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22 Août 2015 - Des choix rationnels et des idées reçues émotionnelles.
22 Août 2015 - Des choix rationnels et des idées reçues émotionnelles.
Marielle Rogie
Marielle Rogie
Director
Forum nucléaire belge

Choix rationnels et a priori émotionnels. Les défis d'un mix énergétique bas carbone.

Le compte à rebours a commencé : il ne reste que 100 jours avant le début, à Paris, du sommet annuel de l’ONU sur le climat (COP21). Les espoirs placés dans ce sommet sont immenses. 

L'enjeu de ce sommet sur le climat

L’enjeu : parvenir pour la toute première fois de l’histoire à un accord universel et juridiquement contraignant, applicable aux 195 pays assis autour de la table des négociations, visant à limiter le réchauffement de la Terre à 2 degrés Celsius. Ce seuil est crucial : si la température de la Terre venait à augmenter de plus de 2 degrés, les dommages infligés au climat et à la biodiversité deviendraient en effet irréversibles.

Arguments émotionnels et rationnels

Les nombreuses publications, études et débats qui fleurissent en vue de cette 21ième Conférence de Paris démontrent clairement que les pays participants prennent cette menace et l’objectif ambitieux affiché par ce sommet très au sérieux. Le fil rouge, le consensus qui ressort de ces publications est clair : il faut rendre l’économie et l’énergie du futur aussi durables que possible. Autrement dit, l’objectif poursuivi est de parvenir à créer une planète faiblement carbonée, et l’activation de ressources énergétiques faibles en carbone représente le moyen pour y parvenir.

Jusque-là, tout le monde est d’accord. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de sélectionner les sources d’énergie qui composeront ce mix énergétique durable, les arguments émotionnels semblent parfois l’emporter sur la raison.

Les énergies renouvelables sont essentielles dans la composition de ce mix énergétique durable. Sans elles, pas de planète plus verte. Dans certains pays, les centrales hydrauliques produisent jusqu’à la moitié de l’électricité (Suède, Norvège, Suisse). Le solaire et l’éolien, comme sources d’énergie de substitution aux combustibles fossiles, représentent une part de plus en plus significative de la production énergétique. C’est une bonne chose. Cependant, la mise en place des infrastructures permettant d’exploiter ces sources d’énergie n’avance pas assez vite pour répondre à l’urgence du dossier climatique. Il incombe, par conséquent, à chaque pays de décider quelles sources énergétiques il souhaite exploiter, à côté des énergies renouvelables, pour atteindre ses objectifs climatiques et garantir sa sécurité d’approvisionnement en énergie à un prix abordable.

L'énergie nucléaire fait partie de la solution pour lutter contre le changement climatique.

Il existe une source d’énergie bas carbone dont on ne parle pourtant presque pas dans les débats en vue du sommet de Paris : l’énergie nucléaire. Or, cette source d’énergie constitue pourtant une partie de la réponse au débat énergétique. Bon nombre d’organisations internationales reconnues le soulignent d’ailleurs.

Certains pays choisissent un mix énergétique qui combine l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables, gardant ainsi leurs émissions de CO2 dans les limites acceptables. Ce n’est pas par hasard si la Suède (50 % nucléaire + 50 % renouvelable), la France (75 % nucléaire) et aussi la Belgique comptent parmi les meilleurs élèves européens en la matière. Si la Belgique a une production d’électricité qui est bas carbone à 75%, c’est aussi au nucléaire qu’elle le doit. La fermeture des centrales nucléaires dans notre pays fera considérablement bondir les émissions de CO2, et  aura aussi un impact sur le prix de l’énergie

À l’opposé, nous avons l’exemple allemand. L’Allemagne a pris la décision de fermer ses centrales nucléaires en 2011, ce qui l’a contrainte par la suite à rouvrir ses centrales fonctionnant au charbon et au lignite. Résultat : les émissions de CO2 se sont envolées entre 2011 et 2014, tandis que le prix de l’électricité ne cesse d’augmenter d’année en année pour les ménages allemands. 

Ce ne sont pas seulement les énergies renouvelables en tant que telles, mais surtout les choix posés pour composer la partie résiduelle du mix énergétique, en plus des énergies renouvelables, qui sont déterminants pour la composition d’un mix énergétique faible en CO2. Les pays qui optent pour l’énergie nucléaire parviennent à remplir leurs objectifs climatiques. D’autres pays, comme l’Allemagne, ferment leurs centrales nucléaires afin de donner leur chance aux énergies renouvelables, mais ils émettent encore plus de CO2. L’exemple suédois montre très clairement que si l’on souhaite élaborer une politique énergétique faible en carbone, ce n’est pas l’un ou l’autre mais plutôt une combinaison des énergies renouvelables et de l’énergie nucléaire qui permet d’y arriver.

L’élaboration d’une politique énergétique durable ne consiste donc pas à choisir une seule source d’énergie en excluant une autre, mais plutôt à trouver un juste équilibre entre elles. Tant les énergies renouvelables que l’énergie nucléaire ont leur place dans un mix énergétique bas carbone. Le maintien et la prolongation des centrales nucléaires n’entravent, en aucune manière que ce soit, le développement des énergies renouvelables.

Conclusions

À l’approche du sommet de Paris, tout le monde doit prendre conscience de ceci : si nous voulons réellement aboutir à un accord universel et juridiquement contraignant pour contenir les émissions de CO2, il convient d’analyser toutes les options qui peuvent y contribuer, en ce compris l’énergie nucléaire, en faisant abstraction de certaines idées reçues. N’en déplaise à certains, c’est grâce à l’énergie nucléaire que nous pourrons vraiment faire la différence dans la mise en œuvre d’une politique énergétique bas carbone.

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