Il y a eu une erreur, réessayez plus tard.

Restez informé grâce à notre newsletter ?

Le maintien en exploitation à plus long terme des centrales nucléaires
Le maintien en exploitation à plus long terme des centrales nucléaires

Le maintien en exploitation à plus long terme des centrales nucléaires est possible

Les centrales nucléaires peuvent être maintenues en activité au-delà des 40 ans initialement envisagés. C’est ce qui a été décidé en Belgique, à l’instar de nombreux autres pays (Suisse, Pays-Bas, États-Unis) qui ont décidé de poursuivre l’exploitation de leurs centrales nucléaires. Quels sont les principaux arguments en faveur de leur exploitation à plus long terme ?

Les centrales nucléaires n'ont pas de date de fin technique

Les centrales électriques n’ont pas de durée d’exploitation fixe, déterminée à l’avance. Conçues au départ pour fonctionner sans encombre pour une durée minimum, les centrales peuvent à tout moment voir leur durée d’exploitation augmentée (pour autant qu’elles répondent aux critères de sûreté). 

Sur les 448 réacteurs actuellement en exploitation dans le monde, plus de 75, soit une capacité de 38 730 MW, ont atteint l’âge de 41 ans ou plus. En Belgique, la loi détermine la date de sortie des centrales nucléaires. Ces dernières peuvent toutefois continuer à fonctionner à condition que les investissements nécessaires soient opérés.

Âge des réacteurs nucléaires dans le monde (source : AIEA, chiffres du 24 octobre 2017).

L'exploitation à long terme : 60 ans est la norme internationale, 80 ans : la tendance répandue

Les Pays-Bas ont décidé d’exploiter leur centrale nucléaire de Borssele, située à la frontière belge, sur une période de 60 ans (20 ans d’exploitation additionnelle en cours, du 18 mars 2013 au 31 décembre 2033). La Suisse a elle aussi décidé de maintenir ses centrales nucléaires en activité vingt ans de plus. Les États-Unis ont même l’intention de poursuivre l’exploitation de plusieurs centrales nucléaires jusqu’à 80 ans. Autrement dit, il n’y a absolument aucune raison technique ou sécuritaire qui justifie la fermeture de nos centrales nucléaires au-delà de 40 ans d’exploitation. Dans aucun de ces pays, il n’y a eu d’opposition ou de réaction populaire pour contester la décision prise.

Parmi les 448 réacteurs actuellement exploités dans le monde, 63 ont atteint l’âge de 40 ans ou plus. Dans le monde entier, il est courant que des centrales nucléaires voient leur durée d’exploitation prolongée jusqu’à 60 ans, voire plus. La Commission européenne prévoit que d’ici 2035, plus de la moitié de toutes les centrales nucléaires d’Europe (soit une puissance d’environ 60 GW) s’inscriront dans une stratégie d’exploitation à long terme.

Exploitation à long terme et sûreté : une histoire internationale

La poursuite de l’exploitation a une portée internationale puisque, outre le contrôle opéré par l’Agence féderale du contrôle nucléaire (AFCN), un contrôle supplémentaire est assuré par l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à la demande du gouvernement belge et de l’AFCN. Dans le cadre de la mission d’expertise « SALTO » (SALTO : Safety Aspects of Long Term Operation), les centrales nucléaires de Doel et Tihange ont reçu la visite de plusieurs inspecteurs de l’AIEA. Concrètement, ils ont procédé à une évaluation de la gestion des ressources humaines et des connaissances, de la gestion du vieillissement des composants électriques, de l’organisation interne et de la gestion des modifications.

Évolution prévue de l’énergie nucléaire en Europe d’ici 2050.(source : Commissin européenne, PINC 2016).

Maintien en exploitation à long terme en Belgique : une option qui a fait ses preuves

Décider de poursuivre l’exploitation de certaines unités nucléaires n’est pas une nouveauté en Belgique. Par le passé, les gouvernements Di Rupo 1 et Michel 1 ont respectivement décidé de poursuivre l’exploitation de Tihange 1 et Doel 1 et 2. La poursuite de l’exploitation après 2025 ne sera donc pas une nouveauté dans notre pays. Entre-temps, l’opérateur a intégré le concept de LTO et a consenti les investissements nécessaires, ces dernières années, pour permettre une éventuelle prolongation de dix ans de l’exploitation des réacteurs de Tihange 1 et de Doel 1 et 2 dans le respect de toutes les normes de sûreté. 

Outre les 600 millions d’euros alloués à la poursuite de l’exploitation de Tihange 1, l’opérateur a investi quelque 700 millions d’euros afin de soutenir la prolongation de Doel 1 et Doel 2. La plus grande partie de cette somme est dévolue aux adaptations et renouvellements (notamment des turbines et de transformateurs les plus importants). Par ailleurs, de nouveaux collaborateurs sont engagés et formés, afin de garantir l’exploitation sécurisée de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1.

L'exploitation à long terme : une décision politique

Poursuivre l’exploitation des centrales nucléaires après 40 ans est un choix politique et non une nécessité technique. Car les réacteurs de Doel et Tihange ne sont plus tout-à-fait les même réacteurs qu’il y a 40 ans : les outils ont évolué avec le temps. Au fil des ans, ils ont en effet été actualisés et modernisés de manière permanente. Ils satisfont d’ailleurs aux normes actuelles les plus strictes. La poursuite de l’exploitation au-delà de 40 ans est loin d’être une exception. De nombreux autres pays l’ont décidé (Pays-Bas, Suisse, Etats-Unis, ….).

Avis des pays voisins

Les Pays-Bas, l’Allemagne et le Grand-duché de Luxembourg souhaitent avoir leur mot à dire dans les décisions portant sur la poursuite de l’exploitation des centrales nucléaires belges. Dans une Europe aux frontières ouvertes, cette demande est compréhensible, mais les modalités d’exploitation des centrales nucléaires belges sont établies par la voie légale, conformément à la législation belge, qui prévaut en l’occurrence. C’est également le cas des étapes à suivre pour mettre en oeuvre la poursuite de l’exploitation au-delà de 40 ans. Il est prévu que les pays voisins puissent toutefois donner leur avis, via l’AFCN, pour les réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3.

La situation inverse existe également : aux Pays-Bas, la centrale nucléaire de Borssele par exemple a reçu il y a peu l’autorisation de poursuivre l’exploitation de 20 ans. Ces dernières années, des inspections « croisées » ont été menées dans notre pays. Lors de ce
type d’inspection, les porte-parole du régulateur nucléaire d’un pays suivent l’inspection d’une centrale nucléaire dans un pays voisin. La première inspection de ce type chez nous impliquait des inspecteurs de l’Agence fédérale du contrôle nucléaire (AFCN) et de son homologue néerlandais, l’Autorité de la sécurité nucléaire et de la protection contre les radiations (ANVS), en présence de plusieurs ministres belges et néerlandais, du gouverneur de Flandre orientale et des directeurs des organismes de régulation nucléaires. Le ministre belge Jambon ainsi que son homologue néerlandais Schultz ont déclaré avoir confiance en la sûreté de nos centrales nucléaires.

Nécessité de décider rapidement

Si la Belgique souhaite maintenir tout ou partie de ses réacteurs nucléaires en activité au-delà de 2025, cette décision ne peut être reportée indéfiniment. En fonction de l’issue choisie (fermeture ou maintien en activité), l’opérateur devra, dans les mois à venir, se préparer en vue de procéder soit à la fermeture soit à la poursuite des activités, et ce en garantissant une sûreté maximale.

C’est pourquoi la décision quant à une éventuelle exploitation à plus long terme des activités d’un ou plusieurs réacteurs doit être prise rapidement. Sans une telle décision prochaine, l’option résiduelle s’imposera : il sera alors trop tard pour étendre la durée d’exploitation des réacteurs.

Mots-clés associés à l'article

Êtes-vous aussi intéressé par…

Forum nucléaire : qui sommes-nous ?

Le Forum Nucléaire belge regroupe la plupart des sociétés et organismes actifs dans le domaine des applications du nucléaire. Le Forum Nucléaire est un portail d’information de référence sur la technologie nucléaire, tant à l’égard de la presse et du monde politique qu’à l’égard du grand public. En savoir plus