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Qu’advient-il des déchets nucléaires belges ?
Qu’advient-il des déchets nucléaires belges ?

Qu’advient-il des déchets nucléaires belges ?

Depuis les balbutiements du développement de l’énergie nucléaire, la Belgique a joué un rôle de pionnier au sein de l’industrie nucléaire européenne. Découvrez le savoir-faire de la Belgique dans le traitement des déchets.

La Belgique : pionnière en matière d’innovation nucléaire

Depuis les balbutiements du développement de l’énergie nucléaire, la Belgique a joué un rôle de pionnier au sein de l’industrie nucléaire européenne. À preuve, en 1956 déjà, le Centre d’étude de l’énergie nucléaire (SCK•CEN) de Mol lançait le réacteur de recherche BR1. Le tout premier d’Europe !

Au fil des ans, les scientifiques émérites du SCK•CEN, qui jouit aujourd’hui d’une renommée internationale, ont créé d’innombrables innovations qui ont contribué à bâtir une large industrie nucléaire en Belgique. Ensuite, sur le site de l’actuelle Belgoprocess, on a assisté avec EUROCHEMIC à la construction d’installations de traitement des matières fissiles uniques en Europe. La Belgique est également à l’origine du développement du premier combustible recyclé (MOX), fabriqué à l’échelle industrielle par Belgonucléaire. 

Toutes ces évolutions nucléaires de premier plan ont entraîné la production de différents types de déchets nucléaires. Qu’à cela ne tienne, la Belgique a à nouveau saisi la chance qui s’offrait à elle de jouer un rôle prépondérant dans le traitement des déchets, en développant des méthodes destinées à réduire les quantités de déchets nucléaires et d’en assurer le stockage provisoire et la mise en dépôt final, en toute sécurité et sans danger pour la société.

Le stockage à sec à la centrale nucléaire à Doel (photo : ENGIE Electrabel).

Le traitement des déchets nucléaires belges

En raison de sa riche tradition nucléaire, la Belgique se retrouve confrontée à différents types de déchets. Chacun de ces types de déchets requiert l’application d’un processus de traitement et de stockage qui lui est propre. Sur son site de Dessel, Belgoprocess s’occupe de traiter avec efficacité et en toute sûreté les déchets nucléaires produits par l’ensemble du secteur nucléaire belge – qu’il s’agisse de l’exploitation des centrales nucléaires ou des secteurs médical et technologique − avant de procéder à leur stockage. Cela étant, les opérateurs des centrales nucléaires disposent eux-mêmes de systèmes de traitement pour le « conditionnement » des déchets nucléaires. 

Par « conditionnement », on entend le fait d’immobiliser la radioactivité de façon à l’empêcher de s’échapper des colis de déchets. 

Des installations de haute technologie pour le traitement de différents types de déchets nucléaires.

Nos déchets nucléaires sont stockés en plusieurs catégories selon leur niveau de radioactivité : A, B et C. Les déchets nucléaires se présentent en effet sous différentes formes et doivent dans un premier temps être « conditionnés » pour être stockés en toute sûreté.

Les déchets peuvent être solides ou liquides, combustibles ou non combustibles, compactables ou non compactables, etc. Chaque catégorie de déchets requiert un traitement spécifique avant de permettre un stockage sûr. Belgoprocess dispose à cet égard de diverses installations de haute technologie sur son site pour trier et traiter les déchets nucléaires en toute sûreté.

Les incinérateurs se chargent de traiter les déchets combustibles solides faiblement radioactifs : équipements de protection, papier, filtres, boîtes, etc. Une fois l’incinération terminée, les cendres sont compactées et cimentées et il ne reste plus qu’une quantité infime de déchets de faible activité. Et grâce à une purification minutieuse des gaz de combustion, le processus d’incinération ne libère aucune radioactivité dans l’environnement.

Un colis de déchets sorti du supercompacteur. Ce dernier possède une force de compactage de 2000 tonnes ! (source : Belgoprocess)

Les déchets solides non combustibles sont rassemblés dans des fûts en acier et compactés à très haute pression dans le supercompacteur présent sur le site de Belgoprocess. S’agissant des déchets non combustibles et non compactables, ils sont découpés et rassemblés dans des fûts, également appelés « colis ». Un autre système polyvalent s’occupe du conditionnement des déchets radioactifs de faible, moyenne et haute activité. Il traite de surcroît les déchets nucléaires historiques non conventionnels.

Les travaux sur le site à Dessel (source : ONDRAF).

Le stockage définitif des déchets de faible activité.

Des travaux de construction préparatoires ont débuté pour le stockage en surface de nos déchets de faible radioactivité sur le site de Belgoprocess à Dessel

Le gouvernement fédéral a lancé des recherches afin de trouver une solution définitive pour la mise en dépôt des déchets de faible activité. Ces recherches approfondies ayant été menées, la conception du projet réalisée et la population consultée, on attend désormais la délivrance du permis pour la construction des installations de stockage. Les travaux pourront ensuite commencer. La mise en dépôt définitive démarra quant à elle en 2024.

Les déchets de faible activité

Le projet cAt apportera une solution pour les déchets de faible activité déjà présents sur le site de Belgoprocess, mais également pour les futurs déchets de même type qui seront générés, par exemple lors du démantèlement des centrales nucléaires actuelles. Le bâtiment de stockage devrait être entièrement rempli à l’horizon 2070. 

Les déchets de catégorie A restent radioactifs pendant environ 300 ans. Il s’agit d’une échelle de temps qui peut être gérée par l’homme (par opposition aux déchets de haute activité), ce qui explique pourquoi l’on a opté pour le stockage en surface contrôlé. Passée cette période de 300 ans, cette supervision nucléaire sera levée et les matières stockées ne seront plus considérées comme des déchets radioactifs.

Vous pouvez suivre l’avancement des travaux sur le site de Dessel sur le blog de l’ONDRAF : https://www.ondraf.be/blogdeconstruction

La sécurité, prioritaire dans le cadre du stockage définitif des déchets de faible activité.

Afin de garantir que les déchets de catégorie A ne puissent constituer aucun danger à long terme, la conception de l’installation a prévu l’intégration de plusieurs barrières. Le colis en tant que tel constitue la première. Ensuite, les colis sont placés par quatre dans un caisson en béton, lui-même rempli de mortier. L’ensemble forme un monolithe robuste faisant office de deuxième barrière. Avant d’être placé dans l’installation de stockage, chaque monolithe fait l’objet d’un contrôle minutieux.

De plus, l’installation de stockage se compose de plusieurs modules en béton, qui sont fermés dès qu’ils sont remplis. Il s’agit de la troisième barrière de sécurité. Plus tard, tous les modules seront ensuite recouverts d’un toit fixe, qui sera lui-même recouvert d’une couverture naturelle, de façon à empêcher toute infiltration d’eau dans les modules. L’installation complète fait l’objet d’un contrôle permanent. Les monolithes défectueux peuvent ainsi être détectés et, au besoin, reconditionnés. La stabilité du bâtiment et la qualité des eaux souterraines sont elles aussi continuellement vérifiées.

Coupe de l’installation de stockage des déchets de catégorie A entièrement achevée. Les modules se fondent dans le paysage sous la forme de collines vertes.

La Belgique à la pointe de la recherche en matière de stockage des déchets nucléaires

Pour le moment, la majorité des déchets de haute activité sont stockés dans des bâtiments sur les sites des centrales nucléaires ou sur le site de Belgoprocess. 

La Belgique avait ouvert la voie en lançant des recherches dans le domaine du stockage en profondeur dans l’argile dès 1980, année qui correspond à la construction du laboratoire de recherche HADES sur le site du Centre d’étude de l’énergie nucléaire SCK•CEN à Mol. Cela fait donc déjà presque 40 ans que la Belgique réalise des recherches uniques sur le comportement de l’argile dans le cadre du stockage des déchets de haute activité.

Le laboratoire HADES se trouve à 230 mètres sous terre sur le site du SCK•CEN dans la couche d’argile de Boom, où elle atteint la surface du sol et est exploitée pour la production de briques.

Vu la très longue période pendant laquelle les déchets demeurent radioactifs, la plupart des pays ont opté pour le stockage souterrain à grande profondeur. Il s’avère impossible pour l’homme de garantir la sûreté des déchets nucléaires sur une telle échelle temporelle. Voilà pourquoi le stockage à grande profondeur nécessite de s’assurer que le sol présente une composition stable. Aussi, la couche dans laquelle les déchets seront stockés doit être insensible aux périodes glaciaires et située dans une région affichant une certaine stabilité sismique.
 
En Belgique, il convient dans un premier temps de laisser refroidir encore pendant quelques années les déchets de haute activité avant de pouvoir envisager une mise en dépôt définitive. S’agissant du choix de la technique et du lieu de stockage des futures installations, une décision sera prise dans les années à venir. Cette décision exige bien évidemment de faire preuve de prudence et nécessite d’obtenir un large soutien de la société.

La sûreté de nos déchets nucléaires situés en surface continue d’être renforcée.

La sûreté des déchets radioactifs stockés en Belgique fait en effet l’objet d’une évaluation permanente. Les bâtiments existants sont continuellement adaptés aux normes de sécurité les plus sévères lorsque cela s’avère nécessaire, et de nouveaux bâtiments de stockage sont en cours de construction sur les sites des centrales nucléaires de Doel et de Tihange ainsi que sur le site de Belgoprocess.

Des technologies innovantes permettent aussi d’améliorer le « conditionnement » des déchets et d’en réduire la quantité. 

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