La radioactivité et la radioprotection
La radioactivité et la radioprotection

Qui est le plus exposé à la radioactivité ? Qui protège qui et comment ? Que se passe-t-il si on vit près d’une centrale ? Que faut-il savoir à propos des tablettes d’iode ? Voici quelques éléments de réponse concernant la radioactivité et la radioprotection, deux domaines où tout est strictement régi et rigoureusement mesuré.

Saviez-vous que nous sommes entourés de radioactivité naturelle ? Et que notre corps est lui-même radioactif ? Outre ce phénomène naturel, il existe également une radioactivité artificielle que l’on retrouve dans les applications médicales et industrielles utilisant la technologie nucléaire. La radioprotection, en plus de nous protéger des rayonnements naturels et artificiels, nous permet également de bénéficier du progrès.

La radioactivité, en quelques mots

La radioactivité, c’est naturel

La radioactivité est un phénomène naturel. Elle résulte de la modification spontanée de certains atomes qui dégagent un trop plein d’énergie sous forme de rayonnements dits ionisants. La radioactivité naturelle se trouve principalement dans le sol et dans les rayons cosmiques en provenance du soleil. Ainsi, nous entrons en contact avec la radioactivité naturelle lorsque nous respirons et mangeons.

Quand la radioactivité est artificielle

Pour les besoins de la médecine et de l’industrie, l’homme a créé la radioactivité artificielle. On pense notamment à l’imagerie médicale, mais également à la combustion de charbon ou à l’utilisation d’engrais phosphatés qui en produisent beaucoup. La production nucléaire d’électricité, quant à elle, représente une part infime de la radioactivité artificielle.

Un dosimètre est un instrument de mesure destiné à mesurer la dose radioactive reçu par une personne.

La première mesure de protection ? Mesurer.

La toute première protection contre la radioactivité, c’est de la mesurer, comme nous le verrons en détail plus loin. Pour assurer une protection ciblée, deux limites pour la dose annuelle de radioactivité ont été fixées :

  • La limite pour la population belge (à l’exception du rayonnement naturel et des effets de l’imagerie médicale en tant que patient) est de 1 millisievert  par an
  • La limite pour les personnes exposées dans le cadre de leur travail est de 20 millisieverts par an.

Comment identifier et mesurer la radioactivité

La radioactivité est facile à détecter et à mesurer. Qu’elle soit naturelle ou artificielle, ses caractéristiques et ses effets sont comparables. 

En Belgique, la surveillance radiologique du territoire est assurée 24 h sur 24 grâce au réseau de mesure automatique TELERAD. Des prélèvements et des analyses d’échantillons viennent compléter ces données. Cette double approche permet aux spécialistes de mesurer la radioactivité naturelle et artificielle de l’air, des eaux de pluie, des eaux souterraines et de l’eau potable, du fond et des sédiments de rivière, du littoral et enfin, des produits de la chaîne alimentaire (produits laitiers, viande, légumes,…).

Belgique : un taux de radioactivité plus que rassurant

Dans notre pays, l’exposition moyenne aux rayons ionisants est d’environ 5 millisieverts par an. 55% des rayonnement sont dus à la radioactivité naturelle et 45% aux applications médicales. L’influence des applications industrielles est infime. Elle est inférieure à 1/5000ième du total. Les centrales nucléaires belges ont donc un impact quasi inexistant sur la population et l’environnement.

Le taux de radioactivité naturelle est bas dans notre pays et n’est pas plus élevé à proximité d’une centrale nucléaire.

Habiter près d’une centrale nucléaire ?

Les gens qui habitent à proximité d’une centrale nucléaire sont généralement mieux informés. Ils savent qu’une centrale nucléaire n’émet pas de radioactivité. Le confinement est assuré par cinq puissantes barrières de sécurité et les centrales belges sont parmi les plus robustes d’Europe. Le réseau de mesure TELERAD confirme d’ailleurs que le taux de radioactivité n’est aucunement plus élevé à proximité de nos centrales.

Qui protège qui ? Et de quoi ?

L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFNC) se charge d’une protection active et efficace pour la population, les travailleurs et l’environnement. Ses contrôles et ses actions concernent tant la radioactivité naturelle qu’artificielle, dans de nombreuses situations. L’objectif de la radioprotection est bien évidemment de supprimer ou de diminuer au maximum les risques liés aux rayonnements ionisations.

Dans les bâtiments et les habitations : attention au radon

Pour une grande partie de la population, c’est principalement le radon dans les habitations qui influence la dose annuelle de radioactivité. Le radon est un gaz naturellement radioactif qui, en cas de forte exposition, peut avoir des effets néfastes sur la santé.
Comme le radon pénètre les bâtiments par le sol, le risque est déterminé par la composition et la structure des sous-sols. Il n’est donc pas le même partout en Belgique. 

Le radon est davantage présent dans les zones où les couches de couverture meubles sont généralement minces, parce que les roches contenant du radon sont plus proches de la surface. Ces zones se situent surtout au sud du sillon Sambre et Meuse, dans les arrondissements de Verviers, Bastogne, Neufchâteau, Dinant et Marche. 

L’AFNC organise des actions de sensibilisation locales, effectue des mesures et propose un suivi dans les bâtiments et les habitations. Renouveler régulièrement l’air à l’intérieur de l’habitation est une première mesure simple et efficace. Ensuite, il faut veiller à assurer l’étanchéité du bâtiment contre les entrées de radon. Si vous souhaitez faire le ‘test radon’ ou obtenir d’autres informations, rendez-vous sur le site de l’AFCN.

Dans le ciel, la médecine et l'industrie

Dans le ciel, tout près des rayons cosmiques

Le rayonnement cosmique émet de la radioactivité naturelle. C’est pourquoi l’AFCN accorde une attention particulière à la radioprotection des pilotes et du personnel navigant. Les mesures concernent les équipages aériens qui volent pour de longues durées et à des hautes altitudes. 

Êtes-vous exposé lorsque vous prenez l’avion pour partir en vacances ? Non, vous pouvez décoller l’esprit libre : il faut voyager pendant au moins une centaine d'heures en avion pour s'approcher de la dose de 1 mSv/an.

Dans les diagnostics et les traitements médicaux

En moyenne, la moitié de la dose totale de rayonnements au cours de la vie d’un belge, provient des examens médicaux. Mais bien sûr, l’imagerie médicale et la médecine nucléaire sont précieuses et indispensables. 

Avant de prescrire des examens et des traitements, les médecins évaluent les bénéfices et les inconvénients. Les doses appliquées sont communiquées à l’AFCN. Le Ministère de la Santé publique a en outre établi des recommandations pour un usage responsable des techniques d’imagerie médicale.

Dans les activités industrielles et les centrales nuclaires

Énergie nucléaire, recherche, soins médicaux, contrôles dans les aéroports et bien d’autres activités professionnelles encore : des milliers de personnes travaillent quotidiennement avec les applications de la technologie nucléaire en Belgique.  Des règles très strictes sont appliquées pour protéger ces travailleurs. L’objectif est clair : limiter au maximum les doses et veiller à ce que les limites tolérées ne soient jamais dépassées

Doel et Tihange ont volontairement fixé les doses individuelles à la moitié des doses légalement admises, à savoir 10 millisieverts au lieu de 20 millisieverts par an. Dans la pratique, la dose moyenne de radioactivité annuelle à laquelle le personnel de Doel et de Tihange est exposée est de 1 millisievert, ce qui correspond à la dose annuelle maximale de la population.

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