer 14 critères de sûreté tels qu’ils sont stipulés dans le guide de sûreté de l’AIEA. Les résultats sont ensuite contrôlés par l’AFCN et par Bel V.

Tous les dix ans, les centrales nucléaires sont soumises à un audit de sûreté. Lors de cet audit, l’installation et les règles d’exploitation sont comparées aux règles, normes et pratiques en vigueur sur le plan international au même moment. Les résultats sont utilisés pour établir des plans d’action visant à des améliorations et le suivi de l’exécution de ces actions est assuré par l’AFCN et Bel V.

Inspections internationales : examen par les pairs

À intervalles réguliers, la Belgique fait également appel à l’expertise d’organismes internationaux renommés. Ainsi, à la demande du gouvernement du pays hôte, l’AIEA organise des missions d’experts.

OSART : inspiré par les meilleures pratiques internationales

Les missions OSART (Operational Safety Review Team) se basent sur des évaluations de pairs et visent l’excellence. Une équipe d’experts internationaux contrôle le niveau de sûreté de la centrale et formule des recommandations. Un contrôle ultérieur évaluera si ces recommandations ont été suivies. Des contrôles OSART ont été opérés à Doel et à Tihange au cours de ces dernières années.

SALTO : la sureté sur le long terme

SALTO signifie « Safety Aspects of Long Term Operation ». Ces missions évaluent la sûreté de l’exploitation à long terme d’un réacteur nucléaire. Des contrôles SALTO ont été effectués dans le cadre du prolongement des réacteurs de Tihange 1, et de Doel 1 et 2. Les experts de l’AIEA ont conclu que le plan d’action d’ENGIE Electrabel est parfaitement conforme aux normes internationales.

Les autorités de contrôle… contrôlées

L’AIEA organise également des audits internationaux des organismes de contrôle. Ces évaluations par des pairs sont regroupées sous le terme « Integrated Regulatory Review Service (IRRS). Le but de ces audits est d’augmenter l’efficience des règles nationales au regard des standards de sûreté de l’AIEA.
 
En décembre 2013, pendant deux semaines, une équipe de plus 30 experts internationaux a analysé le cadre réglementaire belge en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection. Si ce rapport s’accompagne de recommandations, il est néanmoins concluant et atteste de l’efficacité de l’AFCN et de BEL V.

L’Europe veille, les exploitants de centrales aussi

Euratom : assurer la sûreté et l’approvisionnement en énergie

Euratom (Communauté Européenne de l’Énergie Atomique) veille à ce que l’énergie nucléaire soit exclusivement utilisée à des fins pacifiques. Son traité est d’application dans tous les pays membres. Euratom supervise, entre autres, tout le matériel nucléaire destiné aux applications civiles et en particulier le combustible pour les centrales nucléaires.

En mars 2017, Euratom a formulé un avis positif sur les projets d’investissement liés à l’exploitation à long terme pour une partie de Tihange 1, ainsi que pour Doel 1 et 2.
La Commission estime que ces projets participent aux objectifs énergétiques de la Belgique et répondent aux normes de sûreté fixées par le Traité Euratom.

WANO : des retours d’expérience de haut niveau

WANO (World Association of Nuclear Operators) est l’association mondiale des exploitants de centrales nucléaires. Elle s’est constituée au lendemain de l’accident de Tchernobyl. 

À la demande des exploitants de centrales, la WANO organise aujourd’hui des évaluations par des pairs. Ces experts se basent sur un système de référence qui s’appuie sur les meilleures pratiques. Des contrôles WANO sont régulièrement effectués dans nos centrales belges.

L’exploitation des centrales nucléaires belges au-delà de 40 ans

Le gouvernement belge a approuvé la prolongation de l’exploitation des réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2, et de Tihange 1 de 10 ans. Ces trois réacteurs resteront opérationnels à savoir jusqu’en 2025. 

Pour cette durée prolongée (LTO ou « Long Term Operation »), ENGIE Electrabel a fourni, à l’AFNC, un dossier de sûreté spécifique ainsi que des plans d’action décrivant les mesures et les investissements. Des centaines de millions d’euros ont été investis pour que ces trois réacteurs puissent fonctionner pendant 50 ans, en toute sécurité.

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