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Coût de l'électricité
Coût de l'électricité

Et si les prix de l’électricité s’envolaient après 2025 ?

Selon les prévisions des experts, le coût de l’énergie est appelé à augmenter. Pour notre pays, calculs, études* et différents scénarios convergent : en cas de sortie du nucléaire, le prix de l’électricité augmentera.

L’électricité, plus chère sans l’énergie nucléaire

Le Pacte énergétique prévoit un développement massif d’énergies renouvelables. Mais dans le scénario d’une sortie du nucléaire,  il y aurait également un recours important au gaz naturel. De nombreux facteurs comme la construction de nouvelles centrales au gaz et des importations plus importantes se répercuteraient sur notre facture d’électricité

Les études* le confirment : en prolongeant les centrales nucléaires belges au-delà de 2025, le prix de l’électricité sera moins élevé qu’en cas de sortie nucléaire. Voyons pourquoi.

2018

Aujourd’hui, en 2018, votre facture d’électricité comprend 3 parties : le coût de l'énergie, les taxes et les frais de réseau. Ce sont les trois facteurs qui déterminent le montant de votre facture.

Comment expliquer le prix de l’électricité en Belgique ?

Votre facture d’électricité ne comprend pas uniquement le coût de l’énergie. Celui-ci ne représente que 20,85% de la facture. Et le reste ? 49,34% partent en prélèvements et en taxes, tandis que 29,81% couvrent les frais de réseau (notamment les frais de transport, de distribution, de gestion et des installations).

D’autre part, notre pays ne possède évidemment pas de réserves de gaz et est en partie dépendant des importations et des prix fluctuants du gaz et de l’électricité. Pour que les prix restent stables, nous avons donc tout intérêt à ne pas augmenter la part de notre électricité importée, mais au contraire, à la diminuer. Le prix du gaz également, peut être très fluctuant en fonction de la situation géopolitique. La production d’uranium est nettement plus stable et moins sensible à la géopolitique.

2025

Maintenir l’énergie nucléaire pour contenir les coûts

Le Bureau fédéral du Plan a démontré* que le maintien de l’énergie nucléaire au-delà de 2025 permettrait de réduire les prix de l’électricité sur le marché de gros. 

Le maintien d’une capacité nucléaire de 2,5 gigawatts aurait, toujours selon cette analyse, un effet positif indéniable sur le prix de l’électricité qui se situerait dès lors autour des 10 €/mégawattheure.

2030

En considérant tous les paramètres que nous allons détailler ci-dessous, la sortie du nucléaire en 2025 provoquerait une augmentation de 62% du prix de l’électricité d’ici 2030 *.

En cas de sortie du nucléaire…
… le coût de production de l’électricité augmenterait

Le Bureau fédéral du Plan a évalué* l’impact de la gestion énergétique sur les coûts de production de l’électricité : ils passeraient de 63,8 €/ MWh en 2010 à 108 €/MWh en 2030.

… la taxe carbone serait plus élevée

En cas d’une sortie complète du nucléaire, pratiquement toutes les études* partent du principe qu’une importante part de la capacité de production serait compensée par les centrales au gaz. Celles-ci, émettant plus de CO2augmenteraient également la taxe carbone et donc le prix de l'électricité en général.

Le Bureau fédéral du Plan* a chiffré que la taxe carbone grimperait jusqu’à 33,5 €/tonne de CO2 en 2030. L’étude ELIA* table, quant à elle, sur une augmentation encore plus importante :  jusqu’à 90 €/tonne de CO2 d’ici 2030 en cas d’arrêt complet des centrales nucléaires.

… le prix du gaz naturel grimperait

Une sortie du nucléaire s’accompagnerait aussi d’une augmentation du prix des combustibles, notamment due à l’augmentation du prix du gaz naturel. 

Dans son analyse*, EnergyVille estime que le coût des combustibles fossiles augmenterait de 120% d’ici 2030 en comparaison de 2020. Les calculs d’ELIA* vont dans le même sens : le prix du gaz naturel passerait de 15€/MWh en 2016 à 32€/MWh en 2030. De même, ils annoncent une hausse du prix de gros de l’électricité : de 43 €/MWh entre 2012 et 2016 à 70 à 74 €/MWh en 2030.

… les investissements pour remplacer le nucléaire seraient énormes

L’Institut Itinera a chiffré* ce que coûterait la sortie du nucléaire ainsi que son remplacement par de nouvelles installations. D’ici 2030, la capacité nucléaire actuelle serait compensée par la construction de 24 à 28 centrales au gaz (CCGT) et de 7 à 9 centrales biomasse. Afin de garantir notre sécurité d’approvisionnement sans énergie nucléaire, et de conserver une réserve stratégique de 5% d’ici 2025, il faudrait 11 à 13 milliards d’investissement d’ici à 2030.

Dans un scénario* basé sur une sortie complète du nucléaire, le Bureau fédéral du Plan a estimé les investissements entre 2010 et 2030 à 36 milliards pour compenser la perte de la capacité nucléaire

… notre déficit commercial serait plus important

La sortie du nucléaire entraînerait une augmentation de notre déficit commercial. Ceci est inévitable étant donné l’augmentation du prix des matières premières ainsi que de l’importation d’électricité.

Trois études* confirment cette augmentation. Les conclusions d’EnergyVille* annoncent un coût d’importation de 300 millions en 2020 et de 900 millions en 2030. ELIA* a calculé que le déficit commercial augmenterait de 3,7 €/MWh sans la capacité nucléaire. Enfin, le Bureau fédéral du Plan* a démontré en 2018 que seul le maintien d’une capacité nucléaire de 2 GW permettrait de réduire notre déficit.

Avec le maintien du nucléaire : une économie possible de 230 millions par an

Toujours selon ELIA*, une prolongation, pendant 10 ans, de 2 GW d’énergie nucléaire permettrait de réduire les investissements de 230 millions par an.

Si nous voulons prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, des plans d'action ont été établis. Ces plans sont axés sur les investissements et les mesures nécessaires à la prolongation de nos centrales. Ces plans d’action et investissements relèvent de la compétence de l’exploitant des centrales nucléaires de Doel et Tihange.

2050

Le coût de production de l’électricité pourrait presque… doubler

Le prix de l’électricité et la compétitivité économique de notre pays sont directement influencés par le fait d’être indépendant -ou non- des importations et par une production à base de combustibles fossiles. C’est ce qui ressort clairement de l’étude de PwC *. En sortant du nucléaire, ces deux facteurs impacteront nécessairement le prix de l’électricité à la hausse.

D’ici 2050, estime le Bureau fédéral du Plan*, d’importants investissements seront nécessaires en remplacement de la production et des investissements nucléaires. Ceci afin de satisfaire aux conditions du “paquet climat/énergie 2020” établi par le Bureau fédéral du Plan. 

L’impact de ces investissements sur les coûts de production aussi sera considérable : une augmentation de 63,8 €/MWh en 2010 à 100,2 €/MWh en 2050. Dans le cas d’un scénario alternatif encore plus ambitieux, en ligne avec les objectifs sur les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et 2050, les coûts de production seraient encore plus élevés : ils passeraient de 108,5€/MWh en 2030 et à 119.0€/MWh en 2050. En d’autres termes, le coût de production de l’électricité pourrait presque doubler entre 2018 et 2050 en cas de sortie nucléaire, toujours selon le Bureau fédéral du Plan*.

D'où viennent ces infos ?

La transition énergétique est un défi pour notre société. Elle a des impacts à différents niveaux, comme nous le voyons dans la ligne du temps et dans les critères importants de la transition énergétique. Partant d’études récentes et reconnues, de nombreuses questions se posent lorsque nous pensons à l’avenir, après 2025.

En se basant sur ces études, le Forum Nucléaire belge a interprété et analysé l’impact possible d’une sortie du nucléaire. Les chiffres, analyses et informations sont entièrement basés sur des études récentes externes et reconnues. (Voir la liste ci-dessous des sources et études, la liste n’est pas exhaustive.)

* Les différentes études et analyses consultées :

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