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L'énergie nucléaire et le climat : un mix électrique bas-carbone
L'énergie nucléaire et le climat : un mix électrique bas-carbone

L'énergie nucléaire et le climat

L'énergie nucléaire produit environ 50 % de l'électricité belge, et ce, avec de très faibles émissions de CO₂. Il s'agit pour le moment de la source énergétique bas-carbone la plus importante dont nous disposons en Belgique. Si nous voulons atteindre nos objectifs climatiques, l'énergie nucléaire est un élément indispensable dans le mix électrique.

Réchauffement climatique : les faits

Le climat et la température sur Terre n'ont cessé d'évoluer au cours des derniers millénaires. Cependant, le réchauffement auquel on assiste depuis le milieu du XXe siècle est plus perceptible, pour deux raisons :

  • ce réchauffement est extrêmement rapide ;
  • il est très vraisemblablement la conséquence des activités humaines.

Au cours des 100 dernières années, la température moyenne a augmenté de 1,1 degré Celsius, principalement à cause de la hausse des émissions de CO₂ et d'autres éléments introduits dans l'atmosphère par les activités humaines.

La plus grande augmentation de température s'est produite ces 35 dernières années : 16 des 17 années les plus chaudes ont été enregistrées après 2001. 2017 a non seulement été l'année la plus chaude de tous les temps, mais 8 de ses 12 mois ont également battu des records de chaleur. Et la tendance devrait encore se poursuivre en 2019 : un record de chaleur pour le mois de février a récemment été enregistré à Uccle, avec 18,1 °C.

L'énergie nucléaire et la lutte contre le changement climatique.

Le climat requiert des efforts de la part du secteur de l'énergie

Le défi est de taille. Des efforts de la part de tous sont nécessaires pour contrer le changement climatique : restreindre les émissions pour le transport, isoler les bâtiments, réduire notre dépendance énergétique...

Le secteur de l'électricité joue en cela un rôle important, puisque la production d'électricité est la cause principale des émissions de CO₂. Le mix de sources d'énergie que nous allons choisir va donc déterminer si la Belgique atteindra ou non ses objectifs climatiques.

Émissions de gaz à effet de serre par secteur dans la zone de l’UE. 60 % des émissions proviennent du secteur énergétique (sans le transport) (source: Eurostat)

L'énergie nucléaire et l'accord de Paris

En 2015, les leaders mondiaux ont signé un accord contraignant lors de la Conférence de Paris sur les changements climatiques. Le défi ? Limiter l'augmentation moyenne de la température à 2 °C d'ici 2100.

Pour ce faire, nous devons fournir des efforts bien plus importants que ceux réalisés jusqu'à maintenant. 80 % de l'électricité mondiale devra ainsi être bas-carbone dans 35 ans (contre 30 % à l'heure actuelle). C'est ce qu'a déclaré le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'organisme des Nations Unies chargé des questions climatiques. Selon le rapport de la Commission européenne sur les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs climatiques fixés pour 2020, la Belgique ne parviendra pas à atteindre ceux qui lui ont été imposés.

L'énergie nucléaire joue un rôle clé afin d'encore pouvoir provoquer un revirement de situation positif. Le GIEC a étudié 1 200 scénarios énergétiques pour atteindre les objectifs climatiques et distingue 3 sources d'électricité bas-carbone :

  • les énergies renouvelables ;
  • l'énergie nucléaire ;
  • le captage-stockage de CO₂.

Parmi ces multiples scénarios, 8 seulement contribuent à une limitation de l'augmentation de la température à 2 °C sans recourir à l'énergie nucléaire. Autrement dit : l'énergie nucléaire fait partie de la solution dans 1 192 scénarios sur les 1 200 identifiés par le GIEC. Selon l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), l'énergie nucléaire est actuellement, avec l'énergie hydraulique, la plus grande source de production d'électricité pauvre en CO2.

La transition énergétique : supprimer les technologies fortement émettrices de CO₂

L'objectif de la transition énergétique belge est clair : parvenir à une production d'énergie faiblement carbonée par la suppression rapide des technologies fortement émettrices de CO₂. Les sources d'énergie renouvelables y contribuent grandement : le vent et le soleil produisent actuellement entre 10 à 15 % de notre électricité. Leur importance ne fera dès lors qu'augmenter durant les prochaines années.

Dans tous les autres scénarios (sans énergie nucléaire), les émissions de CO₂ ne vont pas diminuer, mais bel et bien augmenter. Ce qui va tout à fait à l'encontre de nos propres ambitions climatiques, de ce que la Commission européenne a imposé à notre pays et de ce que le reste de la planète attend de nous.

Les centrales nucléaires comme source d'électricité pauvre en CO₂

Les centrales nucléaires de Tihange et de Doel fournissent pour le moment 90 % de l'ensemble de l'électricité pauvre en CO2 en Belgique. Si nous fermons ces centrales nucléaires, nous perdrons donc l'un des instruments les plus importants dans la lutte contre le réchauffement climatique. Surtout si nous les remplaçons par des alternatives hautement émettrices de CO2.

Le graphique ci-dessous montre l'évolution attendue des émissions de CO2 générées par la production d'électricité en Belgique en cas d'une sortie du nucléaire en 2025. Après une diminution des émissions de CO2 entre 2005 et 2020, ces dernières repartiront à la hausse à partir de 2022.

Les énergies renouvelables n'apportent pas de garantie pour la constitution d'un mix électrique faiblement carboné. L'Allemagne en offre un exemple révélateur : malgré la décision de développer massivement les sources d'énergie renouvelables, les émissions de CO2 de l'Allemagne restent 10 fois supérieures à celles de la France. Et pour cause : les centrales au charbon et à la lignite ont pris la place de l'énergie nucléaire pour compenser les manques d'électricité qui résultent de l'intermittence du vent et du soleil.

  • En cas de sortie du nucléaire en 2025 (une capacité nucléaire de 1,8 GW), les émissions de gaz à effet de serre en Belgique seront 47 % plus élevées à l'horizon 2030 qu'en 2010 (une augmentation imputable principalement au remplacement des centrales nucléaires par des alternatives fossiles, étant donné que le développement massif des énergies renouvelables à partir de 2020 ne sera pas en mesure de compenser les émissions supplémentaires produites par les nouvelles centrales au gaz) (Bureau fédéral du Plan et SPF Économie, 2015).
  • L'effet net qui résultera de la fermeture des centrales nucléaires sera une augmentation des émissions de CO2 (Bureau fédéral du Plan, 2017).
Évolution attendue des émissions de CO2 générées par la production d’électricité en Belgique. (source : Bureau fédéral du Plan)

L'énergie nucléaire et les énergies renouvelables sont complémentaires

Compte tenu de l'urgence de la question environnementale, les émissions de CO2 générées par la production d'électricité doivent diminuer le plus rapidement possible. L'énergie nucléaire constitue pour ce faire un moyen essentiel. Les énergies renouvelables ne peuvent à elles seules remplacer les combustibles fossiles ou répondre à la forte croissance de la demande énergétique. L'énergie nucléaire permet quant à elle de produire rapidement de grands volumes d'électricité bas-carbone fiable.

Au total, les énergies renouvelables représentent environ 10 à 15 % du mix électrique de la Belgique. Puisque les énergies éolienne et solaire ne fournissent pas de capacité prévisible, nous avons grand besoin d'une technologie de secours.

Un mix composé d'énergie nucléaire et d'énergies renouvelables est donc la seule solution réaliste afin de parvenir à la réduction demandée des émissions de CO2 et d'atteindre nos objectifs climatiques. Et c'est justement grâce à cette combinaison d'énergie nucléaire et d'énergies renouvelables que notre pays présente actuellement un mix électrique majoritairement bas-carbone.

  • Conserverons-nous 2 GW d'énergie nucléaire ou plus ? Si tel est le cas, les émissions de CO2 de la Belgique continueront de diminuer au lieu d'augmenter. L'autre scénario ? Remplacer d'ici 2030 les centrales nucléaires par des énergies renouvelables ambitionnant 19 GW, complétées par des alternatives fossiles. Dans ce cas, les émissions de CO2 de la Belgique augmenteront de 19 millions de tonnes par an à partir de 2030 (EnergyVille, 2017).
  • Si nous décidons de fermer les centrales nucléaires, la facture carbonique sera alors sensiblement plus élevée. Pire encore : il faudrait attendre 2050 au moins pour retrouver le même taux net d'émissions de CO2 qu'aujourd'hui (PwC, 2016). Dans ce scénario, les émissions de CO2 continueront à grimper après 2030. L'intensité carbone totale issue de la production d'électricité diminuera (de 194 tCO2/GWh en 2015 à 165 tCO2/GWh en 2050), mais pas suffisamment pour atteindre les objectifs climatiques (Bureau fédéral du Plan, 2017).

L'énergie nucléaire émet peu de CO₂. Pourquoi ?

Si nous observons le cycle de vie complet d'une centrale nucléaire (y compris l'extraction des matières premières, le transport, la construction et le démantèlement de la centrale et le stockage des déchets), les émissions de CO₂ de l'énergie nucléaire sont comparables à celles des énergies renouvelables.

Le GIEC a calculé les émissions de CO₂ (en gramme par kilowattheure) de diverses sources d'énergie :

  • Parcs éoliens : 11 g/kWh
  • Centrales nucléaires : 12 g/kWh
  • Panneaux solaires : 27 g/kWh
  • Centrales au gaz : 490 g/kWh
  • Centrales au charbon : 820 g/kWh
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies a calculé les émissions de CO₂ des diverses sources d’énergie.

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