Il y a eu une erreur, réessayez plus tard.

Restez informé grâce à notre newsletter ?

Mix électrique belge : chiffres de l’année 2020
Mix électrique belge : chiffres de l’année 2020

Mix électrique belge 2020 : le nucléaire représente 39% de notre électricité

Au début de chaque année, Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en Belgique, publie une analyse de la production totale d'électricité en Belgique au cours de l'année précédente.

Cette analyse comprend la part des différentes sources d'énergie qui ont produit de l'électricité en Belgique en 2020 : l'énergie fossile des centrales au gaz, l'énergie nucléaire, l'énergie éolienne (onshore et offshore), l'énergie solaire, le biogaz et une catégorie "autres" (comprenant l'hydroélectricité, la biomasse et les petites unités de production d'énergie fossile ou éolienne/solaire inférieures à 25 MW).

L'énergie nucléaire reste la principale source du mix électrique belge

Les centrales nucléaires belges ont produit quelque 31,7 TWh d'électricité décarbonée l'année dernière, ce qui représente 39,1 % du mix électrique belge. Il reste frappant de constater que le gouvernement veut fermer la plus grande source de notre production d'électricité sans CO2 d'ici quelques années et la remplacer par des centrales à gaz, qui émettent jusqu’à 40 fois plus de CO2.

L'année dernière, les centrales à gaz ont déjà fourni 34,4 % de notre électricité (27,8 TWh). Cela en fait la deuxième plus grande source d'électricité. Cette part augmentera sensiblement si toutes les centrales nucléaires belges ferment effectivement au cours des cinq prochaines années. La principale différence entre les deux sources d'énergie est leur émission de CO2.

Forte augmentation pour les énergies renouvelables

En 2020, la production d'énergie renouvelable (éolienne offshore/onshore et solaire) représentait 18,6 % du mix électrique belge. En valeur absolue, cela représente une forte augmentation par rapport à l'année dernière (de 11,5 TWh en 2019 à 15,1 TWh en 2020).

Cette évolution est liée à de nombreux facteurs. L'une d'entre elles est les conditions météorologiques favorables de l'année écoulée : un printemps et un été très ensoleillés, et de gros orages de temps à autres. On note également une forte augmentation des capacités installées (de 3.796 MW fin 2019 à 4.670 MW fin 2020 pour l’éolien et de 3.887 MW fin 2019 à 4.788 MW fin 2020 pour le photovoltaïque).

C’est un beau résultat, que nous ne pouvons qu'applaudir ! La combinaison de l’énergie renouvelable et de l'énergie nucléaire a permis de faire en sorte que le mix électrique belge était, en 2020, à 58 % bas carbone, ce qui démontre bien la complémentarité de ces sources d'énergie ! Dans notre lutte contre le changement climatique, nous aurons indéniablement besoin de toutes les sources d'énergie décarbonées.

Explication de la baisse de la production nucléaire

On ne peut pas le nier : la production d'électricité des centrales nucléaires en 2020 était inférieure à celle de l'année précédente (31,7 TWh en 2020 contre 41,4 TWh en 2019). En effet, les centrales nucléaires belges n’ont enregistré qu’une disponibilité de 62% pour l'année 2020.

L'explication est simple : au cours de l'année 2020, de nombreuses révisions et opérations de maintenance ont été planifiées dans le cadre des prolongations de l’exploitation de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 (LTO, Long Term Operations).

Ces opérations de maintenance ont pris plus de temps qu'initialement annoncé.

  • Tihange 1 : La date de redémarrage initialement prévue pour Tihange 1 a dû être ajustée (fin 2020), suite à une indisponibilité inattendue d'un réservoir de stockage d'eau de refroidissement, survenue lors des préparatifs du redémarrage de l’unité. La réparation a pris un certain temps en raison de la taille et de l'emplacement du réservoir.
  • Doel 1 & 2 : Les dates de redémarrage ont dû être ajustées en fonction des mesures prises en vue de la situation Covid-19 et d’un important programme de tests sur certains systèmes de mesure et sur la nouvelle turbine de Doel 2.

La durée d'une révision est toujours une estimation, et celle-ci peut évoluer en fonction des circonstances. Ceci est certainement le cas pour les arrêts prolongés au cours desquels d'importants travaux et investissements sont réalisés et où des programmes d'essais approfondis doivent être effectués avant de pouvoir redémarrer les installations en toute sûreté (ce qui est la priorité absolue !). Ces différentes étapes doivent se faire dans la sérénité, ce qui a une nouvelle fois été le cas dans ce cas-ci.

La bonne nouvelle, c’est que les projets d’investissement dans le cadre des prolongations de l’exploitation de Doel 1 et 2 et Tihange 1 sont terminés et qu’il n’y a pas de révisions importantes prévues en 2021 pour Tihange 1, 2 et 3, ce qui permettra de réduire considérablement les périodes d’arrêt. La disponibilité pour cette année et les années suivantes devrait être d'environ 90 %.

Impact de la crise sanitaire de la COVID-19

L'année 2020 a été bien sûr marquée par une crise sanitaire sans précédent. Contrairement à d'autres pays, aucune centrale de production n'a été fermée à cause de la COVID-19 (en ce compris les centrales nucléaires). L'impact direct sur le mix électrique belge est donc difficile à déterminer.

Cependant, la consommation totale d'électricité en 2020 (81 TWh) était remarquablement inférieure à celle de 2019 (86,5 TWh), conséquence probable de la crise sanitaire. Au plus fort du confinement, lors de la première vague, la diminution de consommation par rapport à une situation normale a pu atteindre -25% à certains moments de la journée.

Que se passera-t-il après la sortie du nucléaire ?

En cinq ans, avec une sortie complète du nucléaire, nous perdrons environ 40 % de notre mix électrique. Il est impossible de produire une aussi grande quantité d'électricité à partir de sources entièrement renouvelables. Même avec le développement important des énergies renouvelables, la part des énergies fossiles ne fera qu'augmenter en cas de sortie du nucléaire.

Les centrales nucléaires constituent un atout particulier qui ne doit pas être perdu au moment où de nombreuses organisations internationales et experts du climat (Agence internationale de l'énergie, GIEC, Nations Unies, etc.) appellent à une réduction des émissions du CO2, et ce dans les plus brefs délais. En cas de sortie du nucléaire, les centrales nucléaires belges seraient principalement remplacées par des alternatives fossiles, qui émettent beaucoup plus de CO2 et sont en contradiction avec les ambitions climatiques de notre pays.

Le mix électrique belge de 2020 se présente comme suit (arrondi à 0,5%) :

  • énergie nucléaire : 39%
  • énergie éolienne : 13,5%
  • énergie solaire : 5%
  • biogaz : 2,5%
  • fossile et autres : 40%

Pour ces calculs, nous nous basons sur les données du communiqué de presse annuel d’Elia.

Le mix électrique belge : chiffres de l’année 2020 (source : Elia & GIEC)

Êtes-vous aussi intéressé par…

Forum nucléaire: qui sommes-nous ?

Le Forum Nucléaire belge regroupe la plupart des sociétés et organismes actifs dans le domaine des applications du nucléaire. Le Forum Nucléaire est un portail d’information de référence sur la technologie nucléaire, tant à l’égard de la presse et du monde politique qu’à l’égard du grand public. En savoir plus