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Tendance principale : le soutien à l'énergie nucléaire augmente au sein de la population belge

Tous les 18 mois, le bureau d’études Kantar TNS organise un sondage représentatif sur la technologie nucléaire. Lors du sondage, organisé à la demande du Forum nucléaire, un échantillonage représentatif de belges est interrogé sur des sujets d'actualité liés aux technologies nucléaires. Sur cette page, nous vous présentons les tendances et les conclusions principales.

Au cours de l'été 2019, Kantar TNS a organisé (pour la 7ème fois) un vaste sondage auprès d'un échantillon représentatif de la population belge. Le questionnaire est un mélange de questions récurrentes (afin de pouvoir distinguer les tendances à long terme) et de nouvelles questions (qui répondent aux événements actuels). Cela donne une image nuancée et détaillée de ce que pensent les Belges de la technologie nucléaire, des défis de la question énergétique et du rôle possible de l'énergie nucléaire, aujourd'hui et à l'avenir.

La conclusion principale : les Belges ont une image nuancée, critique mais surtout positive de l'énergie nucléaire. Et il y a eu une évolution positive dans le temps : sur presque tous les paramètres, le score est plus favorable que lors du précédent sondage d'opinion (fin 2017/début 2018).

Telles sont les principales conclusions et tendances du baromètre 18 mois :

1. De plus en plus de Belges favorables à la préservation de l'énergie nucléaire, aussi après 2025.

Un nombre croissant de Belges souhaitent conserver les centrales nucléaires. Lorsqu'on leur demande s'ils sont en faveur du maintien de l'énergie nucléaire comme méthode de production d'électricité, 83 % répond par l'affirmative. 16 % veulent fermer immédiatement les centrales nucléaires et 1 % n'ont pas d'opinion. Mais ce n'est pas tout. La réponse des 83 % voulant conserver l'énergie nucléaire est nuancée : 37% veulent maintenir les centrales nucléaires jusqu'en 2025, et 46% des belges interrogés estiment que les centrales nucléaires peuvent rester ouvertes après 2025. Ce dernier chiffre représente une augmentation remarquable par rapport au sondage précédent en 2017. A l'époque, " seulement " 30% pensaient que les centrales nucléaires devraient rester ouvertes après 2025, versus 46% aujourd'hui. En d'autres termes, le nombre de partisans du maintien des centrales nucléaires au-delà de 2025 a augmenté de plus de 50% entre 2017 et 2019.

Une question similaire du sondage a également démontré une augmentation positive tout aussi frappante. La production d'énergie nucléaire dans notre pays présente-t-elle plus d'avantages ou plus d'inconvénients pour vous ? 59% des personnes interrogées pensent qu'il y a plus d'avantages, 32% pensent qu'il y a plus de désavantages et pour 9% il y a autant d'avantages que de désavantages. Là aussi, il y a une augmentation remarquable par rapport à 2017. A l'époque, " seulement " 49% des Belges pensaient qu'il y avait plus d'avantages que d'inconvénients à l'énergie nucléaire, qui est maintenant à 59%. Il s'agit également d'une évolution remarquablement positive.

2. Le soutien aux nouvelles centrales nucléaires dans notre pays augmente.

En 2017 les belges étaient 75% à souhaiter que la part de l'énergie nucléaire dans le mix électrique belge diminue, ils ne sont plus maintenant que 59% à le souhaiter, il s’agit ici aussi d’une évolution significative allant dans le sens d’une augmentation de l’acceptation du nucléaire au sein de la population. Et que pensent les autres 41 % des répondants du sondage de 2019? 31 % souhaitent que la part des centrales nucléaires reste la même (contre 19 % en 2017) et 9 % souhaitent même que la part des centrales nucléaires augmente. En d'autres termes, pour près d'1 belge sur 10, il devrait y avoir davantage, et non moins, de centrales nucléaires.

Et une autre question sur le thème des " nouvelles centrales nucléaires à l'avenir " conduit à un résultat encore plus remarquable.63% des belges interrogés pensent que de nouvelles centrales nucléaires plus modernes pourraient être construites dans notre pays pour remplacer les centrales existantes à long terme.

3. Le soutien à l'énergie nucléaire est conditionnel et augmente considérablement, sous conditions.

Nous avons mentionné précédemment que 46% des Belges sont favorables à la préservation de l'énergie nucléaire après 2025. Mais ce chiffre augmente de façon spectaculaire lorsque certaines conditions sont remplies. En d'autres termes, sur les 54 % de la population qui ne désirent plus d'énergie nucléaire après 2025, la majorité est prête à reconsidérer son opinion (c'est-à-dire à maintenir les centrales nucléaires si les conditions suivantes sont remplies) :

(Je serais en faveur du maintien de l'énergie nucléaire après 2025 si:

  • 70% estime que cela serait le cas si Les émissions de CO2 dans notre pays pouvaient être suffisamment réduites (70%). En d'autres termes, en prenant en compte que les centrales nucléaires permettent de diminuer les émissions de CO2 ; ce ne serait plus 46%, mais 70% de la population qui estime que les centrales dans notre pays doivent rester en fonctionnement après 2025.
  • l'approvisionnement en électricité sans centrales nucléaires devait être menacé (68 %)
  • les centrales électriques feraient l'objet d'une surveillance (67 %)
  • les réacteurs existants seront remplacées (65%)
  • les déchets nucléaires peuvent être éliminés en toute sécurité (65 %)
  • la durée de vie peut être prolongée en toute sûretéé (62%)
  • le coût de l'électricité devait augmenter après un arrêt nucléaire (62 %)

4. Seulement 12 % veut remplacer les centrales nucléaires par des centrales de gaz.

Lorsque la dernière centrale nucléaire fermera en 2025, la Belgique perdra sa principale source d'électricité bas carbone. La capacité de remplacement proviendrait alors des centrales au gaz, qui émettent beaucoup plus de CO2 et contribuent au changement climatique.

Une sortie du nucléaire brutale en 2025 rendrait les objectifs de réduction de CO2 presque impossibles pour notre pays. Cette prise de conscience s'accroît également au sein de la population belge. C'est pourquoi nous avons ajouté une nouvelle question au sondage, qui fait référence aux projets du gouvernement belge de remplacer les centrales nucléaires par des centrales à gaz en cas de sortie nucléaire. Les réponses sont éloquentes.

Seulement 12 % pensent que ce serait une bonne idée de remplacer les centrales nucléaires par des centrales à gaz
, 11 % n'ont pas d'opinion et les 77 % restants ne sont pas d'accord avec cet état de fait. En d'autres termes, si le gouvernement belge poursuit son plan de remplacement des centrales nucléaires par des centrales à gaz d'ici 2025 (le scénario le plus réaliste d'après toutes les études), il ira à l’encontre de 77% de la population belge.

5. Le climat est la principale motivation (mais la méconnaissance reste élevée).

Le fil rouge dans toutes les réponses du sondage montrent que la préoccupation pour le climat joue un rôle important dans l'esprit des gens. C’est probablement dû à l'attention accrue accordée au climat et au changement climatique dans les médias. Les marches climatiques, les réunions des dirigeants mondiaux (lors de la réunion annuelle de la COP début décembre), l'attention accrue des médias et l'attention politique pour le thème du climat est un moteur important pour le changement de comportement.

Qu'est-ce que cela a à voir avec l'énergie nucléaire et ce sondage ? Le sondage d'opinion de Kantar TNS commandé par le Forum nucléaire aboutit à des conclusions remarquables et parfois paradoxales :

  • Seuls 51% des Belges estiment que les centrales nucléaires n'émettent pas de CO2 et contribuent ainsi à la lutte contre le changement climatique.
  • A peine 28% sont d'accord avec l'opinion selon laquelle une fermeture nucléaire en Belgique en 2025 entraînera une augmentation des émissions de CO2.
  • D'autre part, 70% des Belges accepteraient de garder leurs centrales nucléaires ouvertes plus longtemps, si cela permettait de réduire suffisamment les émissions de CO2 de notre pays (voir aussi ci-dessus).

En conclusion… l'inconnu rend mal-aimé. Parce que les gens ne savent pas que les centrales nucléaires n'émettent pas de CO2 dans la production d'électricité ( en prenant en compte l'ensemble du cycle n’émet que peu de CO2 : de la construction à la démolition, de l'extraction de l'uranium au stockage sûr des déchets, tout comme les éoliennes ou les panneaux solaires), la résistance reste relativement limitée, même si une révision est en cours. Un récent sondage en ligne réalisé par La Libre (17 octobre 2019) auprès de plus de 5 000 internautes sur www.lalibre.be a montré que 74% sont favorables à la préservation de l'énergie nucléaire au-delà de 2025 afin d'atteindre les objectifs climatiques et de maintenir les émissions de CO2 au niveau le plus bas possible..

6. L'énergie nucléaire obtient de faibles résultats au niveau des préoccupations prioritaires

Enfin, un autre paradoxe frappant : l'énergie nucléaire obtient de bons résultats dans la perception des gens sur de nombreux paramètres :

  • le fait que les centrales nucléaires nous rendent moins dépendants des autres pays et des pays producteurs de gaz
  • le fait que la technologie peut être utilisée pour de nombreuses autres applications (comme la médecine, la recherche scientifique, de nombreuses applications industrielles, etc.)
  • le fait que l'énergie nucléaire nous donne accès à une sécurité d’approvisionnement (càd de pouvoir disposer de suffisament d’énergie de façon fiable et donc continue…)
  • le fait que les centrales nucléaires maintiennent le prix de l'électricité stable et abordable
  • etc.

D'autre part, l'énergie nucléaire obtient des scores négatifs sur les paramètres que les gens considèrent comme les plus importants (dans le choix d'une source d'énergie particulière) : la sûreté, le respect de l'environnement et la santé.

Cela explique probablement pourquoi (au moins une partie de la population) s'oppose à l'énergie nucléaire, malgré les nombreux avantages qui sont mentionnés de l'énergie nucléaire, également par les mêmes personnes. Là encore, il y a un paradoxe entre la perception et la réalité, car la prétendue insécurité et les risques sanitaires de la technologie pour certaines personnes sont en contradiction avec les faits et les chiffres. Il s’agit ici aussi d’un paradoxe, la sûreté des installations nucléaires en Belgique étant la priorité n°1 des différents exploitants d’une part et le secteur nucléaire faisant partie des plus surveillé du monde industriel d’autre part. Il s’agit donc bien ici d’une perception éronnée vis-à-vis de la réalité.

7. Conclusions

En conclusion, quelques tendances générales :

  • Le soutien de la population belge à l'énergie nucléaire augmente, sur de nombreux paramètres, et par rapport aux années précédentes
  • La position par rapport à l’énergie nucléaire du belge est nuancée, critique mais surtout positive, cette tendance étant en augmentation.
  • Tant pour le maintien des centrales existantes après 2025 que pour la construction de nouvelles centrales, la base de soutien s'accroît.
  • Le climat est un facteur clé dans le débat (et l'énergie nucléaire a un avantage majeur à jouer à cet égard, en tant que principale source d'électricité bas carbone).
  • Il y a encore beaucoup de méconnaissance au sujet de l'énergie nucléaire, sur un certain nombre de paramètres (émissions de CO2, sûreté, risques de santé, etc.).
  • Le scénario selon lequel les centrales nucléaires seraient remplacées par des centrales à gaz émettant davantage de CO2 en cas de sortie nucléaire en 2025 n'est pas soutenu par la majorité de la population belge

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