Il y a eu une erreur, réessayez plus tard.

Restez informé grâce à notre newsletter ?

Qu’advient-il des déchets nucléaires belges ?
Qu’advient-il des déchets nucléaires belges ?

Un stockage sûr des déchets à court et à long terme

Depuis le développement de l'énergie nucléaire, la Belgique joue un rôle de pionnière dans l'industrie nucléaire européenne et donc aussi dans la gestion des déchets nucléaires. Tous les déchets nucléaires sont soigneusement identifiés, classés, gérés et traités en fonction de leur niveau d'activité et de la réduction de leur activité (courte ou longue durée). Le stockage est toujours effectué dans le but d'assurer la sécurité des générations futures.

Il existe plusieurs options pour la gestion à long terme des déchets. L'une d'entre elles est le stockage. La façon de procéder dépend du type de déchets. L'ONDRAF, l'Institut national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies, gère tous les déchets radioactifs actuels et futurs de notre pays en développant et en appliquant des solutions respectueuses de la société et de l'environnement. Les déchets nucléaires sont stockés en fonction de leur niveau de radioactivité dans différentes catégories : A, B et C (LINK). Dans notre pays, les déchets nucléaires sont actuellement stockés à l'état conditionné sur un certain nombre de sites très étroitement contrôlés dans le pays : le site de Belgoprocess à Dessel et les centrales nucléaires de Doel et de Tihange.

La sûreté des déchets radioactifs stockés en Belgique est évaluée et optimisée en permanence. Les bâtiments existants sont continuellement adaptés aux normes de sécurité les plus élevées lorsque cela est nécessaire. De nouveaux bâtiments de stockage sont également en construction sur les sites des centrales nucléaires de Doel et Tihange et sur le site de Belgoprocess. Grâce à des techniques innovantes, le conditionnement des déchets est constamment amélioré, avec également une réduction de la quantité.

À court terme

Dans le cas des déchets faiblement radioactifs, des travaux préparatoires sont actuellement en cours pour une opération de stockage en surface sur le site de Belgoprocess à Dessel. Le gouvernement fédéral a donné son feu vert à la recherche d'une solution définitive pour l'évacuation des déchets faiblement radioactifs (déchets de catégorie A ou Cat A en abrégé). Après des recherches approfondies, le développement du projet et la consultation de la population, le permis pour le stockage a été accordé et les travaux de construction ont commencé. Le stockage définitif débutera en 2024

Le site de stockage sera construit au sud-ouest de la commune de Dessel, sur un site de l'ONDRAF adjacent à la commune de Mol. Le site abritera une installation de stockage en surface des déchets belges de faible et moyenne activité à vie courte (déchets de catégorie A). Ces déchets sont actuellement stockés dans les bâtiments de stockage de Belgoprocess, la filiale industrielle de l'ONDRAF à Dessel. Ce stockage est sûr, mais n'offre pas de solution définitive. Les bâtiments de stockage finiront par être pleins, nécessiteront un entretien et auront une durée de vie limitée. Afin d'imposer aux générations futures une charge minimale en ce qui concerne le soin des déchets radioactifs, la Belgique a choisi de stocker définitivement les déchets. Un installation de stockage en surface constitue une solution finale adéquate pour les déchets de catégorie A. Dans une telle installation, des barrières successives isolent définitivement les déchets et confinent les substances

À long terme

Les scientifiques font actuellement des progrès importants dans la technologie nucléaire et la gestion des déchets. ONDRAF/NIRAS et SCK-CEN travaillent depuis plusieurs années sur la prochaine génération de solutions de stockage, par exemple dans le laboratoire souterrain HADES. Pionnière en 1980, la Belgique a déjà commencé la recherche sur le stockage en couches d'argile, avec la construction du laboratoire de recherche HADES sur le site du Centre belge de recherche nucléaire à Mol. Depuis près de 40 ans, des recherches uniques ont été menées sur le comportement de l'argile dans le stockage des déchets de haute activité. Le laboratoire est situé à environ 230 m sous terre sur le site SCK-CEN dans la couche d'argile de Boom. Le nom fait référence à la ville de Boom, où cette couche d'argile remonte à la surface et est exploitée pour la production de briques.

Le projet MYRRRHA du SCK-CEN vise à permettre le traitement des déchets nucléaires par transmutation, en réduisant le volume des déchets d'un facteur 100 et la radiotoxicité d'un facteur 1000. Outre le rôle que le MYRRRHA entend jouer dans la recherche pour réduire la demi-vie et la quantité de la plupart des déchets radiotoxiques, cette infrastructure contribuera également à l'approvisionnement continu en isotopes médicaux et à la production de silicium dopé, un composant clé pour les circuits électroniques des applications des énergies renouvelables et des voitures hybrides..

https://myrrha.be/

La Belgique doit encore choisir sa solution de stockage définitive.

Voici les meilleurs options à l'heure actuelle :

1. Stockage en surface de déchets de faible et moyenne activité à vie courte (catégorie A)

Les déchets à vie courte de faible et moyenne activité (catégorie A) contiennent peu de substances radioactives à vie longue. Ils peuvent donc être stockés en surface. Ces déchets vont être stockés en surface pendant 300 ans, sur le territoire de Dessel. L'ONDRAF prépare la construction de cette installation, qui devrait être opérationnelle d'ici 2023. L'installation de stockage en surface garantit que les déchets ne présentent aucun risque pour les personnes et l'environnement, ni aujourd'hui ni à l'avenir. Des barrières successives isolent les déchets et confinent les substances radioactives. De cette façon, les personnes et l'environnement ne peuvent pas entrer en contact avec elle..

Comment ça marche ?

Dans le cas du stockage en surface, les déchets de catégorie A sont éliminés en modules à la surface du sol. C'est une solution durable et à long terme qui enferme passivement les déchets et les sépare des personnes et de l'environnement. Le concept est déjà appliqué dans diverses régions du monde. Plusieurs barrières sont placées autour des déchets de catégorie A. Si l'une des barrières ne fonctionne pas aussi bien que prévu, l'autre assure le maintien de la sécurité. Et cela sur une longue période de temps : pendant les 300 ans de surveillance du stockage, mais aussi après et au-delà de la fermeture. La surveillance reste possible aussi longtemps que les générations futures le souhaitent.

  1. Étape 1 : les déchets sont traités et conditionnés dans des fûts métalliques.
  2. Étape 2 : les déchets sont placés dans des caissons en béton et encapsulés avec du mortier pour les immobiliser. Le tout forme un monolithe.
  3. Étape 3 : entreposage des monolithes dans les modules de stockage.

Le toit au-dessus des modules d'évacuation sera remplacé à terme par une toiture finale permanente. Ce système se compose de plusieurs couches qui protègent les déchets de l'infiltration d'eau, du creusement des animaux et de la croissance des plantes. Après l'installation de la toiture finale, seules deux collines vertes ou tumuli seront visibles dans le paysage.

2. Stockage géologique des déchets de haute activité et/ou à vie longue (catégories B & C)

La production d'énergie nucléaire et d'autres applications nucléaires génère des déchets de haute activité et/ou à vie longue. Ces déchets sont maintenant stockés en toute sécurité, mais il s'agit seulement d'une solution provisoire. La destination finale que notre pays souhaite donner à ces produits résiduels n'a pas encore été clarifiée. L'ONDRAF propose le stockage géologique comme solution à long terme pour les déchets nucléaires de haute activité et/ou à vie longue, mais la décision finale revient au gouvernement fédéral. Dans l'attente de cette décision, le secteur prend ses responsabilités et s'assure que les déchets sont maintenus à l'écart des humains et de l'environnement.

Dans le cas du stockage géologique, les déchets sont placés dans une couche stable profonde et souterraine, derrière toute une série de barrières artificielles et naturelles. Ensemble, les barrières naturelles et artificielles assurent la sécurité à long terme : elles isolent et confinent les déchets, et retardent ou ralentissent et diffusent le rejet de la radioactivité. Même lorsque les barrières artificielles (béton et métal) auront complètement disparues au fil des siècles (après plusieurs milliers d'années), la barrière naturelle continuera à assurer un stockage sûr, en prévision de la réduction naturelle et spontanée de la radiotoxicité.

Des pays comme la Suède, la Finlande, la France, la Suisse, les États-Unis et la Corée du Sud planifient ou construisent ces installations de stockage géologiques.

La plupart des pays optent pour un stockage souterrain en profondeur en raison de la longue période pendant laquelle les déchets restent radioactifs. Sur une échelle de temps aussi longue (jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'années), il est impossible pour l'homme de garantir la sécurité des déchets à la surface de la terre. Dans le cas d'un stockage en profondeur, il est nécessaire de garantir une composition stable du sol à une telle échelle temporelle. Cet endroit, par exemple, est insensible aux périodes glaciaires et devrait être choisi dans une zone sismique stable. En Belgique, les déchets de haute activité doivent encore être refroidis pendant quelques années avant qu'un stockage définitif puisse être mis en place. Une décision sera prise dans les années à venir sur le choix de la technologie de stockage et de l'emplacement de l'installation.

LE PROJET CAT-A À DESSEL

Le projet Cat A apportera une solution pour les déchets de faible activité déjà présents aujourd'hui sur le site de Belgoprocess, mais aussi aux futurs déchets de faible activité qui seront générés, par exemple lors du déclassement des centrales nucléaires actuelles. Le bâtiment de stockage devrait être entièrement rempli d'ici 2070. Les déchets de catégorie A sont radioactifs pendant environ 300 ans. Après cette période, la radioactivité se réduit spontanément à des niveaux si faibles que sa radiotoxicité a presque complètement disparu. Cette période (300 ans) est une échelle de temps gérable par l'homme (contrairement aux déchets hautement radioactifs), et c'est la raison pour laquelle on opte pour un stockage en surface avec contrôle. Après 300 ans, le contrôle nucléaire est aboli et les matières ne sont plus considérées comme des déchets radioactifs.

Sur ce blog de l'ONDRAF, vous pouvez suivre les travaux de construction sur le site de Dessel :
https://www.niras.be/bouwblog

La sécurité avant tout dans le stockage définitif des déchets de faible activité

Pour assurer la sécurité à long terme des déchets de catégorie A, plusieurs barrières sont intégrées dans la conception de l'installation. Le dispositif actuel constitue la première barrière. Quatre paquets sont ensuite placés dans une boîte en béton ou un caisson, qui est ensuite rempli de mortier. Cela crée un monolithe robuste, soit la deuxième barrière de sécurité. Chaque monolithe est soumis à une inspection approfondie avant d'être placé dans l'installation de stockage.

L'installation de stockage se compose de différents modules en béton, qui sont fermés lorsqu'ils sont pleins. C'est la troisième barrière. Sur tous les modules, il y aura un toit fixe, sur lequel il y aura une couverture naturelle. Ceci empêche également l'infiltration d'eau dans les modules. L'ensemble de l'installation est inspecté en permanence. Cela permet de détecter à temps les monolithes défectueux et de les reconditionner si nécessaire. La stabilité du bâtiment et la qualité des eaux souterraines sont également contrôlées en permanence..

Êtes-vous aussi intéressé par…

Forum nucléaire: qui sommes-nous ?

Le Forum Nucléaire belge regroupe la plupart des sociétés et organismes actifs dans le domaine des applications du nucléaire. Le Forum Nucléaire est un portail d’information de référence sur la technologie nucléaire, tant à l’égard de la presse et du monde politique qu’à l’égard du grand public. En savoir plus