Mieux comprendre les incidents nucléaires
Mieux comprendre les incidents nucléaires

La sécurité et la sûreté constituent la priorité absolue du secteur nucléaire. Les centrales nucléaires, les réacteurs de recherche, les laboratoires de médecine nucléaire, tout comme les installations nucléaires plus généralement, font partie des installations industrielles les plus sûres et les mieux contrôlées.

Les centrales nucléaires belges font d’ailleurs partie des centrales les plus robustes et les plus sûres, comme le confirme la Commission européenne.

La culture de sûreté très marquée qui caractérise le secteur nucléaire n’a pourtant pas empêché deux accidents nucléaires graves de se produire : Tchernobyl (Ukraine) et Fukushima (Japon). Des différences fondamentales font qu’un accident du type de celui survenu à Fukushima et à Tchernobyl ne pourrait pas se produire en Belgique. La Belgique n’est pas située dans une zone sismique active, la conception (plus sûre) des centrales belges se fonde sur un autre modèle (elles sont notamment dotées d’un bâtiment avec double enceinte), et notre pays peut se targuer de disposer d’une culture draconienne en matière de contrôle et de sûreté. Les résultats des tests de résistance mis sur pied par la Commission européenne à destination de toutes les installations nucléaires européennes le confirment d’ailleurs.

Mais quel a été le problème à Fukushima, et à Tchernobyl ? Quelles sont les victimes imputables au tsunami d’une part, et à la catastrophe nucléaire d’autre part ? Pourquoi un tel accident ne peut-il pas se produire chez nous ? Cette page vous permet de trouver des réponses aux questions les plus fréquemment posées.


Les plans d’urgence sont régulièrement testés au travers de nombreux exercices.

En cas d'urgence

L’objectif de la sûreté nucléaire est d’empêcher l’accident et de maîtriser les conséquences de l’accident dans le cas où celui-ci surviendrait malgré tout. Dans le cas où un accident se produirait, des procédures et plans d’urgence sont prévus pour en maîtriser les conséquences sur le site et à l’extérieur.

La gestion d’un incident ou d’un accident s’articule sur deux plans d’actions étroitement coordonnés : le plan interne d’urgence et le plan d’urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge.

Les principales installations nucléaires disposent d’un plan interne d’urgence destiné à répondre rapidement et efficacement à toute situation anormale.

Le Service Public Fédéral Intérieur est quant à lui en charge de la planification d’urgence relative à la population. Son Centre de Crise coordonne les actions et la communication liées à la protection des populations et de l’environnement. Le plan d’urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge décrit les responsabilités et les procédures d’intervention des différents services tant au niveau national, que provincial (les Gouverneurs) et local (les Bourgmestres).

Les plans d’urgence sont régulièrement testés au travers de nombreux exercices.
Il existe également un système d’alerte au niveau européen par lequel les États membres s’échangent des informations.

L’échelle INES comporte 7 niveaux.

INES

L’échelle INES (pour International Nuclear Event Scale) de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique est un outil de communication spécifique vers le public et les médias. Cette échelle, dite de gravité, permet de faciliter la compréhension de l’importance d’un événement survenant dans n’importe quelle installation nucléaire (industrielle, médicale ou de recherche) ainsi que lors des transports des matières radioactives. Elle est applicable uniquement aux aspects de sûreté. Par contre, elle n’est pas un moyen d’évaluation de la sûreté ou de comparaison internationale.

L’échelle INES comporte 7 niveaux. Les trois premiers niveaux (les plus bas) de 1 à 3, sont considérer comme des incidents. Les niveaux de 4 à 7 (le niveau le plus élevé) sont qualifiés d’accidents. A noter que l’AIEA classe sous l’échelle, à savoir au niveau 0, les événements qui n’ont aucune importance du point de vue de la sûreté.

Les niveaux prennent en compte trois types d’impacts à savoir :

  1. Les conséquences pour l’homme et l’environnement
    S’il y a des rejets radioactifs dans l’environnement, l’événement est classé entre les niveaux 4 et 7 en fonction des quantités de substances radioactives rejetées. En ce qui concerne l’exposition des personnes, l’événement est classé entre les niveaux 1 et 5 en fonction de la dose reçue par une ou plusieurs personnes et en fonction du nombre de personnes.
  2. Les conséquences pour l’installation
    Ce critère concerne les événements qui endommagent l’installation ou qui peuvent entraîner des conséquences pour les travailleurs au sein de l’installation. Ces événements, dont les conséquences restent négligeables à l’extérieur du site sont classés entre les niveaux 2 et 5.
  3. La dégradation de la défense en profondeur
    Les événements sont classés entre les niveaux 1 et 3. Et ce critère s’applique tant aux installations nucléaires qu’à l’utilisation de sources radioactives qu’au transport de matières radioactives.

Événements marquants classés sur l’échelle INES

Dans le monde

Deux événements sont classés au niveau 7. Il s’agit des catastrophes de Tchernobyl (Ukraine) en 1986 et de Fukushima (Japon) en 2011. À Tchernobyl, un essai incontrôlé a conduit à la destruction du réacteur et à la dispersion dans l’atmosphère du combustible. La contamination s’est étendue à toute l’Europe.

Tout savoir sur Tchernobyl.

A Fukushima (Japon), un séisme suivi d’un tsunami entraîne la fusion du cœur de 3 réacteurs et d’importants rejets radioactifs dans l’environnement.

Tout savoir sur Fukushima.

Le 28 mars 1979, à la centrale nucléaire de Three Mile Island en Pennsylvanie (Etats-Unis), une série de défaillances matérielles et humaines provoquaient la fusion partielle du cœur du réacteur nucléaire.

En savoir plus sur Three Mile Island

Et en Belgique

En 2006, un travailleur qui intervenait dans une installation de stérilisation par rayonnements ionisants chez Sterigenics à Fleurus, a été irradié par une source de cobalt 60. Cet accident a été classé au niveau 4.

En 2008, à l’Institut des Radioéléments de Fleurus, un rejet anormal d’iode 131 se produit par la cheminée de l’installation. Cet incident est classé au niveau 3 de l’échelle INES.

Le moindre écart, la moindre défaillance fait l’objet d’une déclaration d’événement auprès de l’AFCN qui valide aussi le niveau INES. L’AFCN peut en outre exiger un plan d’actions correctives pour éviter la « résurgence » de ce type d’événement. Tout événement classé à un niveau égal ou supérieur à 1 est communiqué sur le site de l’AFCN.

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