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Fukushima : le point de la situation début 2018
Fukushima : le point de la situation début 2018

Fukushima : le point sur la situation début 2018

Le 11 mars 2018 il y a 7 ans que le tsunami a endommagé la centrale nucléaire de Fukushima. Nous vous apportons un aperçu de la situation actuelle dans et autour de la centrale nucléaire.

A l’intérieur du site de la centrale de Fukushima

Tous les 2 mois, le Gouvernement japonais transmet à l’AIEA (Agence internationale de l'énergie nucléaire) un rapport qui résume les actions menées et les progrès réalisés tant à l’intérieur du site de la centrale de Fukushima Dai-ichi qu’à l’extérieur. Après analyses, l’AIEA émet ses évaluations et les publie sur leur site web.

Vous pouvez consulter les infos ici.

Gestion de l’eau

La gestion de l’eau sur le site de Fukushima Daiichi s’appuie sur un triple principe : éliminer les sources de contamination, isoler l’eau de la contamination et prévenir les fuites d’eau contaminée. Des mesures préventives et des équipements multi barrières ont été développés. L’infrastructure  mise en place pour réduire les infiltrations d’eau sur le site, (eau venant de l’océan et eau souterraine) a encore été renforcée dans le courant de 2017. Il a notamment été décidé de geler sur toute sa longueur la partie adossée à la montagne. En outre, les objectifs  pour réduire les infiltrations d’eau à l’intérieur des bâtiments sont pratiquement atteints même en cas de pluie.  

Les différentes barrières ( source : préfecture de Fukushima)

Inspections à l’intérieur des enceintes de confinement des réacteurs endommagés

Les réacteurs sont maintenus dans un état stable sans relâchement significatif de matières radioactives dans l’environnement. La mission la plus délicate dans le processus de démantèlement sera la récupération des débris de combustible présents dans l’enceinte de confinement des réacteurs. Les enceintes de confinement  des réacteurs 1, 2 et 3 ont fait l’objet en 2017 de campagnes d’investigation par camera. Les images obtenues permettent de mieux évaluer l’ampleur réelle des dégâts. Des mesures de radioactivité ont également été réalisées. L’unité n°4, qui avait aussi connu une explosion d’hydrogène, était à l’arrêt au moment de l’accident. Le réacteur n’avait pas été endommagé. Seul le bâtiment abritant les assemblages de combustibles avait été ébranlé. Fin 2014, tous les assemblages avaient été évacués.

Les étapes du démantèlement

Le démantèlement de la centrale de Fukushima se déroule en deux phases : l’enlèvement des assemblages de combustible présents dans les piscines de désactivation. La piscine de l’unité 4 a été complètement vidée en décembre 2014. Les opérations pour l’unité 3 sont programmées à partir de la mi-2018. Puis suivront les piscines des unités 1 et 2. Le démantèlement des unités pourra alors commencer. 

La décontamination à l’extérieur du site

Deux zones avaient été déterminées par les autorités japonaises :

  • Une zone de décontamination spéciale (Special decontamination area)
  • Une zone qui regroupe les territoires contaminés non évacués (Intensive contamination Survey area) 

La zone de décontamination spéciale comprenait les zones restreintes ainsi que les zones d’évacuation délibérée situées dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Tous les travaux de décontamination dans ces zones ont été terminés fin mars 2017 et les ordres d’évacuation levés. Au sein de ces municipalités, des zones précises restent encore interdites d’accès. 

Dans la zone qui regroupe les territoires contaminés non évacués, 89 municipalités ont terminé le travail de décontamination fin décembre 2017. Les 3 communes restantes poursuivaient les travaux de décontamination dans le respect des plans respectifs.

Tous les sols et déchets issus des opérations de décontamination, sont rassemblés dans des infrastructures d’entreposage intermédiaire. Deux installations de tri et de stockage pour les sols contaminés ont été mises en service fin décembre 2017 à Okuma et Futaba.

Les zones de décontamination

L'eau, la nourriture et les évacuations

La qualité de l’eau de mer – un monitoring permanent

Tous les mois, TEPCO transmet à l’AIEA un rapport détaillé qui donne le suivi de l’eau de mer mesuré à proximité immédiate de la centrale. Les relevés et les analyses d’eau de mer démontrent que les niveaux de radioactivité dans l’environnement marin (eau de mer, sédiments, biotope) sont très faibles et n’ont pas été affectés par les activités de désaffection et de traitement des eaux contaminées réalisées sur le site. 

En particulier, les rejets d’eau retraitée dans l’océan n’ont pas d’effet détectable sur les niveaux de radioactivité dans le milieu marin.

Quelques limites : 
Pour le césium-134 la limite légale pour les rejets est de 60 Bq/l et de 10Bq/l selon les recommandations de l’OMS pour la qualité de l’eau potable. Pour le césium 137, c’est respectivement 90 Bq/l et 10 Bq/l et pour le tritium 60 000 Bq/l et 10 000 Bq/l. Toutes les analyses effectuées démontrent aujourd’hui que les différents types de rejets sont tous en dessous de la limite de détection.  

Le suivi des produits alimentaires

Chaque mois, des analyses d’échantillons de produits alimentaires sont réalisés. Durant la période de octobre 2017 à janvier 2018, si l’on prend les produits de la pêche par exemple, 2 934 échantillons ont été analysés dans la préfecture de Fukushima et 2 297 échantillons dans d’autres préfectures. Tous étaient sous la limite légale de 100 Bq par kilo. Pour rappel, le corps humain a une activité de 120 Bq par kilo. 
Après l’accident de Fukushima, de nombreux pays avaient appliqué des restrictions vis-à-vis des importations japonaises de produits alimentaires, mais la plupart aujourd’hui les ont levées ou réduites. 

Evacuation des riverains

En octobre 2017, la Préfecture de Fukushima a donné le chiffre de 54 579 personnes déplacées suite au tremblement de terre, au tsunami et à l’accident à la centrale nucléaire. En mai 2012, ce chiffre était à 164 865 personnes.

La radioactivité de l’air

Les autorités japonaises ont mis au point un système de monitoring de la radioactivité dans l’air. Il est possible de consulter au jour le jour les doses de radiation présentes dans l’atmosphère. Il a été constaté une forte décroissance au fil des années même si le niveau antérieur à l’accident n’a pas encore été retrouvé. La différence représente de l’ordre de 1 milliSievert par an en plus de la radioactivité naturelle. Il faut savoir qu’en Belgique, la quantité de rayonnement naturel absorbé varie de 2 milliSieverts (Flandre) à 10 milliSieverts (certaines régions du sud-est du pays).

La radioactivité de l'air à Fukushima est pour l'instant 0,15 µSv/h; ça fait 1,314 mSv.

En savoir plus

L’industrie nucléaire est un des secteurs les plus contrôlés au monde

La sûreté des centrales nucléaires belges

Pour prendre en compte les premiers enseignements de l’accident de Fukushima, des tests de résistance ont été mis sur pied par la Commission européenne à destination de toutes les centrales nucléaires européennes. Les résultats de ces stress tests européens ont montré que les installations belges sont parmi les plus résistantes en Europe et sont assez robustes pour faire face à des situations extrêmes. Dans les centrales nucléaires belges, il existe plusieurs niveaux de sûreté et des procédures très strictes. Les centrales sont en outre pourvues d'une double enceinte. L’industrie nucléaire est un des secteurs les plus contrôlés au monde.

Des différences fondamentales avec les réacteurs belges

L'enchaînement de catastrophes naturelles d'une ampleur et d'une soudaineté telles qu'à Fukushima est impensable en Belgique. Néanmoins, les tests de résistance européens ont analysé les marges de sécurité dont disposaient les centrales pour faire face à des phénomènes naturels de grande ampleur (tremblements de terre, inondations, conditions météorologiques extrêmes). Pour la Belgique, les conclusions attestent la robustesse des centrales nucléaires belges. Il est important de souligner aussi la différence de type de réacteur. En Belgique, ce sont des réacteurs  à eau sous pression (PWR) tandis qu’à Fukushima, les réacteurs sont à eau bouillante (BWR).

Sources
Nations Unies, Organisation mondiale de la Santé (OMS), Agence internationale pour l’énergie nucléaire (AIEA), Commission européenne, Agence féderale de contrôle nucléaire, World Nuclear Association, UNSCEAR (le comité scientifique des Nations Unies chargé des recherches sur les effets des rayonnements), TEPCO, IRSN, ENSREG

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