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L'énergie nucléaire et le climat : un mix électrique bas-carbone
L'énergie nucléaire et le climat : un mix électrique bas-carbone

L'énergie nucléaire et le climat

L’énergie nucléaire est la principale source d’énergie faible en carbone dont nous disposons en Belgique et notre principal atout pour relever les défis climatiques. Une sortie du nucléaire en Belgique aurait des impacts considérables sur les objectifs climatiques de notre pays. Sans le nucléaire il sera quasiment impossible d'atteindre les objectifs climatiques.

« La preuve scientifique du réchauffement climatique est évidente »

Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du changement climatique

Un mix électrique bas-carbone, la meilleure option pour le climat : faits, chiffres et arguments

Le climat et la température de la Terre n’ont cessé d’évoluer au cours du dernier millénaire. Cependant, le réchauffement auquel on assiste depuis le milieu du XXe siècle est plus perceptible en raison de la grande vitesse à laquelle il évolue, sans compter qu’il est très vraisemblablement la conséquence des activités humaines. 

Au cours des 100 dernières années, la température moyenne de la Terre a augmenté de 1,1 degré Celsius, principalement à cause des émissions de CO2 et d’autres éléments introduits dans l’atmosphère par les activités humaines. Les 35 dernières années coïncident avec la plus forte hausse de la température observée à ce jour et 16 des 17 années les plus chaudes jamais enregistrées sont postérieures à 2001. Non seulement 2017 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais au cours de la même année, 8 mois sur les 12 ont également battu des records de chaleur.

L'énergie nucléaire et le climat : vidéo

L'énergie nucléaire et la lutte contre le changement climatique.

Belgique : le choix du mix électrique est crucial pour atteindre les objectifs climatiques

Le défi est de taille. Des efforts gigantesques seront nécessaires pour contrer le changement climatique. C’est le secteur de l’énergie tout entier qui doit se mobiliser, qu’il s’agisse de réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par le transport, d’isoler les bâtiments ou encore de réduire notre dépendance énergétique à l’égard des énergies fossiles. Cela étant, même si le secteur de l’électricité ne constitue qu’un maillon de la chaîne face à un défi beaucoup plus considérable, sa contribution est essentielle. Le choix du mix électrique se révèle donc crucial si la Belgique veut espérer atteindre ses objectifs climatiques et ainsi participer à l’effort mondial en faveur du climat.

Émissions de gaz à effet de serre par secteur dans la zone de l’UE. 60 % des émissions proviennent du secteur énergétique (sans le transport) (source: Eurostat)

Pour atteindre les objectifs climatiques, le GIEC conclut que les investissements en renouvelable & nucléaire devront augmenter de 80 % d’ici 2050.

Sans le nucléaire il sera quasiment impossible d'atteindre les objectifs climatiques

Depuis 1990 (année de référence du Protocole de Kyoto), les émissions de CO2 n’ont fait qu’augmenter (+60 %). Les pays signataires se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre de façon à limiter la hausse de la température moyenne de la Terre à 2 °C à l’horizon 2050. À défaut, les conséquences pour le climat et la société deviendront irréversibles.

Afin d’atteindre cet objectif, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC : l’organisme des Nations Unies chargé des questions climatiques) a estimé que 80 % de l’électricité mondiale devra être pauvre en carbone dans 35 ans (contre seulement 35 % à l’heure actuelle). Selon le rapport sur les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs fixés pour 2020 en matière climatique de la Commission européenne, la Belgique ne parviendrait pas à atteindre les objectifs qui lui ont été imposés : il lui manquerait 3,5 points de pourcentage.

Pour enrayer le changement climatique, il s’impose de diminuer les émissions carbonées le plus rapidement et le plus efficacement
possible. Dans ses analyses, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du changement climatique, Nations Unies) distingue trois sources d’électricité bas carbone : 

  • les énergies renouvelables ; 
  • l’énergie nucléaire ; 
  • le captage-stockage de CO2. 

Le GIEC a étudié 1 200 scénarios énergétiques pour atteindre les objectifs climatiques.  Parmi ces multiples scénarios, huit seulement contribuent à une limitation de l’augmentation de la température de la Terre à 2 °C sans recourir à l’énergie nucléaire. Autrement dit, l’énergie nucléaire fait partie de la solution dans 1 192 scénarios sur les 1 200 qu’a identifiés le GIEC.

La transition énergétique : une production d’énergie faiblement carbonée

L’objectif de la transition énergétique est clair : parvenir à une production d’énergie faiblement carbonée par la suppression rapide des technologies fortement émettrices de CO2. Les sources d’énergies renouvelables ont manifestement un grand rôle à jouer dans la transition énergétique afin d’atteindre cet objectif. Leur usage est donc appelé à augmenter au cours des années à venir.

La fermeture des centrales nucléaires et leur remplacement par des centrales au gaz (le scénario le plus probable qui se profile pour la Belgique à l’horizon 2025) auraient pour effet une hausse très sensible des émissions de CO2, de l’ordre de 76 %. Il va sans dire que cela ruinerait les ambitions climatiques de notre pays et pénaliserait les engagements européens et mondiaux dont la Belgique est solidaire.

L'énergie nucléaire : la principale source d’énergie faible en carbone pour la Belgique

Elle représente aujourd’hui 90 % de l’électricité bas carbone dans le mix électrique belge. Elle constitue donc notre principal atout pour relever les défis climatiques. Si nous y renonçons au profit d’autres sources d’énergie hautement émettrices de CO2 (comme le gaz naturel, qui en produit de 30 à 40 fois plus), les émissions de carbone augmenteront immanquablement alors qu’elles doivent sensiblement diminuer. Par conséquent, au regard de la part de l’énergie nucléaire dans le mix électrique actuel, l’abandon de cette source d’énergie aurait des conséquences extrêmement néfastes sur le climat.

Les énergies renouvelables, dans leurs déclinaisons techniques actuelles, n’apportent pas la garantie pour la constitution d’un mix électrique faiblement carboné. L’Allemagne en offre un exemple révélateur. Malgré la décision de développer massivement les sources d’énergie renouvelable, les émissions de CO2 de l’Allemagne restent dix fois supérieures à celles de la France par exemple. Et pour cause : des combustibles fossiles – tout spécialement le charbon et le lignite – ont pris la place de l’énergie nucléaire pour compenser les manques d’électricité qui résultent de l’intermittence du vent et du soleil.

  • En cas de suppression progressive de l’énergie nucléaire (une capacité de 1,8 GW), les émissions de gaz à effet de serre atteindront des niveaux supérieurs de l’ordre de 47 % en Belgique à l’horizon 2030, (une augmentation imputable principalement au remplacement des centrales nucléaires par les centrales au gaz, étant entendu que le développement massif des énergies renouvelables à partir de 2020 ne sera pas en mesure de compenser les émissions supplémentaires produites par les nouvelles centrales au gaz) (Bureau fédéral du Plan et SPF Économie 2015).
  • Une sortie du nucléaire provoquerait une hausse des émissions de CO2 générées par la production d’électricité. La fermeture des centrales nucléaires sera compensée pendant la période 2020-2030 par les centrales au gaz naturel, les sources d’énergie renouvelable et les importations d’électricité. L’effet net qui en résultera sera une augmentation des émissions de CO2 (Bureau fédéral du Plan, 2017).
Évolution attendue des émissions de CO2 générées par la production d’électricité en Belgique. (source : Bureau fédéral du Plan)

Les énergies nucléaires et renouvelables sont complémentaires

Vu l’urgence de la question climatique, nous devons procéder à une décarbonisation rapide de notre production d’électricité. Au total, les énergies renouvelables, qui contribuent aujourd’hui à 10 % du mix électrique de la Belgique, ne peuvent à elles seules à la fois remplacer les énergies fossiles et répondre à la forte croissance de la demande énergétique qui va résulter d’une électrification croissante de nombreuses applications. Et en raison du caractère intermittent du vent et du soleil, la production d’électricité renouvelable requiert des capacités de remplacement (back-up). L’énergie nucléaire, qui est une technologie capable de produire de grands volumes d’électricité faiblement carbonée avec fiabilité, est susceptible d’être déployée rapidement à grande échelle et est modulable. Il ne s’agit dès lors pas de choisir entre l’énergie nucléaire ou les énergies renouvelables, mais d’associer les deux technologies. La solution réside donc dans la combinaison de différentes sources d’énergie. 

Seul un mix énergétique constitué en partie d’énergies renouvelables et d’énergie nucléaire permettrait d’atteindre les objectifs climatiques. Il s’impose donc bien de les considérer ensemble quand on débat objectivement de l’avenir énergétique de notre pays.

  • Si nous maintenons une capacité nucléaire de 2 GW, les émissions de CO2 de la Belgique continueront de baisser au lieu d’augmenter. Dans un scénario où l’énergie nucléaire serait absente, les centrales au gaz, avec une capacité de 6,7 GW, et les énergies renouvelables, avec une capacité ambitieuse de 19 GW, feront augmenter les émissions de CO2 de la Belgique à 4 millions de tonnes par an, et à 19 millions de tonnes par an à partir de 2030 (Energyville, 2017).
  • Une sortie du nucléaire alourdirait sensiblement la facture de CO2. Compte tenu de tous les efforts et des coûts liés à une sortie du nucléaire, il faudrait attendre au moins 2050 pour retrouver le même taux net d’émissions de CO2 qu’aujourd’hui (PwC, 2016).
  • Après 2030, les émissions de CO2 continueront à grimper. L’intensité carbone totale issue de la production d’électricité baissera (de 194 tCO2/ GWh en 2015 à 165 tCO2/GWh en 2050), mais pas suffisamment pour atteindre les objectifs climatiques (Bureau fédéral du Plan, 2017).

L’énergie nucléaire émet peu de CO2. Comment cela ?

Si nous tenons compte du cycle de vie complet d’une centrale nucléaire (y compris l’extraction des matières premières, le transport, la construction et le démantèlement de la centrale et enfin, le stockage des déchets), les émissions de CO2 de l’énergie nucléaire sont comparables à celles des énergies renouvelables.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies (GIEC) a calculé les émissions de CO2 des diverses sources d’énergie (en grammes par kilowattheure). La comparaison vous est présentée ci-dessous. Grâce à leurs faibles émissions de CO2, les centrales nucléaires contribuent à la lutte contre le changement climatique.

  • Parcs éoliens : 11 g/kWh
  • Centrales nucléaires : 12 g/kWh
  • Panneaux solaires : 27 g/kWh
  • Centrales au gaz : 490 g/kWh
  • Centrales au charbon : 820 g/kWh

En savoir plus : rapport GIEC

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies a calculé les émissions de CO2 des diverses sources d’énergie.

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