Le démantèlement des centrales nucléaires
Le démantèlement des centrales nucléaires

Le démantèlement des centrales nucléaires

Le démantèlement est pris en compte dès le stade de conception de la centrale, tant du point de vue technique que financier. Le démantèlement s'effectue suite à l’arrêt définitif d’une installation nucléaire. L'objectif est d'évacuer toutes les substances radioactives de l’installation et de remettre le lieu d’implantation dans son état initial. Ce processus comprend à la fois des opérations techniques et des procédures administratives codifiées très strictes.

Des centaines d’installations nucléaires ont déjà été mises à l’arrêt à travers le monde avec succès ou sont actuellement dans un processus de démantèlement. En Belgique, plusieurs installations nucléaires ont déjà été complètement démantelées et les déchets finaux pris en charge en toute sûreté. Au cours des prochaines décennies, d’autres installations cesseront à leur tour leur activité et devront à terme être complétement démantelées.

La sureté, une priorité absolue.

La sureté, une priorité absolue

L’objectif fondamental de la sûreté est d’assurer le confinement de la radioactivité et la protection des travailleurs et des populations pendant toutes les opérations liées à l’arrêt définitif et au démantèlement des installations nucléaires.

Les principales opérations techniques sont le démontage des équipements, l’assainissement des locaux et des sols, la démolition des structures de génie civil, le traitement, le conditionnement et l’évacuation des déchets qu’ils soient radioactifs ou non. Ici, l’exploitant doit respecter les prescriptions réglementaires nationales et internationales.

En Belgique, celles-ci sont émises pour la Belgique par l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) et au niveau international par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et par l’Association de responsables d’Autorités de sûreté nucléaire des pays de l’Europe de l’Ouest (WENRA). La Belgique a adapté sa réglementation afin de la mettre en conformité avec les niveaux de référence de la WENRA (Western European Nuclear Regulators’Association) en matière de démantèlement. Outre ses contrôles permanents et réguliers, l’AFCN instaure également des révisions périodiques de sûreté pour les grands chantiers de démantèlement (centrales nucléaires par exemple).

Tout comme pour les centrales en fonctionnement, l’exploitant procède une fois tous les 10 ans à une révision périodique de sûreté de son installation en cours de démantèlement.

Un exemple

Le démantèlement de la centrale allemande de Stade (réacteur à eau pressurisée de 640 MW) touche à sa fin. 97% des déchets peuvent être considérés comme déchets conventionnels et un peu moins de 3 % du volume total sont considérés comme déchets radioactifs. Parmi ceux-ci, la grande majorité consiste en des déchets de très faible activité, une partie de faible et moyenne activités à vie courte et une infime partie de faible et moyenne activités à vie longue. (Source E.ON).

Qui paie pour le démantèlement ?

Des règlementations internationales et nationales imposent aux propriétaires d’installations nucléaires de constituer des réserves financières pour assurer, le moment venu, le financement des coûts de démantèlement, de la gestion des déchets associés et de la réhabilitation des sites.

Concernant le démantèlement des réacteurs nucléaires pour la production d’électricité, une loi confie à SYNATOM depuis 2003, la responsabilité de la constitution des provisions financières à charge des propriétaires des différentes unités. Une Commission des provisions nucléaires assure le contrôle des autorités sur l’existence, la suffisance et la disponibilité des provisions.

Les dépenses futures liées au démantèlement sont revues régulièrement en tenant compte des données économiques du moment, des avancées technologiques et de l’évolution de la réglementation.

Les techniques de décontamination permettent une diminution considérable des volumes de déchets radioactifs.

Les déchets après démantèlement

Une grande partie des déchets issus des opérations de démantèlement sont des matériaux qui peuvent être libérés sans contrôle radiologique. Ils peuvent donc être réutilisés, recyclés ou encore stockés en tant que déchets classiques. Il s’agit principalement des déchets générés par le démantèlement de la partie non nucléaire des installations.

Pour la partie nucléaire, l’expérience confirme que les techniques de décontamination permettent une diminution considérable des volumes de déchets radioactifs issus du démantèlement. Une fois l’absence de contamination démontrée, les composants, les bâtiments et les déchets de démolition sont libérés de toute surveillance nucléaire.

Au final, il ne reste qu’un faible pourcentage de déchets à caractère radioactif.

L'approche belge.

​L'approche belge

Depuis 1991, toute installation nucléaire belge doit fait l’objet d’un plan de déclassement (aspects techniques et financiers). Ce plan est élaboré par l’exploitant selon les recommandations de l’Organisme National des Déchets Radioactifs et des Matières Fissiles Enrichies (ONDRAF) qui doit ensuite l’approuver.

Avant approbation, l’ONDRAF réalise une estimation indépendante concernant notamment le volume des matériaux qui seront enlevés, le volume et le type des déchets radioactifs qui en résulteront et enfin, les coûts.

Les volumes de déchets sont connus et inventoriés. L’ONDRAF tient à jour un répertoire des installations et des sites nucléaires, ainsi qu’un inventaire des substances radioactives. Ce dernier permet d’avoir une idée précise des volumes des trois catégories de déchets radioactifs d’ici 2075.

Les quantités de déchets radioactifs spécifiquement issues des opérations de démantèlement des installations les plus importantes sont évaluées sur la base d’inventaires physiques et radiologiques.

En savoir plus.

Une piscine de stockage intermédiaire

3 phases

Le Belgique privilégie le démantèlement immédiat par rapport au démantèlement différé ou au scellement. En juillet 2012, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire belge (AFCN) a publié une note conceptuelle consacrée à l’arrêt définitif et au démantèlement des établissements nucléaires. Basée sur un démantèlement immédiat, celle-ci définit trois phases successives, ainsi que toutes les démarches et les contrôles qui s'y rattachent.

La première phase concerne l’arrêt définitif et dure quelque 5 ans. Elle sert, entre autres, à vider la cuve du réacteur et différents circuits et à évacuer les assemblages de combustible présents dans la piscine de désactivation. Une fois cette étape réalisée, il ne reste plus qu’une infime quantité de radioactivité dans l’installation.

La deuxième phase est celle du démantèlement proprement dit. Elle s’étend sur une période plus longue de 10 à 20 ans. Elle comprend tant le démontage des bâtiments et équipements non nucléaires que le démontage de la partie nucléaire. Les composants et bâtiments sont décontaminés autant que possible afin de limiter au maximum le volume de déchets radioactifs.

La troisième phase est l'étape finale de démantèlement et aboutit à la levée du contrôle réglementaire et donc à la libération du site. La libération du site n'intervient que si la configuration finale est conforme et si aucune radioactivité, au-dessus des niveaux réglementaires, n’est présente sur le site. Dans le cas contraire, les autorités imposent des mesures de protection complémentaires ou émettent des restrictions à la réutilisation du site.

Des acteurs responsables

En Belgique, les exploitants d’installations nucléaires sont pleinement responsables sur les plans réglementaires, techniques et financiers de toutes les opérations liées au démantèlement et à la gestion des déchets notamment radioactifs qui en résultent.

L’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire et sa filiale Bel V poursuivent leurs missions de surveillance de la radioprotection, de sûreté et de sécurité nucléaires des installations lors des processus de démantèlement. 

L'ONDRAF se base sur les recommandations de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) pour définir la structure que doit respecter le plan de démantèlement obligatoire pour chaque établissement nucléaire.

L'arrêt de la production ne signifie pas l'arrêt des activités, ni de l'emploi, dans les centrales.

Emploi

Selon la législation actuelle, les centrales nucléaires devront arrêter de produire de l'électricité entre 2022 et 2025. Mais cela ne signifie pas l'arrêt des activités ni de l'emploi dans les centrales. Au contraire, à la fermeture d'une unité nucléaire, il faudra encore du personnel pour mener à bien les différentes opérations de démantèlement. Celles-ci  s'étendront sur 15 à 20 ans et offriront ainsi des emplois à des centaines de personnes.

Les provisions nucléaires sont les réserves constituées pour financer le démantèlement futur des centrales nucléaires.

Qui finance ?

Synatom, filiale d'Electrabel chargée de l'achat des matières fissiles pour les centrales nucléaires belges, est responsable depuis 2013 des provisions nucléaires. Les provisions nucléaires sont les réserves actuellement constituées pour financer la déconstruction future des centrales. Elles devraient logiquement suffire à couvrir les dépenses pour le démantèlement des centrales nucléaires belges. Dans le cas contraire, la loi prévoit que les exploitants des centrales nucléaires belges (Electrabel et EDF Luminus) paieront la différence. L'Etat belge ne contribue aucunement au démantèlement des centrales nucléaires.

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