Qu’en est-il de nos déchets nucléaires ?
Qu’en est-il de nos déchets nucléaires ?

Les déchets qui sont radioactifs sont appelés déchets nucléaires. Peu de gens savent précisément de quoi il s’agit. Et également ce qu’on en fait. Un petit résumé s’impose…

D’où proviennent les déchets nucléaires ?

Les déchets nucléaires ne sont pas tous générés par des centrales nucléaires. Les hôpitaux produisent également des déchets radioactifs. Les services de radiographie et de radiologie utilisent des substances radioactives pour établir des diagnostics et traiter certaines maladies (notamment le cancer). Les centres de recherche scientifique et les universités aussi produisent des déchets radioactifs pour effectuer leurs recherches. En réalité, les déchets radioactifs ne sont donc pas uniquement le fait du combustible nucléaire du réacteur nucléaire. Ils proviennent également (et même principalement) d’objets usuels tels que des aiguilles de seringues, des appareils, deséquipements de sécurité des centrales nucléaires, des vêtements de protection, … 

Quand peut-on parler de déchets nucléaires ?

Une substance est radioactive lorsqu’elle émet certains rayonnements. Il existe trois types de rayonnements radioactifs : les rayonnements alpha et bêta (qui se composent de particules) et les rayonnements gamma(composés d’ondes électromagnétiques). Pour arrêter les rayonnements alpha et bêta, il suffit respectivement d’une feuille de papier et d’une feuille d’aluminium. Des vêtements spéciaux suffisent à s’en protéger. Par contre, pour stopper les rayonnements gamma, il faut des parois épaisses de béton ou de plomb.

La gestion des déchets nucléaires

L’activité des matières radioactives diminue avec le temps. Cela peut prendre de quelques secondes à des millions d’années. Tout dépend des particules présentes dans les atomes.

Pour la gestion des déchets radioactifs à long terme, on répartit les déchets en trois catégories (A, B et C) selon deux critères : le niveau d’activité et la demi-vie.

Pour exprimer la durée de radioactivité d’une matière, on utilise la notion de ‘demi-vie’.

On parle de 'courte durée de vie' lorsque la radioactivité diminue de moitié sur 30 ans et moins. Lorsqu’il faut plus de 30 ans pour éliminer la moitié des rayonnements radioactifs, on classe les déchets nucléaires dans la catégorie des déchets 'à vie longue'. Les déchets nucléaires à vie courte sont traités et entreposés différemment des déchets nucléaires à vie longue.

La faible, moyenne ou haute radioactivité des déchets dépend de la quantité de radioactivité qui y est présente(c.à-d. l’intensité et le type de rayonnement). On parle ici de “niveau d’activité” des déchets.

Les types de déchets

Les déchets radioactifs sont différenciés en 3 catégories, en fonction de leur niveau d’activité et de leur durée de vie.

A. Vie courte et faible à moyenne activité (par exemple : matériel de protection, aiguilles de seringues, emballages, déchets de démantèlement de centrales nucléaires, déchets de centres de recherche et d'universités,…).

B. Vie longue et faible à moyenne activité (par exemple : fragments de centrales nucléaires démantelées, déchets de combustible nucléaire, de centres de recherche, d’universités, …).

C. Déchets de haute activité (combustibles nucléaires usés et les déchets vitrifiés issus de leur retraitement).

Source : NIRAS

Où se trouvent les déchets nucléaires ?

A. 80 % des déchets sont de courte durée de vie et de faible à moyenne activité (par exemple : matériel de protection, aiguilles de seringues, emballages, déchets de démantèlement de centrales nucléaires, déchets de centres de recherche et d'universités,…)

B. 19 % des déchets sont de longue durée de vie et de faible à moyenne activité (par exemple : fragments de centrales nucléaires démantelées, déchets de combustible nucléaire, de centres de recherche, d’universités, …)

C. 1 % des déchets sont de haute activité (combustibles nucléaires usés et les déchets vitrifiés issus de leur retraitement)

Les déchets sont stockés à Dessel (déchets radioactifs traités), Doel et Tihange (combustibles nucléaires usés).

De quelle quantité de déchets nucléaires parlons-nous ?

Le volume total de déchets nucléaires en Belgique représente 0,5 kg par personne et par an.

Parmi ces déchets, 1 % est hautement radioactif, ce qui équivaut à 5 grammes ou à 1 dé à coudre par Belge. Les déchets sont entreposés à Dessel (déchets radioactifs traités), à Doel et à Tihange (combustibles nucléaires usés).                         

Quantité totale de déchets nucléaires en Belgique en 100 ans :

L’entreposage des déchets radioactifs

L’ONDRAF, organisme national indépendant, est responsable de la gestion des déchets nucléaires en Belgique. Nous savons, au microgramme près, où se trouvent les déchets nucléaires.

Nous savons également que la gestion et l’inventaire se font dans des conditions de sûreté rigoureuses. Les déchets sont entreposés dans des bâtiments dédiés à Doel, Tihange et Dessel. Nos déchets nucléaires ne représentent donc pas de danger, ni pour la population, ni pour l’environnement.

Gestion en 5 étapes:

  

  1. Prévention, identification et tri : les producteurs (centrales nucléaires, centres de recherche, hôpital,…) identifient et trient les déchets.
  2. Réduction de volume : une réduction du volume des déchets est opérée, entre autres par compaction.
  3. Stabilisation et conditionnement : le résidu est ensuite enfermé dans un fût.
  4. Entreposage temporaire : Les fûts sont entreposés dans des bâtiments dédiés qui protègent la population et l’environnement des rayonnements. Cet entreposage temporaire est assuré sur le site de Belgoprocess.
  5. Gestion à long terme : on isole les déchets de la population et de l’environnement le temps qu’il faut pour que la radioactivité ait suffisamment diminué.

Les solutions pour les déchets nucléaires à long terme

Actuellement, nos déchets nucléaires font l’objet d’un entreposage temporaire. Les solutions existent et parmi celles-ci, le gouvernement doit encore opérer des choix.

Catégorie A : Les déchets seront probablement enfermés dans des fûts spéciaux. Ceux-ci sont, à leur tour, placés dans des caissons en béton, fermés par une couche de protection naturelle et synthétique. Les déchets sont donc déposés dans des modules à la surface de la terre.

Catégories B et C : Les déchets sont encapsulés avant d’être stockés dans une couche géologique profonde. Ils y sont disposés dans les couches d’argile qui assurent une isolation hermétique vis-à-vis de la population et de l’environnement. En Belgique, l’enfouissement aurait lieu à 200 m de profondeur dans l’argile de Boom ou les argiles yprésiennes. Ces couches d’argile sont stables depuis 300 millions d’années (malgré des tremblements de terre, par exemple). 

Les couches d’argile laissent passer peu d'eau, ce qui empêche les substances radioactives de passer dans les eaux souterraines. En outre, l'argile a la propriété de retenir les substances radioactives. Après très longtemps, lorsque les barrières artificielles disparaissent et que les matières radioactives peuvent se libérer de l'emballage, les propriétés de l'argile (en tant que barrière naturelle) feront en sorte que la radioactivité ne se propage que très lentement. Tant que l’irradiation est présente dans les déchets, la barrière naturelle reste protéger entièrement les êtres humains et l'environnement. Si les substances radioactives atteignent la surface de la terre, les caractéristiques nocives de la radioactivité auront alors disparu D’après les scientifiques, elles constituent une zone de dépôt parfaitement sûre pour des centaines de milliers d’années.

Plus d’infos sur le laboratoire souterrain HADES à Mol

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